ORGANISATION MILITAIRE
L'édit ajoutait que tout volontaire qui se distinguerait par le courage, le zèle, le patriotisme, serait Tobjet de la considération du pouvoir en rentrant dans la vie civile ; et que tout individu, de dix-sept à vingtquatre ans accomplis, apte au service, qui, la guerre continuant, ne servirait pas au moins un an, soit comme chasseur volontaire, soit comme soldat, ne pourrait obtenir ni emplois, ni dignité, ni distinctions.
Un nouvel édit supprima toutes les exemptions du service militaire, hormis celles que commandait rintérét social, et déclara que tout Prussien de dix- huit à vingt-six ans accomplis, apte aux armes, et affranchi jusque-là du recrutement, était tenu de s'enrôler, sous huit jours, dans un détachement de chasseurs volontaires ou dans Tartillerie, s'il ne voulait être à la disposition de l'autorité, qui pourrait à la première levée l'incorporer dans un des corps de l'armée, comme une recrue quelconque.
Le roi signa cet édit le 9 février, le jour même où les états de la province de Prusse se séparaient, ayant décrété que tous les citoyens, sans distinction de naissance, de rang, de fortune, étaient mis à la dis^ position de la patrie pour sa défense. »
Napoléon était inquiet de ces armements, malgré les protestations de dévouement et d'amitié de Frédéric- Guillaume, accueillies par Saint-Marsan, qui croyait à la parfaite loyauté du ro! de Prusse. Celui-ci lui avait dit : a La retraite de l'armée française sur l'Oder laisse entièrement à découvert la Silésie et l'asile que je m'y suis choisi avec l'approbation de votre souverain. Il
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faut que je mé mette en état de nie défendre au besoin. Les Russes paraissent déjà en force en deçà de la Vistule. D'ailleurs les mesures que je prends, je les dois à mon peuple. Il est urgent que je donne une impulsion et une direction à mes sujets pour en rester le maître. Si je me tenais dans l'inaction et Tapatliie, je courrais risque de les voir entraînés malgré moi et contre moi h rapproche deTennemi. o
L'empereur, moins confiant que son ambassadeur, envoya à Eugène Tordre, impossible à exécuter, de faire cesser partout le recrutement de l'armée prussienne.
Pendant ce temps, Frédéric-Guillaume négociait avec Alexandre. Mais ne sachant jamais se décider, il laissait traîner ces négociations en longueur, bien que le czaf lui eût fait dire qu'il était disposé à accepter toutes les conditions qu'il avait proposées, et qu'il pourrait proposer encore, et que a le plus beau jour de sa vie serait celui où Frédéric-Guillaume recouvrerait sa puissance perdue. » Ce qui l'arrêtait, c'était que son ambassadeur à Paris lui avait mandé que Napoléon, dans une conversation, avait dit « qu'il désirait la paix ; que pour la faire, il consentirait à des compensations prises dans le duché de Varsovie et dans une partie du royaume de Westphalie, si la paix n'était que continentale; mais que si elle était générale, il consentirait à de plus grandes modifications de son système ». Cette dépêche lui donnait un prétexte d'ajournement qu'il saisit avec l'empressement de toutes les natures faibles.
Mais il se trouva bientôt forcé de prendre enfin une résolution.