‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 68 sur 178 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RÈGNE DE FREDERIC-GUILLAUME III DEPUIS LE TRAITÉ DE TILSITT JUSQU'AU SECOND TRAITÉ DE PARIS.

I. — Le baron de Stein. — Ses efforts pour décider le roi à des réformes. — Son patriotisme. — Il est nommé ministre dirigeant, sur le conseil de Napoléon. — Les réformes intérieures.

— Création du Tugendbund. — Affaire de l'iudemnité de guerre.

— Souffirances de la Prusse. — Éloi^nement du baron de Stein. — RéHexions sur son rôle. — 1806 et 1866. — Efforts de la Prusse pour payer l'indemnité de guerre. — Mesures fiscales et politiques. — Exigences de Napoléon, — Mort de la reine Louise.

II. — Exaltation du patriotisme prussien pendant la guerre de 1809. — Le major Scbill. — Le duc de Brunswick-Oëls, et la légion vengeresse. — Rigueurs du roi contre les patriotes. — Campagne de 1812. — Défection du général York, malgré les hésitations de Frédéric- Guillaume. — Colère du roi ; sa duplicité.

— Calculs misérables du roi et de Hardenberg. — Organisation de l'insurrection par les États de la province de Prusse. — Ordonnance provinciale sur la landwebr et le landsturm. — Réforme de l'organisation militaire en Prusse par le général Scharnhorst^ malgré les ordres de Napoléon. — Négociations de Frédéric-Guillaume avec Alexandre.

lïl. — Frédéric-Guillaume se décide à se déclarer contre Napoléon.

— Préparatifs militaires. — Etat de la France. — Bataille de Leipsig. — Ses conséquences. — Entrée des alliés en France, 1814. — Déchéance de Napoléon. — Traité de Paris, 30 mai 1814. — Réorganisation de l'armée prussienne.

172 FREDERIC-GUILLAUME Ilï.

IV. — Congrès de Vienne. — But du congrès. — Remaniements territoriaux. — Ambitions particulières. — La Prusse demande la Saxe. — Opposition de T Autriche. — Alliance de TAutrichc, l'Angleterre et la France contre la Russie et la Prusse. — Désaccord au sujet de la confédération Germanique. — Difficultés à propos des constitutions particulières des Etats. — Napoléon s* échappe de l'île d'Elbe et rentre à Paris. — Déclaration des puissances, leurs préparatifs de guerre. — Règlement sommaire des questions pendantes par le Congrès. — Limites nouvelles de la Prusse. — Désavantages et avantages de sa situation géographique. — Dispositions principales de l'acte constitutif de la confédération. — ■ Bataille de Waterloo, 18 juin 1815. — Traité de la Sainte Alliance. — Charges imposées h la France par le second traité de Paris, 1815.

Napoléon avait espéré que les désastres de la Prusse la rendraient désormais incapable de rien entreprendre contre lui. Il se trompait. Il pouvait bien abattre par ses rigueurs les cœurs timides et les esprits obscurs comme celui du roi, que le malheur désespère parce qu'ils n'en comprennent ni les causes ni les remèdes. Mais heureusement pour la Prusse, il se trouvait auprès du roi quelques hommes d'une autre trempe, qui au lieu de se laisser aller à de vaines lamentations, comprenaient que pour relever la patrie il suffisait de rendre impossibles pour Tavenir les erreurs qui avaient eu de si funestes résultats. A la tête de ce parti énergique et intelligent se trouvait le baron de Stein (1), auquel

(1) J'emprunte une partie des détails qui vont suivre à un article de la Revus des deux mondes^ du 15 novembre 1852, où M. Saint-René Taillandier résume avec une grande lucidité les principaux points de l'ouvrage de G. H. Pcrtz, sur la vie du baron de Stein.

Page 1