‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 78 sur 178 · PLAN DE RÉFORMES DE STEIN · texte numérisé non relu

PLAN DE RÉFORMES DE STEIN

Ce double avertissement devait être considéré comme un ordre* M. de Stein ne pouvait rester aux affaires slins exposer sa patrie adoptive à quelque violence nouvelle^ à laquelle elle n'était pas prête à résister. Il offrit donc sa démission au roi^ qui> pour sauver sa dignité» tarda quelques jours à Taccepter. Mais enfin il fallut se décider^ et le Moniteur du 18 décembre portait en tête ces simples mots, qui sont comme Tenregistrement d'une sorte de réparation acceptée par le gouvernement français : « La Gazette officielle de Kœnigsberg^ du 17 no*vembre, anonce officiellement la retraite du ministre d'État, baron de Stein^ qui a reçu sa démission sur la demande qu'il en a fdite au roi. »

«Le jour même o(i il quittait la direction des affaires^ ajoute le biographe du baron de Stein, le ministre adressait à tous les fonctionnaires de la Prusse une circulaire éloquente où il rappelait tout ce qu'il avait fait déjà pour le salut de l'Allemagne, et annonçait les projets ultérieurs qui auraient été le complément de son œuvre* Plus il travaille à la restauration de sa patrie^ plus les principes de 89 s'imposent naturellement à sa pensée. Ce testament politique du grand patriote renferme les innovations les plus hardies. Ce ne sont plus seulement des réformes qu'il désire^ c'est une transformation complète de l'État, il veut une grande représentation nationale : « Tous les systèmes représentatifs M essayés chez nous jusqu'ici n^ s'écrie4-il enfln^ « ont » été complètement défectueux. Voici le plan nouveau » que j'avais adopté : Tout citoyen actif, qu'il possédât n cent mesures de terre ou qu'il n'en possédât qu'une, » qu'il fût agriculteur ou fabricantj qu'il exerçât une

» profession indépendante ou qu'il remplît une fonc- » tion publique^ tout citoyen actif devait avoir le droit » de suffrage et être représenté dans les conseils du )) roi. D

i> Un esprit aussi actif, un novateur si résolu, et qui, au moment où sa carrière politique semblait brisée, entretenait encore si vaillamment les espérances du patriotisme, devait continuer à tenir en éveil une police soupçonneuse. Le parti français à Berlin, le comte Voss, le prince d'Hatzfeld, bien d'autres encore, ne se faisaient pas faute de dénoncer M. de Stein comme le plus grand ennemi de la Prusse et de la paix générale. Ces rapports allaient trouver Napoléon en Espagne ; inquiet d'une guerre impolitique, troublé peut-être au fond de sa conscience hautaine, irrité à coup sur des blâmes assez peu déguisés de la France et des espérances manifestes de l'Allemagne, le vainqueur d'Austerlitz était de plus en plus entraîné à des actes de domination violente. Stein se disposait à partir pour Breslau, où Tévêque lui offrait chez lui une retraite, lorsque dans les premiers jours de janvier 1809, le nouveau ministre français auprès du gouvernement prussien, M. de Saint-Marsan, arrivait à Berlin, portant le décret dont voici le texte :

a l**Le nommé Stein, cherchant à exciter des troubles » en Allemagne, est déclaré ennemi de la France et » de la confédération du Rhin.

» 2° Les biens que ledit Stein posséderait, soit en )) France, soit dans les pays de la confédération du Rhin, » seront séquestrés. Ledit Stein sera saisi de sa personne

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