‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 89 sur 178 · LA LANDWEHR ET LE LANDSTURM · texte numérisé non relu

LA LANDWEHR ET LE LANDSTURM

des munitions , de la conomune son équipement^ sa coiffure et son manteau. II devait se procurer à ses frais les effets d'habillement proprement dits, qui pouvaient n'être que des vêtements civils^ et en cas de pauvreté^ il était habillé par la commune.

La Landwehr ne formait que de l'infanterie, et cette infanterie était divisée en compagnies^ bataillons et bri* gades^ correspondants aux lieux d'origine des miliciens.

La brigade était de quatre bataillons.

Les officiers de la Landwehr sortaient de ses rangs ifnémes. Leur nomination ne dépendait ni du pouvoir royal ni de ses agents. Seule^ celle des chefs de brigade était soumise à son approbation.

La Landwehr ne recevait de solde qu'en présence de Tennemi. Elle ne devait pas être employée hors de la province, réserve purement nominale quallaient d'ailleurs emporter les événements.

Au Landsturm étaient appelés tous les hommes valides au-dessous de soixante ans^ et n'appartenant ni à l'armée ni à la landwehr.

Le Landsturm ne recevait qu'une ébauche d'organisation militaire et n'était mis en activité qu'au moment où l'ennemi approchait de la province. Alors il s'armait de fusils de chasse et autres, de piques, de faux^ de haches, de tout outil propre à l'attaque^ et se donnait pour but principal l'enlèvement des convois, la destruction des petits détachements^ des traînards, des maraudeurs de l'ennemi.

Sur l'avis d'York, la commission fixait en même temps à trente mille hommes^ dont dix mille de

réserve, l'effectif du contingent à mettre immédiater ment sur pied dans la province de Prusse, en deçà de la Vistule.

Depuis six semaines, cette contrée avait donné è Bulow et à York, avait envoyé aux bataillons de dépôt et de garnison trente mille soldats de réserve et recrues; 0t maintenant ses représentants lui demandaient sans délai, trente mille miliciens. Elle était prête à les lever * et à porter ainsi à 60 000 le nombre des combattants tirés de son sein en ces jours suprêmes. Et sa population dépassait à peine un million d'âmes.

Cette organisation répondait au vœu général résumé dans cette parole d'Alexandre Dohna aux États : « Nous voulons tous être soldats, mais rester citoyens. »

Les États Tadoptèrent d'un vote unanime. Elle nomma encore un comité général, composé de sept membres des États, chargé d'exécuter sans délai sa volonté, et nmni de pouvoirs très-étendus. Tous les fonctionnaires étaient tenus de lui obéir. Puis ils ordonnèrent la formation d'un régiment de cavalerie volontaire de mille hommes, montés, habillés, équipés à leurs propres frais et à ceux de la province.

Tout cela fut fait en quatre jours.

Leur dernier acte fut de voter une adresse au roi, pour le rassurer sur leurs sentiments de fidélité et pour lui expliquer qu'ils avaient agi par eux-mêmes, à cause xles circonstances « qui ne permettaient pas de recevoir assez rapidement ses ordres et à cause du danger extrême de toute perte de temps». Le major Louis Dohna fut chargé de la porter au roi. »

Pendant que cela se faisait dans la province de

LE GENERAL SCILVHNUORST. 227

Prusse, sans l'ordre, et on peut Taffirmer, contrairer ment à la volonté de Frédéric-Guillaunî^ , celui-ci# effrayé à la pensée qu'il se trouvait sans armée, à la merci d'un coup de main de Napoléon, qui pouvait songer à l'enlever pour s'en faire un otage, se rendit en Silésie, où il avait une dizaine de mille hommes armés, et il s'occupa à réformer l'organisation militaire du royaume.

Il chargea de cette réforme « un homme qui lui • était désigné, dit M. Charras, par ses vertus civiques» par ses talents, par ses services.... » C'était le général Scharnhorst.

a Hanovrien de naissance, plébéien d'origine, lentement parvenu, Scharnhorst était le savant et hardi réformateur des institutions et des mœurs militaires de ' la Prusse. Ami persévérant de Stein, partageant ses idées, ses projets, ses espérances, aussi passionné, mais plus contenu que lui ; activement mêlé aux trames des sociétés secrètes; plein de foi dans l'énergie, dans lé dévouement du peuple, sa vie, depuis six ans, n'était que travail et conspiration pour l'affranchissement de la Prusse et de l'Allemagne.

L'année précédente, au moment même où s'étar* conclue l'alliance avec la France, il s'était^ retiré du service actif.

A peine rentré en fonctions, il étendit à la Silésie les ordres donnés, les demandes faites de Berlin à la Prusse, à la Poraéranie et à la Marche, pour augmenter l'effectif de l'armée. Bientôt on apprit que dans ces provinces, tout ce qui avait été prescrit, demandé^ s'accomplissait avec une promptitude inouïe^ au milieu

ÎÎM PtÉDÉRIC-CriLLArilE III.

d^oii Cùoeoum empressé el généfal. Le même fait se pfodoisit aussitôt en SUésie» à Breslaa même, sous les jeux du roi.

gebamborst en prit occasion de déterminer ce souireiain à décréter des mesures qui allaient donner à rarmée des éléments de force inappréciables et inconnus jusque-là dans ses rangs.

Malgré les réformes profondes qu'elle avait subies, la législation militaire avait conservé à la partie la plus éclairée, la plus riche de la population, des privilèges qui^ en fait^ Texemptaienldu service des armes. Scharnborst pensait avec raison qu'il fallait l'y attirer, et qu'on Ty attirerait en lui assurant certains avantages^ qui en d^autres temps auraient été sans doute peu appréciés^ mais dont les circonstances ne pouvaient manquer de bire un puissant stimulant. En conséquence il proposa au roi^ et le 3 février^ le roi approuva un édit portant création d'un détachement de chasseurs-volontaires à la suite de chaque bataillon d'infanterie, et de chaque régiment de cavalerie de Tarmée. Ces volontaires devaient s'habiller^ s'équiper, et dans la cavalerie, se monter à leurs frais, porter un uniforme de couleur spéciale et être dispensés de certaines corvées et de certains services. Pendant les deux ou trois premiers mois, ils devaient être commandés par des officiers et des sous-officiers empruntés à l'armée, mais ensuite ils devaient former eux-mêmes les cadres de leurs détachements par l'élection; et plus tard encore fournir dans Toccasion des sous-officiers et des officiers aux bataillons et aux escadrons auxquels ils seraient attachés*

Page 1