ARRANGEMENT DE L'INDEMNITÉ
20 millions ; mais il ne put rien obtenir de plus» Alors le roi) réfléchissant aux sommes que lui avaient déjà coûtées ces négociations inutiles^ aux charges que faisait peser sur tout le peuple Tentretien de tant de mil^ liers de soldats et des administrations étrangères^ aux dépenses multipliées qu'entraînait rétablissement des camps exigés par les ennemis pour les manœuvres mi^litaireS) à la stagnation du commerce^ qui ne pouvait en se prolongeant qu'aggraver la crise monétaire; considérant enfin que le séquestre dont étaient frappés les revenus de TÉtat lui était tout moyen de payer la contribution exigée^ se décida à ratifier la convention conclue par son frère. Daru reçut, le 5 novembre 1808, 50 millions en lettres de change et 70 en obligations^ garanties par les provinces, et qui devaient, au bout de six mois, être échangées contre des mandats hypothécaires sur les domaines de la couronne. C*est ainsi que treize mois après le traité de Tilsitt se termina en Prusse l'occupation étrangère, laissant après elle des misères dont un grand nombre étaient incurables, et des haines qui ne sont pas encore éteintes après plus d'un demisiècle de paix.
Une des causes qui contribuèrent le plus à exagérer les souffrances de la multitude, ce fut Taccumulation de la monnaie de billon, qu'on vit, aussitôt après la paix^ refluer des pays cédés dans le royaume. Depuis longtemps il y avait en circulation dans les Ëtats prussiens des monnaies d'argent de deux titres différents. On n'ignorait pas que la valeur intrinsèque des unes était bien inférieure à celle des autres ; mais le rapport exact établi entre elles, l'habitude qu'on avait de les rece-
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VOIP également dans les ventes et les achats à Tintérieur, et surtout la facilité qu^on avait de pouvoir, moyennant une perte légère, échanger les unes contre les autres, atténuaient le mauvais effet qui pouvait résulter de cette différence. Il cessa d'en être de même, quand, pour payer les contributions de guerre, il fallut envoyer en France une grande quantité de la monnaie du titre supérieur ; alors on vit s^accumuler dans le pays, réduit à de plus étroites limites, toute la masse du billon qui avait été en circulation dans la Prusse méridionale et dans les provinces d'au delà de TElbe, parce que les administrations françaises refusaient de le recevoir, sans compter qu'à ce moment même l'Angleterre envoya en Prusse une quantité de monnaie prussienne, du titre inférieur, fabriquée chez elle. Cette accumulation subite fit monter rapidement le prix de toutes les marchandises à l'intérieur; le commerce avec l'étranger fut en perte; le salaire des ouvriers, calculé à la valeur nominale de la monnaie courante, ne suffit plus à leurs besoins, et la paye des employés se fondit entre leurs mains. Le peuple prussien paya chèrement à ce moment l'erreur économique qui lui avait fait croire jusqu'alors qu'il y avait avantage pour lui à avoir en concurrence deux sortes de monnaies de valeur inégale. On essaya de remédier à ces souffrances, en mai 1808, en réduisant d'un tiers la valeur nominale du billon, mais le prix n'en demeura pas moins précaire, parce qu'il n'était pas le véritable, et que la méfiance et l'agiotage étaient également actifs. Cette situation ne cessa que trois ans plus tard, quand on retira la monnaie de billon de la circulation.