SITUATION DE LA PRUSSE
de subsister, pour que les Hollandais consentissent à continuer la négociation; mais cependant elle n'eut pas de suite, attendu que la Hollande, annexée bientôt après, le 9 juin 1810, à l'empire français, perdit avec son indé* pendance la faculté de faire aucun contrat particulier.
On réussit mieux dans la tentative d'emprunt d'un million et demi de rixdalers qu*on ouvrit, le 12 février, dans la Prusse même, en se réservant d'employer les moyens de contrainte, si les avances volontaires n'étaient pas suffisantes.
Mais tout cela était bien peu efficace. Alors le roi sollicita et obtint enfin la permission de rappeler au« affaires le baron de Hardenberg dont dix-huit mois auparavant Napoléon avait exigé Téloignement. Il fut nommé chancelier d'État et eut la haute main sur tout le cabinet. Hardenberg comprit que la Prusse ne pourrait sortir de la situation terrible où elle était placée que par un grand effort de tous ses citoyens, et pour le provoquer, il fit paraître une série de décrets qui mêlaient les réformes administratives et politiques aux mesures fiscales, et consolaient les Prussiens des sacrifices pécuniaires qu'on leur demandait par la perspec* tive d'un meilleur ordre de choses.
Une déclaration, qui parut en même temps que l'édit relatif aux changements opérés dans l'administration, servit en quelque sorte de préambule aux arrêtés qu'on se "proposait de publier. Elle portait en substance, que la moitié de la contribution militaire imposée par la France serait sans doute payée à la fin de l'année ; mais que, pour libérer le pays, il fallait aussi payer l'autre moitié, en même temps que satisfaire
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à plusieurs autres obligations, pour maintenir la confiance publique ; que bien que les domaines de la couronne, dont la vente était invariablement arrêtée, eussent à eux seuls une valeur suffisante pour faire face à toutes les obligations, néanmoins le temps ne permettant pas de les transformer assez vite en argent comptant, le roi serait obligé d'établir de nouveaux impôts, et qu'il les annonçait d'avance; qu'il espérait prévenir, du moins en partie, les plaintes que pourraient provoquer ces nouvelles charges, par une égale répartition qui serait obtenue en imposant les propriétés jusqu'à présent libres, et par d'autres mesures également avantageuses au peuple; que la banque et la Société du commerce maritime recommenceraient à payer les intérêts des capitaux, à dater de 1811 ; que les créanciers nationaux et étrangers recevraient pour les intérêts échus des obligations payables à termes fixes; que les engagements contractés primitivement et relatifs aux emprunts étrangers seraient remplis le 1" juillet 1812, et toutes les autres dettes de l'État en même temps couvertes; que les dettes militaires des provinces et des communes seraient soumises à une commission spéciale, formée à Berlin, pour être vérifiées et réparties suivant les principes de la plus stricte équité ; que le payement de leurs intérêts et leur amortissement successif seraient garantis par l'État; on promettait enfin au peuple l'institution d'un régime représentatif qui lui permît de porter devant le roi ses réclamations et ses vœux ; mais en revanche on attendait de lui une confiance tranquille et une résignation patriotique aux plus pénibles sacrifices.