‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 5)Chapitre 12 sur 43 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Dans cette âme inférieure 4, plongée dans la matière et irraisonnable, comme dans les autres espèces d'âme, les puissances, par lesquelles se manifeste son essence, sont non seulement liées les unes aux autres, mais encore naissent les unes des autres et sont par conséquent inégales entre elles2. Son caractère propre et éminent, et où nous pouvons la mieux connaître, parce que c'est son acte le plus parfait3, c'est la sensation, 7] aïaO^Gtç, puissance qui réside dans le composé de l'âme et du corps, êv tw xoivœ,, et à partir de laquelle on descend jusqu'à la puissance génératrice et à la puissance de l'accroissement, en un mot à la puissance par laquelle un être crée un être autre que lui-môme et semblable4.

Cette âme, qu'on appelle indifféremment végétative, nutritive, génératrice, animale, nature, sensitive et même représentative, existe dans le germe ou sperme, corps confus et indivis, et si elle existe là, c'est évidemment qu'elle n'a besoin pour exister ni des parties du corps, ni des organes, ni

1 Enn., II, 3, 17. y] evuao; ^v^y]... t^ ^,jX^ Svvafii; ï| yjTTtoV.

2 Id., II, 3, 13. où yàp ecp'^fAtov uavxa ([i.spr() î'cra.

3 Gonf. plus haut, p. 138, n. 2. Sub fin.

4 Enn., I, 1, 8. Tcp&xov ôà eî'ôwXov (de Tàme universelle) afffôyjfftç f, Iv cm xotvôr elxa àrcb xaûxr^ au 7tav aXXo £iSo; >éyexa'. 4*'JX^ é'xspov àç'èxipo-j kz-., xat xsXeuxa [xlpxpt y£vv/]xixoO xoù aù^<7£a);xa\ oXco? 7ïoir(<j£co; â'XXov xa\ àrcoxeX£O"xixo0 àXXovi 7iap 'aùxyjv xyjv TtotoOffav.

LA PSYCHOLOGIE DE PLOTIN. — L'AME SENSITIVE 145 d'une figure corporelle. Le corps est insensible jusqu'au moment où l'âme lui donne la puissance de sentir les modifications et affections qu'iléprouve. Elle comprend :1a puissance végétative, yj cpuTixv] èvspyeia, qui se compose elle-même de trois autres puissances : la faculté de nutrition, to OpeTuxixov, la faculté d'accroissement ou de développement dans l'espace, to aû^Tixdv, et la faculté de génération, to y£wy}tixov ; puis la puissance de sentir, c'est-à-dire d'éprouver les états affectifs propres à l'animal, au xoivdv, le plaisir et la douleur, qui n'atteignent pas l'autre homme, c'est-à-dire l'âme pure 1 ; on distingue cette faculté par les déterminatifs e£<i>, y] a't'côyjacç ?] &;ol>, ou 6&ç 7raÔ7jT:xVÎ de la sensation interne, faculté de la raison discursive, qui rend l'être capable de prendre connaissance, dans les impressions physiques particulières, des formes générales des choses; en outre l'imagination, cpavTacta, qui donne à l'animal une représentation vague et confuse de la fin qu'il poursuit2, et qui se distingue elle aussi d'une forme supérieure qu'on peut qualifier d'imagination intellectuelle; enfin l'appétit, to ôpexTtxdv, par lequel l'être vivant se porte instinctivement de son désir vers les choses dont sa nature sensible a besoin, et qui, dans l'homme, se divise en concupiscence, to £7rtôu^Tixdv, et irascibilité, toôujjuxov, to Oujo-oeiSé;, dont la racine est dans la faculté génératrice3.

Toutes ces puissances impliquent et ont pour condition commune la puissance du mouvement et en même temps la puissance du repos. Le mouvement est le commencement de la vie, la vie qui apparaît sous sa première forme, xivy^iv t-^v 7rpa)TYiv Çwyjv ousav. Loin d'altérer l'essence de l'être, le mouve-

1 Ennn I, 4, 9. Tri; cp'jxixr,; £vspys:a; èvspyouc7r]:, où/, ep^sxai et'; aXXov av6?to7rov r, *yj; xocavxrj:; évôpYeîaç àvxîXrj^i; xù» aîcrôrjxixâ).

2 Enn., IV. 3, 29; IV, 4, 20; III, 8, 1. La force vitale ne pousse pas l'être à ses fins mécaniquement et comme par des leviers. C'est une force interne, qui, si elle n'est pas consciente, n'en est pas moins une pensée, Àôyoç, une forme, tïoo;. On peut dire de cette âme (II, 3, 17) à la fois quelle a la puissance de penser et qu'elle ne l'a pas : Oewpîav xe èv crjxr, £-/£'.v... xoà oûx s/ei Ttocç.

3 'Enn., III, 6, 4.

Ghaignet. — Psychologie.

ment qui s'y manifeste en achève la perfection. Mais comme la nature de l'être est de se conserver tel qu'il est, par conséquent de conserver le mouvement déterminé approprié à son essence, cette persistance, (/.ov-^, dans le mouvement et dans tel mouvement déterminé constitue, dans l'être, un état de stabilité, d'identité avec lui-même, ttxcjiç, qui est, peut-être plus encore que le mouvement, en harmonie avec sa nature1.

Toutes les activités de l'âme sont des mouvements enveloppant le repos ; le désir est mouvement ; la pensée et toutes les opérations de l'âme pensante sont des mouvements; à plus forte raison la vie du corps est mouvement, l'activité de l'âme qui donne la vie à un corps est mouvement2. Cette puissance vitale interne3 possède une sorte de notion, de conscience qui enveloppe toutes les parties de l'être qu'elle vivifie, <7uvataÔYiTi>a] xal auwo^xix^ ; en même temps qu'elle en crée l'unité, elle a conscience de cette unité4. De cette unité naît un autre caractère de la vie, qui n'en est guère que la manifestation sentie, à savoir la sympathie ou homopathie, qui consiste en ce que l'animal a la faculté de sentir toutes les affections éprouvées par l'une quelconque de ses parties. Ce phénomène ne se produit pas uniquement dans les individus vivants ; dans l'univers où toutes les parties sont liées entre elles et forment un tout un, elles subissent chacune les

1 Enn., VI, 2, 7. xivy(<7E(jû; Se Tzzp\ to ôv çavsi'c-/)!;.

2 Id., IV, 3, 15. d>uxixtov xivr(<7ewv. III, 9, 3. r\ yàp xcv^atç EÇSffiç... to [xèv 7tptoxov (l'intelligible) ôuvoifuç ècm xivr,oetoç xoù a-zâ.aeio;, to ôè SsvTspov £<tcy)X£ te xoù xiveîto» Ttep\ ÈxeÏvo. Id., III, 7, 10. xtvr(o-tç voEpdc. Id., II, 2, 1. xoù yap aio[j.aToç Çtof, xcvyjacç. IV, 4, 8. xîvr((jLa Çcotixôv. Id., I, 3, 5, La logique étudie Ta xtvV][j.aTa Trjç ^u^rjç.

3 Enn., II, 2, 1. oùôafjioO e£w.

4 Id., II, 2, 1. toO yàp Çuiou to x^pcov TîEptXr^Ttxbv y où rcotouv ev. Id., I, 1, 11. Y) o-uvoùo-6Y]o-tç to Tr,ç ^uxYjÇ eî'ScoXov (jL£Ta toO cFcojJiaTo; E^ei. Le mot CO)lScience a bien des sens dans Plotin : il y a la conscience du moi, qui est dans l'àme (I, 1, 13); la conscience de l'intelligible qui est dans la raison pure, et la conscience qui ne s'applique qu'aux phénomènes sensitifs. Ficin le traduit par sensus communis ; c'est ce que nous appellerions le sens du corps, le sens vital. Spinoza appelle l'individualité la sensation de soi, et la personnalité, la conscience de soi.

affections de toutes les autres et toutes subissent les affections de l'une quelconque d'entre elles. Cette communauté d'affections, cette sympathie, quoiqu'obscure *, prouve que l'univers lui aussi est un individu vivant; elle est le signe de l'individualité comme de la vie; car elle ne s'explique que par le fait que toutes les parties d'un être ne font qu'un seul être et qu'il a conscience de l'union de ses parties. La sympathie qui règne dans l'univers comme dans les puissances de l'âme, s'exerce non seulement entre les parties d'un animal individuel et ses organes, mais encore entre ces organes et les choses sensibles qui les affectent, puisqu'ils sont tous deux également enveloppés dans l'unité de l'univers vivant. C'est sur ce phénomène que repose la sensation, considérée comme forme de la connaissance qui, comme nous le verrons, a pour condition générale que le monde soit un animal vivant et sympathique à lui-même 2. Les organes sensoriels et les objets sensibles par suite de cette sympathie s'attirent les uns les autres et tendent à s'unir. C'est sur le même fait que se fonde la sympathie morale des hommes les uns pour les autres et même pour la nature entière, en sorte que toute souffrance individuelle est cosentie par l'univers. Mais cette sympathie n'exclut pas la différence individuelle et n'enveloppe pas chez tous les êtres l'identité absolue de l'impression sensible, xuTitoenç acaOïiTtx^3. Ils sont un tout en même temps qu'une partie du tout,

Tout être vivant individuel, soit végétal, soit animal, soit homme en tant qu'animal, est le produit de trois causes qui concourent et s'unissent pour l'engendrer. Ces trois causes

1 Ici., IV, 5, 2. (TU[j7icJ6£ia àfjt-uopa.

2 Enn., IV, 4, 40. xr\ x&v ôuva[j.£a)v tùv 7roXXtôv 7:o'.x'.X:a et? ev Çtbov auvxe- Xo-jvxwv... ilv.z: Tipo; œXXYjXa. IV, 5, 3. :t\ c7U|jt.uâ6eia xoO Çcoou... r\ 7cppç aXXv;Xa xtov [Aéptov tû ev eïvai... l'ocxe xat xb alcrôâvecrOai ôutoaoûv eïvat cm crufiuaftè; xb Çtoov t6ô£ xb tt5cv sauxâ).

3 Enn., IV, 9, 1. o{j.oTcaOeîv r^a* xe irpbç àXXrjXouç xa\ i.po- xb 7ràv, toaxs ffxoO «aôovTOç CT'JvaKjOâveaOat xb uav. Ici., IV, 9, 3. cruumaOeîv àXXriXcu; r.aaç. Id.t IV, 9, 2,

sont : 1. L'âme universelle ; 2. Les astres; 3. L'âme génératrice.

1. En ce qui concerne l'âme universelle, nous avons vu que son action consiste à ébaucher les contours du corps en jetant sur la matière comme un rayon de la forme, pour la rendre apte à recevoir une âme individuelle, et d'abord l'âme végétative et animale, qui achève la formation commencée en suivant les lignes déjà tracées, en créant l'organisation , c'est-à-dire en transformant les parties en membres et en organes.

2. Quant aux astres dont les influences, effet de la sympathie qui règne dans tout l'univers et qui fait que les parties les plus éloignées les unes des autres agissent les unes sur les autres1, se confondent et souvent se balancent et se neutralisent, leur action combinée n'est pas créatrice : elle se borne à modifier les choses engendrées et à déterminer dans un sens ou dans un autre leurs qualités. L'influence céleste du soleil lui-même est impuissante à créer un homme ou an cheval ; les astres produisent des circonstances extérieures qui seront plus ou moins favorables à l'être engendré d'avance et d'ailleurs. Le fils est de la même espèce que le père, mais il peut être plus ou moins bien fait ; car la semence d'où il est provenu n'est pas pure raison : elle contient une matière, et la matière ne se laisse jamais complètement dompter et façonner par la forme 2.

Les astres n'agissent d'ailleurs que sur les corps et leur action est toute matérielle : ils leur communiquent la chaleur et le froid, forment ainsi les tempéraments, c'est-à-dire les variétés spécifiques et individuelles, résultats de ces actions combinées ; mais ils sont impuissants à donner, par exemple, à l'homme ses mœurs, ses goûts, ses penchants, qui ne pa-

1 Enn., IV, 4, 30.

2 Id., II, 3, 12. où yàp xov i7C7rov Tiotsî, àXXà xw trcua> xi 8iSco<7t... truvepyoç Ss y)Xio; Tïj itXacrst... ore ôè xa'i r\ vXyj xpareï, o\>x f] çuci?. Aristott? avait dit : ô avGpto7to<; yevvx tov avOpoouov xoù ô r^ioç.

raissent nullement dépendre des tempéraments, et encore moins ses qualités intellectuelles et ses vertus.

3. Mais dans la génération des êtres vivants, lapartlaplus considérable doit être attribuée aux raisons de Famé génératrice 1 transmise par les parents dans le sperme matériel qui en est le véhicule2.

La raison séminale est une unité multiple, ev noUilov, multiple et diverse, parce qu'elle renferme une sorte de schème, <rx%a, où se trouvent dessinées et comme circonscrites intérieurement ses puissances et ses pensées, Buvàfxeiç xaï voijseiç 3, dont la division tout interne arrive par degrés jusqu'à la dernière puissance, à la forme indivisible où elles s'arrêtent4. La raison séminale d'une plante ou d'un animal ne peut pas être une unité sans diversité : sans quoi elle ne serait que matière. Cette raison doit contenir tous les organes et, embrassant toutes les parties de la matière, n'en doit laisser aucune identique en sa fonction aune autre. Réduit à l'état d'unité absolue, tout être et tout organe ne serait plus qu'une masse, qu'un chaos. L'unité de l'atome est purement idéale ; l'individu vivant se montre seul comme unité réelle parce que malgré le nombre et la variété des parties qui le composent, ces parties forment une véritable communauté, xoivwvt'x, un système vivant, sympathique à lui-même, dans lequel chacune est en rapport avec toutes les autres et ne peut remplir sa fonction propre si ce rapport est supprimé, si ce lien est rompu

Chaque être vivant est engendré par des parents de son espèce. Le cheval est engendré par le cheval ; l'homme par l'homme. Le cheval naît de la raison séminale contenue dans le sperme du cheval ; l'homme naîtde la raison séminale contenue dans le sperme de l'homme5.

1 Enn., VI, 7, 5. ol ev aulp^aat Xoyot... o\ 7roiouvTe;.

2 Enn., III. 1, 6.

3 Id., VI, 7, il. oTov raptypaipYj r/wv.

i Id., VI, 7, 14. OTZOV <7Tr,<7£T0U StÇ EtOOÇ àxO[JLOV.

s Enn., II, 3, 12.

Mais les raisons génératrices qui font l'homme ne sont pas celles qui font l'animal, et les raisons qui font l'animal ne sont pas celles qui font le végétal1. Les unes sont contenues dans l'âme végétative, <ptmx^, les autres dans l'âme animale; dans l'homme, les raisons séminales sont les actes de l'âme raisonnable 2. Même dans le minéral, à plus forte raison dans l'homme, il y a une raison vivante, rattachée par son origine et son essence au monde intelligible, par le travail intime, caché, inconscient de laquelle se produit la création, en chaque être, de tout ce qui appartient à son essence et la réalisation plus ou moins parfaite de son idée3. La raison universelle à laquelle cette raison spécifique est rattachée, est les êtres mêmes, parce qu'elle les contient tous à l'état idéal, comme le genre contient les espèces, comme le tout contient les parties4. La raison contient ces raisons qui ne sont en l'âme qu'en puissance ; mais si l'on dit5 que les raisons séminales suffisent pour expliquer la formation des choses et des êtres, il faudra ajouter pour expliquer l'éternelle reproduction des unes et des autres que ces raisons sont incorporelles et éternelles, et si elles sont incorporelles et éternelles, elles doivent être dans la raison, antérieure et supérieure à la nature et à l'âme. L'âme elle-même n'est qu'en puissance tant qu'elle n'est pas mise en acte par la raison qui l'engendre et dont elle est l'image6. . Les puissances séminales, ou twv <77Tspixrra>v Buvifjieiç, à la fois

1 Enn., VI, 7, 5.

2 Id., IV, 4, 2ti et 27. La nature de la puissance sensitive, yj toO alcr0-/j- •nxoû cpûcrtç, n'est pas, comme la puissance végétative, mêlée au corps de l'animal : elle est portée au-dessus d'elle, èicoxoutxlvtjv Sèetvat rf,v aV/. -v cpuaiv xa. vpOv. C'est une autre espèce d'àme; c'est une raison, NoO;. Id., VI, 7, 4 et 5.

3 Id., VI, 7, 11.

* Id., V, 9, 6.

5 Comme les Stoïciens.

6 Enn., V, 9, 5. eî 8s Xôyou; sp^Toua iv àpxsîv, acoto-j? 8^Xov et oï àïSto'j; xa\ ôiTiaOeU' èv vw 8sî eivoa toio'jto) xa\ Tzpoxipto ÊîUto: xa\ çûasto; xa\ ^'J"/r,ç. III, 8, 6. La génération vient d'une pensée, ocub 0ecop:a:, et a pour fin de créer une forme. Lorsque les êtres vivants engendrent, ce sont des raisons internes, o\ lôyoi evôov ovxec, qui les meuvent, et ces raisons c'est un acte de pensée, èvépyeta 6ecopîaç; car c'est un enfantement de

universelles et individuelles, sont chacune comme un centre qui contient indivises toutes les parties de l'organisme futur1, différenciées par la différence des organes qu'elles engendrent. La raison des yeux diffère de la raison des mains. Chacune des puissances de la semence est l'unité totale de la raison séminale, quand cette puissance est réunie aux autres parties qui sont impliquées en elles 2.Lapartie de la semence qui est liquide est par là même matérielle ; mais la raison elle-même est avant tout forme, et cette raison c'est précisément l'espèce d'âme que nous avons nommée génératrice,

6 aÛTQç wv tyuyyiç et Set tôo yevvwvTt 3.

Bien que la raison séminale produise nécessairement et forme le meilleur, comme les hommes et les autres espèces vivantes procèdent les uns des autres, nécessairement et continûment les races s'abâtardissent et dégénèrent parce que les individus s'éloignant toujours fatalement davantage de leur type originaire, les raisons séminales cèdent toujours davantage aux influences de la matière4. L'agent producteur, xb yewwv, est toujours et partout plus simple, plus un, c'està-dire plus parfait que l'être engendré, et cette loi se révèle et se réalise dans l'évolution de toutes les choses, lv Ste^oSw twv 7rxvT(ov. La cause n'est pas égale à son effet5.

formes multiples, w8\ç xou uoXXà rcoteïv eî'ôr). IV, 4, 22. Dans les végétaux eux-mêmes, il faut distinguer ce qui est une propriété de leur corps, et la puissance qui en dirige le développement, qui les organise en chœur harmonieux, xb yopr^aav. Ce que nous appelons dans l'animal rèiciQv^YjTtitév, c'est encore le çuxixov.

1 Enn., V, 9, 6. èv yàp xw o)a> àStâxpcxa uavxa xa\ o\ Xoyoi coauep ev bt\ xévxpa).

2 Enn.. V, 9, 6. (jiexà twv èv aùxco èpntep'.e^oiiivtov [xepcbv.

3 Id., V, 9, 6. Le phénomène de la génération est souvent dépeint comme un déroulement, une évolution. IV, 8, 6. è£sX:xxeo-0at ofov o-Ttepptaxoç ex xtvoç ajiepovç àp"/?)Ç slç xeXo; xb aî<76r,xbv lova-/)... O'.ov èxyuGèv xai èîieXr/Gev. Il est produit par le mouvement d'un point central indivisible, qui engendre ses rayons : xy)\ 8uva(juv napà xoû xévxpou e^etv xat ofov xevxpoec- 8y]ç y] ypaap.av- ev xuxXto TCpbç xb xévxpov ev auv.oOaai xb uepàç aùxwv xb 7tpbç xévxpov lEOioûaxv elvcu otov xb upô; b r)véyOY]aav xa\ àcp 'ou e^eçu <7 av.

4 7cZ., II, 3, 16. î'ffw; àe\ y.eipw t 3c eqpeÇyjr ... xwv Xôycov e'.xovxwv xotç xrjç uXy)ç lEaOqfiaax,

5 Id., III, 8, 8. xou yàp yevvYjOévxo: uavxaxoO xb yevvwv arcXouaxepov. VI, 7,

Un fait caractéristique et spécifique des puissances de l'âme sensitive, c'est qu'elles se localisent dans certaines parties déterminées du corps La sensation s'étendant à tout le corps, l'âme sensitive s'y répand et nécessairement s'y divise relativement aux parties du corps qui la reçoivent, bien qu'on puisse dire qu'elle est indivisée parce qu'elle est tout entière présente à chacune d'elles. Tandis que le raisonnement et la raison pure ne se donnent pas tout entiers au corps, parce qu'ils n'ont pas besoin d'organes pour accomplir leurs fonctions propres, qui en seraient au contraire gênées et troublées, la nécessité où est l'âme sensitive d'employer des organes spéciaux pour le fonctionnement de ses diverses puissances aboutit fatalement aune localisation de ces facultés1. Chaque partie du corps reçoit la vie d'une manière différente, et l'âme répartit à chaque organe, suivant sa disposition à telle ou telle fonction, la puissance qui lui est nécessaire pour la remplir2. C'est ainsi qu'on dit que la puissance de voir, tt)v opaxixVjv, est dans les yeux, celle d'ouïr dans les oreilles, celle de goûter dans la langue, celle d'odorer dans les narines. En ce qui concerne la puissance du toucher, elle est dans tout le corps ; car pour cette sensation le corps tout entier est présent à l'âme comme son organe. En effet le toucher a pour organes les premiers nerfs3, c'est-à-dire les nerfs à leur origine, à leur point d'attache ; ce sont eux qui possèdent la puissance motrice de l'animal 4 ; c'est à eux que la force motrice se rend et se concentre pour se communiquer de là aux

17. ôsï to (xèv S'.ôbv txsïÇov vopuÇeiv, to 8è ô'.ôôfAEvov e).octtov tou ô:5Ôvto;. VI, 9,

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