HAINE DE NAPOLÉON CONTRE STEIN
Gàulaincourt» ils n'ont pas de quoi manger » et le baron de Stein se disposait à partir pour Erfurt, dans l'espoir de décider le czar à intervenir plus directement en faveur de son malheureux pays, quand tout à coup parut dans le Mmileur français du 8 septembre 1808 un article qui menaçait de mettre à néant tout espoir d'arrangement.
On lisait en tête du numéro, à l'article Prusse : a Un assesseur prussien^ nommé Koppe, était désigné comme un agent d*intrigues. Le maréchal Soult ayant été dans le cas de le faire arrêter et conduire à Spandau, on a saisi ses papiers, où l'on a trouvé Toriginal de la lettre qu'on va lire. Nous croyons devoir la publier comme un monument des causes de la prospérité et de la chute des empires; elle révèle la manière de penser du ministère prussien, et elle fait connaître particulièrement M. de Stein, qui a pendant longtemps exercé le ministère, et qui est aujourd'hui presque exclusivement chargé de la direction des affaires. On plaindra le roi de Prusse d'avoir des ministres aussi malhabiles que pervers. »
Puis le Moniteur publiait, avec la traduction en regard, le texte allemand d'une lettre datée du 15 août, et écrite de Kœnigsberg par M. de Stein au prince de Saxe-Wittgenstein. « L'exaspération, écrivait-il, augmente tous les jours en Allemagne ; il faut la nourrir et chercher à travailler les hommes. Je voudrais bien qu'on pût entretenir des liaisons dans la Hesse et dans la Westphalie, qu'on se préparât à de certains événements, qu'on cherchât à maintenir des rapports avec des hommes d'énergie et bien intentionnés, et que Ton
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pût mettre ces geni^à en contact avec d'autres. Dans le cas où Votre Altesse pourrait me donner des ren6ei<* gnements à cet égard^ je la prie de vouloir bien mo renvoyer M. Koppe ou un autre homme de confiance» Les affaires d'Espagne font une impression très-vive j elles prouvent ce que depuis longtemps on aurait dû entrevoir. 11 serait très-utile d'en répandre les nouvèllei d'une manière prudente..»». »
On comprend Teffet d'un pareil article dans des circonstances ob Ton avait si grand besoin d'obtenir deft concessions. Il n'y avait plus rien k espérer. Aussi le joU!* même où parut cet article, le prince Guillaume céda-t»ll aux menaces du gouvernement français; il conclut une convention par laquelle la Prusse s'engageait à payer 140 millions. Les fortei^sses de Glogau, de Custrin et de Stettin devaient rester entre les mains des Français^ les deux premières jusqu'au payement de la moitié de ia somme, et la dernière jusqu'à la liquidation complète. La Prusse s'obligeait à entretenir les 10 000 Français qui étaient en garnison dans ces places/ et à les pourvoir de tous les objets de siège pour six mois ; elle accordait également sept routes militaires et de transport entre ces trois forteresses, ainsi qu'entre Magdebourg^ la Saxe^ Varsovie et Dantzick; elle cédait autour de la citadelle de Magdebourg, sur la rive droite de l'Elbe, une étendue de deux mille toises, et ne devait, pendant dix années, ne tenir que ftSOOO hommes sous les armes.
L'intercession pressante et personnelle d'Alexandre, qui eut une entrevue à Krfurt avec Napoléon vers la fin de septembre, arracha à grand'pelne un rabais de