ANTISTHÈNE
Antisthène, d'Athènes ^, eut pour premier maître Gorgias dont on retrouve l'influence dans quelques unes de ses idées, et dans les formes oratoires de son style, f)ïiTopixbv elBoç, qu'on remarquait surtout dans son dialogue intitulé ^ : la Vérité.
Il avait déjà fondé une école de tendances certainement sophistiques, lorsqu'il entendit Socrate, auquel il renvoya ses propres élèves et dont il se fit le disciple assidu. Après la mort de ce maître passionnément respecté, aux derniers moments duquel nous le voyons assister il rouvrit son école et enseigna au Cynosarge, gymnase situé non loin des murs de la ville, et en dehors de la porte Dioméia, et réservé aux maîtres qui n'étaient pas nés de père et de mère athéniens, oùx tôaysvstç *. C'était le cas d'Antisthène, dont la mère était Thrace. Il y fonda par son enseignement l'école cynique, dont il fut en même temps le chef ^ et qui tira son nom, qui ne fut sans doute
1 La date précise de sa naissance ne nous est pas plus connue que celle de sa mort.
* Il était considéré par Phrynichus comme un modèle du style attique. Phot. Bib. Cod. 158, p. 101, 6, 10.
3 Plat., Phœd., p. 59.
4 Plut., Themist., 1.
5 D. L., VI. Tjp^axo ToO Kuvt(7[xou. Diogène de Laërte, VI, 16, lui attribue même l'origine de la morale stoïcienne : oIzoq riy^o-axo... Tviç Zv^vfovoç xapTeptaç, et prétend qu'il jeta les fondements de cet édifice, 'J7:o0l(i£voç rî] nôlei xa ôsfjiéXta, Juvénal, XIII, 121, ne voit de différence entre les stoïciens et les cyniques que dans le vêtement : 'A Cynicis tunica distantia. David, Schol. A7\, 23, b. 13. Tipo^xaTY]?.
ANTISTHÉNE 181 usité qu'après lui ^, soit du lieu même où les leçons étaient données 2, soit, ce qui est plus probable, des mœurs et des habitudes de vie de la secte 3.
Les Corinthiens placèrent sur le tombeau d'Antisthène un chien de marbre de Paros ^ : c'est en effet à Corinthe, où il semble avoir longtemps résidé, que le philosophe cynique termina sa vie, cédant à l'épuisement des années.
C'était, au dire de Théopompe, un homme d'un caractère aimable, d'une conversation affable et séduisante 5, quoique sa vie fût des plus austères. Malgré le mot de Cicéron, qui voit en lui un esprit plutôt vigoureux que cultivé, acutus magis quant eruditus ^, les titres de ses nombreux ouvrages, assez nombreux pour lui attirer de Timon le Satyrique l'épithète de TuavTocpuïj cpXéSova, l'universel bavard, montrent l'étendue et la variété de ses connaissances, qui embrassaient même les questions de logique et de physique, quoique le principe de l'école fut d'écarter l'une et l'autre de ces sciences, en tant du moins qu'elles étaient inutiles à la vie, et de se borner à la science de la morale. Platon qui ne l'aimait pas et ne l'a pas flatté le compte parmi les gens véritablement savants dans la physique, p.àXa
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* Aristote ne la désigne encore que par le nom du fondateur, o\ 'AvTtcrôlvetot. Cependant Antisthène était déjà de son vivant appelé aTiXoxuwv.
3 David {Schol. Ar., 23, a. ■42), en compte quatre :