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CHAPITRE SIXIÈME

l'entendement discursif.

On peut hésiter, comme Porphyre, sur la place .qu'il convient de donner à l'opinion dans la classification méthodique des facultés de l'âme ; la question en soi est de peu d'importance; mais en ce qui concerne la raison réfléchissante et raisonnante, la Stàvota, il n'y a nulle incertitude : c'est bien en elle que se complète et s'achève la fonction propre de l'âme et le caractère spécifique et distinctif de l'homme.

L'entendement discursif, c'est-à-dire dont les mouvements sont successifs et passent d'un objet à un autre, est la faculté de l'âme qui juge ; juger, c'est discerner, c'est séparer et lier, diviser et unir; l'entendement discursif est la faculté discriminative l. Les jugements ont pour matière les formes, Tune, que l'âme a reçues des sensations, et comme ces formes sont déjà des intelligibles, l'âme les voit, et les voit par une sorte de sensation interne , par une cosensation, une conscience2, parce qu'elle possède tous les intelligibles.

C'est là réellement, proprement, la pensée, la pensée de l'âme vraie3, f) otâvota àÀ7j0r,ç, qui est l'acte des notions pures

1 Enn., I, 1, 9. xr,v rou oiavoY}xcxou xpî<7:v... x£» SiavoYjxuô) ÈTU/pivac. V, I, 4. xoù yàp a/).a xai aXXa au 7tep\ ^v"/Y|v.

2 Id., I, 1, 9. xyjv ô'.âvo'.av è7uxpcnv 7toiou[j.év/)v xtov àixb xrjÇ aîa6^<J£coç xuucov efôï] 7,00 Oôwpsr/ xai Ostopsîv cuov (juvaiaO^ae'..

3 Enn., I, 1, 9. xr(v ye xuptwç (opposé à l'imagination appelée r\ xù>v

de sensations et est un équivalent de la formule : voS; h tyuyv\, la raison dans l'âme.

Les actes de cet entendement s'accomplissent tous sans la participation du corps, sans que les organes des sens soient mis en jeu : ce sont les actes propres de l'âme, 181a ty,; i/uy/fc, de l'âme vraie, et l'âme vraie, c'est nous, jjjisïî v) •}■->///, *. L'homme, c'est l'âme réfléchissante, consciente, raisonnante, délibérante. Il ne faut pas croire en effet que ce soit la raison pure, 6 Nou;, qui constitue notre essence spécifique : c'est la faculté supérieure du raisonnement, to Xoyicmxbv -swtov, to 8iavor|Tixov, qui reçoit la raison pure et par conséquent ne la possède pas par essence. Lorsque nous raisonnons, nous disons que nous raisonnons, parce que les raisonnements sont des actes de l'âme, et que l'âme qui pense est l'homme môme 2.

L'homme vrai et réel se distingue à la fois de l'homme idéal et de l'homme sensible, qui est un corps vivifié, ÇwcoOàv

L'entendement discursif peut connaître, par l'intermédiaire de la sensation, les choses extérieures 4, mais ses fonctions propres sont :

1. De former des jugements à la suite, èr:txpi<:iv, des images recueillies de la sensation et demeurées en l'âme5.

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