ARISTOXÈNE
. Arisloxène, dont le nom est presque toujours associé à celui de Dicéarque, était comme. lui un disciple immédiat d'Aristote. Né à Tarente, on ne sait pas à quelle date précise ^ dans une ville dont les pythagoriciens Philolaiis, Eurytus, Archytas, Archippus etLysis avaient fait un centre florissant d'études mathématiques, musicales et philosophiques, il n'est pas étonnant qu'Arisloxène ait subi l'influence de cette école, et ait suivi cette double direction. Comme son père, Spintharos, qui fut son premier maître, il voyagea beaucoup, dans le Péloponnèse d'abord, en Italie ensuite où il revint passer quelque temps, et enfln à Athènes où il devint le disciple d'Aristote pendant assez longtemps pour s'y acquérir, dans l'école, une grande réputation 3. Dans les années qui précèdent immédiatement l'avènement d'Alexandre, nous le retrouvons dans le Péloponnèse, à Corinthe, où il se lia, comme il le dit lui-même, avec Denys le Tyran, qui y vivait dans l'exil depuis 343, et de la bouche même de qui il tenait l'histoire touchante de Damon et de Phintias, qu'il a racontée ^. Suidas, dans l'article qu'd lui consacre, rapporte
* Tusc, I, 13. Dicœarchum vero cum Arisfoxeno, sequali et condiscipulo suo.
2 Suid. voc
3 Suid., 5. àxoucrx-ri; 'AptcrioTéXo'j;. A. Gell , N. AU. y IV, II. Aristoxenus Aristotc'les philosophi auditnr.
4 laniblidi , VU. P'jthag., § 233. Porpbyr., Vit. Pyth., § 60.
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qu'à la mort d^Aristote, irrité de voir passer entre les mains de Théophraste la direction de l'école qu'il avait espérée pour luimême, il se vengea de cette préférence, qu il considéra comme un affront, en répandant sur son maître les propos les plus malveillants. Il semble qu'il y ait là une erreur de nom ; Aristoclès ^ prétend que c'est à Platon que s'adressaient ces injures, car, malgré l'opinion de quelques personnes, Aristoxène n'a jamais dit que du bien d'Aristote. Son caractère a sans doute prêté appui à cette tradition, car il était, suivant yElien ^, l'adversaire déclaré du rire, et, Proclus, dans un mot assez joli, juge que ce personnage, dont le surnom caractéristique était ô jjlouci/vOç 3 n'avait guère de musique dans le caractère, où nivu zh tjOoç àvïip Ixs^voç ao jcîixdç*. Les livres écrits par Aristoxène sur la musique, l'histoire, la philosophie et sur les sujets les plus variés, r.y.vxhq sïoouç, s'élevaient au nombre de 453 ; mais son œuvre la plus importante et la plus considérable concerne la musique ^, dont il a écrit l'histoire et la théorie. Ses études philosophiques ont pris surtout la forme historique : ce sont des biographies de philosophes et particulièrement de philosophes pythagoriciens, et un ouvrage intitulé Iluôayopcxal aTrocpacs'.;, sorte d'exposé des doctrines pythagoriciennes On ne sait duquel de ces deux ouvrages est tiré le peu
^ Lib. Vil, de Philos. Plutonic, cité par Eusèbe, Prœp., Ev.y c. II. 'Ap'.G^o-
2 IJist. V., VIII, 13.
3 Par ex. Alhcn., XII, 5A5, a. 'Aptaxo^evoc ô [lovo'.v.ô;. Thcmist., Or.; XXXIIl, p. 364, éd. Hard., id.
4 In Plat. Tim., III, p. 192.
5 Cic, de Fin., v. 19. Quantum Ari.stoxeni ingenium in musicis consumptum videraus. Nous avons con.scrvé les trois livres, nep\ àp[jLovixôjv axoix^loiv, et un long fragment ntp\ pu6;j.r/u)v axor/sctov, qui sont les sources les plus précieuses et les plus aullienliques de notre connaissance de la mu.^ique grecque.
^ 1. IloXtTcxwv vofjLwv, au nioins en 3 livres. (Cont. Athen., XIV, 618, d