‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 2)Chapitre 4 sur 28 · Id non posse percipi · texte numérisé non relu

Id non posse percipi

3. Inter que visa nihil intersit, fieri non posse ut eoium alia percipi possint, alia non pessint.

i. Nulliim esse visum a sensu profectum, cui non oppositum sit visum aliud qnod ab eo nihil intersit, quodque percipi con possii.

* Cic, Acad. Pr., 2. 24. Nullum taie esse visum a vero ut non ejusdem etiam a falso posset esse.

' Carnéade cite, en outre, les représentations qui arrivent pendant le sommeil et Tivresse, les phénomènes de la folie et de l'hallucination.

CflAiGNET. — Psychologie. 3

3i HISTOIRE DE U PSYCHOLOGIE DES GRECS

oûx avyivoiTo aTci [xt!; ûiràp/ovTo; *. Garnéade nie le fait : il n'y a pas de représentation qui possède ce caractère et cette marque distinctive de la vérité. Nous avons vu que la connaissance rationnelle est suspendue à la connaissance sensible ; or la représentation sensible n'est pas, on vient de le prouver, discriminative, xpiTtxi^, c'est-à-dire capable de discerner le faux du vrai ; donc la connaissance rationnelle ne le sera pas davantage. Ni la sensation ni la raison ne sauraient être des critériums. Il n'y a aucun signe propre, IS^cojxa, de la vérité dans aucune de nos représentations *. La raison ne juge pas mieux que la sensation représente. La dialectique, son instrument, est souvent un instrument faux. Comment, par exemple, échapper aux conclusions manifestement fausses de raisonnements conformes en apparence aux règles logiques, aux arguments du sorite ou du menteur 3? Il n'y a donc pas pour 1 homme de certitude possible. L'esprit humain ne saurait saisir aucun objet de connaissance d'une science infaillible et évidente * ; mais alors l'homme ne pourra donc rien connaître et il sera tenu de demeurer dans une abstention constante, une suspension absolue d'affirmer, de juger, c'est-à-dire au fond, de penser. Carnéade recule, semble-t-il, se dérobe devant ces conclusions logiques extrêmes du scepticisme radical. S*il n'y a rien d'absolument certain, il y a des choses probables; si l'on ne peut espérer atteindre la vérité, on peut du moins s'en rapprocher, et cela non seulement dans l'ordre pratique, mais dans le domaine de la spéculation pure 5, quoi qu'il faille reconnaître que la

* Sext. Emp., adv. Math., VII, 252. Cic, Acad. Pr., 2, 6. Visum impressum efllclumque ei eo unde esl quale esse noa posset ex eo unde non esset.

» Sext. Emp., adv Math., VU, 411 oy toîvuv exei ti lôicoiAa tj xaTaXr,fCTix^ qpavTaata ta Ôiaçépet tûv ^euScovte xa\ àxaTaXiQ7CTa>v çavxaaiîov.

8 Sext. Emp., adv Math , Vil, 159-165.

4 Cic, Acad. Po$t., 1, 2. Negaret quidquam esse quod p(>rciperetar... ita necesse esse ne id ipsum quideni quod exceptuiu non esset, comprebendi et percipi ullo modo posse La né^^alion est donc absolue ; mais elle porte, remarquons-le bien, sur une connaissance absolue et parfaite.

s Sext. £mp., adv. Math., VII, 166. Cic, Acad. Pr., 2, 10. ProbabUe aliqnid esse... et in agenda vita et in qumrendo.

nécessité de donner à la morale un fondement quelque peu sûr, une sorte de critérium pour conduire la vie et atteindre le bonheur ait été la raison principale de Garnéade pour admettre la probabilité ^

Les représentations peuvent être classées de différentes manières : d'abord en représentations susceptibles d'être connues et comprises parfaitement , perceptio, et en représentations qui ne sont pas susceptibles d'être ainsi comprises. Ensuite et puisqu'aucune représentation ne peut être l'objet d'une certitude, on peut distinguer des représentations probables et des représentations non probables*. Garnéade établit donc deux degrés de connaissance : une connaissance parfaite et absolue, perceptio, xaTàX-ij^J/iç, interdite à l'homme,' même au sage ; une connaissance inférieure, mais suffisante et propre à l'homme, susceptible d'être accueillie par lui et méritant de l'être, qu'il appelle probatio, qui s'étend à un très grand nombre d'objets et est fondée dans la nature. Il serait contraire aux lois de la nature, que rien ne fût probable K

Mais quelles sont-elles ces choses probables, relativement vraies, qu'on peut accepter comme vraies, quoique sous réserve? Ce sont les représentations qui réunissent* les trois caractères suivants :

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