Enfin la raison même
2 Enn., V, 3, 3. •j'u-/rlv ô*£î èv Xoyio^oï; eivoct.... au toi XoyiÇôjievoc xavt vooû(j£V Ta èv t/( o'.avoîa vo^aaTa aÙTo:.
A Ici., IV, 4, '12. tô Çy}T£ïv çpoveîv.
4 Enn., I, 8, 2. tou; uap' f,(xîv ), s y o jx ev ou ; vouç eïvai, tou; êx TipOTaa-Ewv <TU(/.7rX^pou[xévouî... Xoyi^opÂvov; Te xai tou àxoXouOcu OEœpîav r.o .ov/ivou:, co; i\ àxoXoufjja; Ta ô'vTa Ôeoofjivou;.
nel des choses et arrive à posséder la raison1. La science qu'elle désire trouver c'est la dialectique, c'est-à-dire l'état mental qui nous met en mesure de raisonner sur toute chose 2, de découvrir son essence individuelle, de déterminer on quoi elle diffère des autres choses et quels sont les caractères qu'elle possède en commun avec elles, de fixer le lieu qu'elle occupe, d'examiner si elle est ce qu'elle est3, de connaître en quel nombre sont les êtres véritables, les non-êtres et les choses qui diffèrent des êtres.
L'âme n'a pas pour fonction unique de connaître et dépenser, car alors elle ne différerait plus de la raison ; elle exerce sur les choses extérieures et sur elle-même une domination, un gouvernement ; elle dépose dans les choses qu'elle gouverne selon la raison l'ordre et la beauté4 dont elle a le sens, qu'elle sait comprendre et goûter dans les choses de la nature comme dans celles de l'art
C'est à l'âme et non à la raison pure qu'appartient la puissance qui aspire au bien et au beau. Ce désir c'est l'amour, qui fait partie de l'essence de l'âme et est l'œil par lequel elle contemple les idées de la raison, et de plus l'activité féconde qui cherche à les exprimer et à leur donner une forme sensible. C'est ainsi que l'âme crée un domaine de l'art, comme un domaine de la vie morale 5.
La dialectique ne se borne donc pas à établir les lois de la connaissance etàpoursuivre la science; elle enveloppe dansle cercle de ses recherches les questions du bien et du mal, et
1 Enn., IV, 4, 12. x'o yàp XoycÇsoOcu il à'XXo av eiV| y) va £Ç'!s-r6ai eûpsîv <pp6vY)Tiv xoù Xôyov àXyjÔr, xoù rjy^âvovxa voO toû ovtoc
2 Id., I, 3, 4. r\ Xôya> %zp\ IxâaTOV ôuvafjiivï) eÇiç e'ctccîv.
8 Enn., id. et e<mv 8 èarc, c'est-à-dire, j'imagine, si son être est identique à son essence. On retrouve ici la plupart des catégories d'Aristote.
/l Id., IV, 8, 3. xocrfJi£: xoù ôto'.xst xoù apxei.
5 Par la différence d'essence que Plotin veut établir entre l'âme et la raison, il arrive nécessairement à constituer deux logiques, deux morales, deux esthétiques. I, 1, 8. e'xo^sv o3v xoù tà eî'ôV, or/G);, b |isv 4>\r/^ o.'ov àv£iX'.y^.£voc xoù o;ov x£-/o)pf7(ji.£va, èv ok vô> opioO xà uâvTa.
même la question des choses éternelles et de leurs contraires. Sur ces problèmes, elle essaie de donner une solution non pas seulement vraisemblable mais vraie. Elle fonde ainsi la science de la morale et la science du monde intelligible, c'est-à-dire la métaphysique 1 ; car il ne faut pas croire que la dialectique ne soit qu'un organe, un instrument de la philosophie, la méthode d'un savoir formel sans contenu, ne traitant que de règles et de théorèmes vides, de propositions et de syllogismes. Ces connaissances sont la plupart nécessaires, mais ne sont que des exercices préparatoires. La dialectique, qui se réserve le droit de les juger et d'écarter celles qui ne lui paraissent pas indispensables, se tient plus haut : elle est dans ses rapports avec la logique ce que l'art de penser est à l'art d'écrire ; elle cherche à connaître les choses mêmes et unit à la connaissance formelle et subjective des méthodes, la connaissance réelle et subjective des choses2. Sa vraie matière est les êtres, rot ovta. La méthode, 686;, qu'elle emploie est celle que Platon a enseignée : c'est-à-dire d'abord la division pour déterminer la différence entre les idées, pour poser l'essence de chaque chose et pour établir les genres premiers de l'être; puis la synthèse, pour reconstituer en conbinant rationnellement, vospwç, les résultats de l'analyse, le monde intelligible en son tout, où seulement l'esprit trouve son repos, et d'où la division, par une marche inverse, fait descendre le raisonnement jusqu'à son point de départ3.
1 Enn,., I, 3, 4. t; to àt'oiov xa\ to (jiy) toioutov Itcktt yijjiyi uepi tiocvtwv, o'j 6ô|t)... èvtÔptfet t£» voy)tô> xàxet ttjv Ttpayaaxeiav ïyy-
2 E?m., I, 3, 5. où yàp tyùSa Ôecopr^axa xa\ xavoveç, àXXà xa\ rap\ Tipay^axa ÈffTiv, xoù ofov ï'/y. xà ô'vTa* ooa) (jlÉvtoi £7t'avTà xwPeî> <*[J.a T0'? ôscopr^aat Ta rcpayiiaTa étouffa.
3 Enn.. I, 3, 4. tîj Siacpéaet t?j IlXdTtovoç xP^évy). La Stat'peffi; n'est pas précisément l'analyse; c'est 'l'élimination successive des caractères relativement inessentiels ; elle a pour but d'arriver :