DÉCLARATION DE GUERRE
affûta. Quant aux habillements et à Téquipement des soldats et des chevaux^ les villes et les communes s'en chargèrent, et la Prusse se transforma en un vaste atelier où tout le monde travaillait jour et nuit à la confection des effets nécessaires aux défenseurs de la patrie. Elles fournirent également à la nourriture des chevaux, et les habitants s'empressèrent de loger et de nourrir les soldats sans indemnité.
Sur les instances de Scharnhorst, le roi consentit à autoriser la formation de corps francs, qui devaient surtout se recruter de volontaires étrangers à la Prusse^ et qui ne coûtaient rien au au trésor. Aussitôt on vit affluer des patriotes de tous les pays allemands.
Dès le milieu de février^ à Breslau^ sous les yeux mêmes de l'ambassadeur de Napoléon, un ancien compagnon de l'héroïque Schill^ le major Lûtzow commença l'organisation d'un corps franc qu'il devait commander^ qui devait prendre son nom et qui était destiné à une célébrité légendaire. »
De tous côtés affluaient les dons patriotiques. Mais cet élan redoubla quand Frédéric-Guillaume, s'adressant à la nation môme^ lui annonça que c( uni au czar, il déclarait la guerre à Napoléon.
Ce fut le 17 mars. Pour la première fois, en Prusse, le souverain parlait sans intermédiaire à son peuple. Il l'avertit qu'il aurait à faire d'énormes sacrifices ; mais a pensez, lui disait-il, aux exemples que nous ont donnés les Russes, nos puissants alliés, et les Portugais et les Espagnojs.. Plus d'une fois de petits peuples ont triomphé d'ennemis puissants ; souvenez-vous de l'héroïsme des Suisses et des Néerlandais. » Et il ajoutait : « C'est
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une lutte décisive que nous avons à soutenir pour notre indépendance^ notre liberté^ notre existence^ une lutte qui n'a pour issue qu'une paix honorable ou une mort glo* rieuse. »
Puis deux édits furent publiés^ prescrivant^ Tun l'organisation immédiate de la landwehr dans tout le royaume , Tautre celle du landsturm ou levée en masse dès que la première serait terminée. C'étaient à peu près les mêmes dispositions que nous avons vues décrétées par les États de la province de Prusse. Seulement les limites d'âge étaient abaissées à dix-sept et quarante ans, et le roi gardait la nomination des officiers.
I/édit sur le landsturm respirait une véritable fureur patriotique. Dans son préambule, il donnait encore en exemple Ténergie sauvage des Espagnols ; il semblait dicté par le plus implacable de leurs chefs de guérillas.
(c A l'approche de l'ennemi, dit-il, tous les habitants des villages doivent s'en aller avec leurs bestiaux et leurs effets, emporter ou détruire les farines^ les grains, faire couler les tonneaux, brûler les moulins et les bateaux, combler les puits, couper les ponts, incendier les moissons approchant de la maturité. L'État indemnisera les citoyens après la retraite de l'ennemi. Les villes ne seront pas abandonnées; mais la surveillance d'une garde bourgeoise sous l'influence ennemie est défendue; car les désordres que la populace peut commettre nuisent moins que db laisser l'ennemi maître de disposer de toutes ses troupes. Dans les villes occupées par l'ennemi, les bals, les fêtes, les mariages même sont interdits. »