‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 5)Chapitre 30 sur 43 · Les idées ou les archétypes du monde sensible, les types · texte numérisé non relu

Les idées ou les archétypes du monde sensible, les types

1 Enn., II, 4, 5.

2 Id., II, 5, 3.

3 Enn., II, 9, 6. En critiquant les Gnostiques qui croient multiplier le nombre des intelligibles, 7Ùr(6o; vot(tcôv ovo^àÇovxe:, en multipliant les noms, et s'imaginent prouver par là qu'ils en ont seuls une connaissance exacte, Plotin pose au contraire en principe, ôéov èxsî tô o>; cm [LdcXiaxa o)>îyov etç àpt6f;.bv û'.ooxetv

exemplaires des êtres déterminés qui naissent de l'action mutuelle des genres premiers, et sont postérieurs à ces genres en tant qu'espèces. Les idées de la justice, par exemple, de la tempérance, et en général des vertus, en tant qu'actes déterminés de la raison, ne doivent pas être placées parmi les premiers intelligibles, parce que, en tant qu'espèces, elles sont postérieures au genre qui les produit et les contient1. C'est dans la raison qu'on voit les belles formes ; les idées sont les filles de la raison, et son essence. La beauté, le plus haut des intelligibles, est les idées et le beau intelligible peut être appelé le lieu des idées. Mais le beau lui-même, le principe et la source du beau, est encore placé au-delà et au-dessus de ce monde intelligible2.

Mais avant d'établir sa doctrine propre sur ce sujet, qu'il tire non de l'analyse de l'être mais de l'analyse de la pensée, Plotin institue une critique en règle de toutes les théories antérieures et particulièrement de la théorie des catégories d'Aristote. Comme cette critique subtile, forte et profonde éclaire et complète le système des catégories de Plotin, et jette une vive lumière sur la question en elle-même, nous croyons devoir la faire connaître comme lui, tout d'abord.

| 1. — Critique des théories antérieures des catégories.

De la critique qu'il se propose de faire des théories antérieures touchant les catégories, Plotin écarte tout d'abord celles qui réduisent l'être à l'unité pure et absolue, et celles qui posent au contraire une multiplicité infinie des êtres, d'abord parce qu'il rappelle que ces doctrines ont été déjà

1 Enn., VI, 2, 18. èvépyecac tiveç voO nasai, oicte oOx èv upu>-coi;, xa\ uarspa ylvov; xa\ eî'Ôv).

2 Enn., I, 6, 9. toîç voO yevvyj|JLa<n... tb voyjtov xaXbv xov tcov eîôùv touov. VI, 4. x6<T[xoç vorycô;.

suffisamment examinées et critiquées par les philosophes postérieurs, mais ensuite et surtout parce que les unes ont eu le tort de ne pas reconnaître la pluralité dans les intelligibles, les autres parce qu'en posant une multiplicité infinie, elles rendent, sans s'en apercevoir toute science impossible : on n'épuise pas l'infini.

Il ne reste donc à examiner que les théories des philosophes qui admettent un nombre déterminé de catégories; mais ils ne s'accordent pas sur ce nombre que les uns élèvent jusqu'à dix, que d'autres réduisent de moitié, ni sur la définition qu'il convient de leur donner, les uns disant que ce sont des sujets et pour ainsi dire des éléments de l'être, tandis que les catégories sont ce qu'on affirme de ces sujets; les autres soutenant que le nombre des catégories est égal au nombre des êtres, considérés dans leur genre; d'autres enfin prétendant avec raison que ce sont les principes des choses, les choses étant, dans cette doctrine, les intelligibles mêmes *.

Et d'abord pour ceux qui admettent dix catégories,— c'està-dire évidemment Aristote et les péripatéticiens, — s'agit-il, dans leur esprit, de genres qui reçoivent par hasard le nom commun de l'être, ou s'agit-il simplement de prédicats 2 ? Car ils observent et avec raison que l'être n'est pas entendu dans le même sens dans tous ces genres 3.

En second lieu ces dix genres se retrouvent-ils également dans les êtres intelligibles et dans les êtres sensibles, ou bien les trouve-t-on tous dans les êtres sensibles et quelques-uns seulement dans les êtres intelligibles? Si des dix genres il n'y en a que quelques-uns qui appartiennent aux êtres intelligibles, quels sont-ils, et ces genres de l'intelligible peuvent-

1 Enn., VI, 1, \. xà Û7ïOxeî[xeva ovx op6à>; ofov axoixeia... oc ôe aùxà xà ô'vxa x£> yévei xoaaOxa.

2 Enn., VI, 1, 1. rcôxepa ôéxa yévvj xoivou ovô{Jiaxoç xu^ovra xoO ovxo:, ¥j xaxYjvopia: 8éxa.

3 Arist., Met., V, 7. L'être en soi a autant d'acceptions qu'il y a de catégories.

ils être ramenés aux mêmes genres que les choses sensibles1? S'il n'y a entre la substance sensible, oùc(cl9 et la substance intelligible qu'une pure homonymie, le nombre de dix ne suffit pas pour épuiser l'idée de l'être ; si au contraire on suppose que ce sont des termes synonymes2, c'est une hypothèse absurde, puisqu'elle identifie les êtres premiers et les êtres postérieurs, les êtres qui ont l'existence par soi et les êtres qui dépendent de ceux-là, ceux qui ont le plus haut degré d'existence et ceux qui sont au plus bas degré de l'être3: car il n'y a pas de genre commun entre des choses où il y a place pour une subordination, une antériorité et une postériorité.

Ainsi la classification d'Aristote ne comprend pas les êtres intelligibles et par conséquent ne s'applique pas à tous les êtres, et laisse de côté les êtres les plus réellement êtres, toi [/.àXisra ô'vra.

Entrons dans le détail : Aristote pose la substance comme un genre ; mais comment peut-elle être genre 4 ? C'est ce que

1 C'est-à-dire y a-t-il pure homonymie entr'eux ou identité d'essence?

2 C'est-à-dire que la substance est identique dans le monde sensible et dans le monde intelligible.

3 Enn.., VI, 1,1. axcmov xb aùxb av)[jux:v£iv rî|V o-jcrîav irJ: TE xtov 7rpa>xa)c ovxtov -/où tcôv ûa-céptov. C'est le grand grief de Plotin contre Aristote d'avoir, dans son système des catégories, confondu ces deux genres qui n'ont rien de commun.

4 Enn.,Yl, 1,2. it»; ëv yévo? qoùma. On sait qu'Aristote quicomptedix catégories et se réfère souvent à cette classification, ne les énumère pas toujours toutes, ni toujours dans le même ordre. Ce sont: la substance, où- <jta, la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, la situation, xeîaOoti, la possession, l'action, xo icoieîv, la passivité, xb imcoxejv. Cette énumération ni cet ordre n'ont manifestement rien de méthodique ni de philosophique; car si on suppose qu'ils sont le résultat de l'analyse grammaticale de la proposition, il n'y a rien de philosophique dans cette déduction. On peut dire qu'ils ne sont pas déduits. Même dans la Métaphysique où Aristote les met en rapport avec l'idée d'être, elles ne sont qu'un agrégat de parties juxtaposées, sans lien logique les unes avec les autres, sans principe de subordination ou de coordination, sans limitation précise par rapport les unes aux autres ; par exemple, la différence spécifique et la qualité, la qualité et la relation, dont aucune définition ne détermine le contenu propre.

ne dit pas Aristote, pour qui elle est la première des catégories à la fois dans l'ordre du temps, dans Tordre de l'essence et dans l'ordre de la connaissance. Dans son sens premier et le plus propre, c'est la notion de ce qui ne peut être l'attribut d'aucun sujet, qui ne peut être que sujet, et à quoi tous les prédicats se rapportent comme à un sujet. C'est donc l'être individuel. Mais Aristote distingue de cette substance première des substances secondes, qui sont ou des genres ou des espèces qui se montrent dans les propositions tantôt comme sujets tantôt comme prédicats : elles peuvent être attribuées à la substance première, mais cependant ne sont pas dans un sujet1.

Ce n'est pas qu' Aristote confonde les choses intelligibles et les choses sensibles; mais tout en les distinguant, il leur donne à toutes également le nom de substances, et il a tort ; Car ces deux choses ne sont pas les espèces d'un même genre qu'elles diviseraient par des différences : il n'y a rien de commun entre le corporel et l'incorporel. Ainsi Aristote décore du nom de substances la matière, la forme et le composé de la forme et de la matière, et il reconnaît en même temps que ces trois choses ne sont pas substances au même degré. La première et la seconde substance posées par Aristote n'ont rien de commun que le nom purement arbitrairement imposé et ne peuvent former un genre.

La définition de la substance comme une chose susceptible d'admettre successivement les contraires tout en restant identique et numériquement une, ne s'applique pas aux intelligibles. En constituant des degrés de substances, on s'interdit par là même d'en faire un genre, à moins qu'on ne pose un genre unique comprenant l'universalité des choses comme dépendant toutesdela substance, ouqu'on ne con-idère toutes les choses comme des états, 7nt6r„ de la substance : auquel

1 Arist., Categ., 5, p. 3, a. 7. où yàp èv tw xvà àvôpcoTKo 6 avôpwrcoç ètuv... Ghaignet. — Psychologie. 17

cas, elles ne seront plus elles-mêmes substances l. Toutes les choses sont liées entre elles par nature, «juyyeveïç, et ont quelque chose de propre qui les distingue des autres genres. On peut bien les réunir sous une seule idée et les appeler substances : mais ce n'est pas là un genre2. Aristote ne fait connaître ni l'idée ni la nature de la substance 3.

La substance n'est donc pas un genre de l'être, et la quantité, T0 7rotfôv, pas davantage. Les péripatéticiens appellent de ce nom, quantum: 1. le nombre; 2. toute grandeur continue ; 3. l'espace ; 4. le temps ; 5. le mouvement, parce que le temps qui le mesure est un quantum, quoiqu'on puisse dire inversement que le temps tire son contenu, qui le fait grandeur, du mouvement. On peut réduire ces quanta à deux : le nombre, quantum discret, oiwp'.cr^vov, etle quantum continu avec ses espèces. Qu'y a-t-il de commun entre eux4?

Si le continu est quantité parce qu'il est continu, le nombre qui est discret ne sera pas quantité. Si le continu est quantité par accident, par quel caractère commun le nombre et le continu seront-ils également des quanta? il est clair qu'ils n'appartiennent pas au même genre ni à la même catégorie. Les nombres seuls sont réellement des quanta, quoique les péripatéticiens ne nous expliquent pas leur essence, qui les fait tels. La ligne, la surface, le volume ne sont des quanta que si on les mesure par le nombre ; il en est de même de l'espace qui n'est quantité que par accident: la surface en soi

1 Enn., VI, 1, 3. ou ô'oùffi'ai i^i^z... t! xwXvct puav xaxr(yop:a\ xà 7rxvxa elva:, xai yàp xà àX).a navra àno x-?,ç o-jcrîa; xà Xsyôjxsva slva-..

2 Id., VI, I, 3. xaOxa [xsv ïo'.ol av t:; Xsyos Tcpb; xà à/.Àa, xai Ô'.à ioOxo si: é'v ovxa) cyuvâyoi xat crjcria; Àéyot, ev oi Tt yévoç o-jx av Xéyoi,

3 Id., VI, 1, 3. oùoe cr^o7. Tito; xr,v evvotav tîjç oùcrta: v.a'i xy,v

* Ce qui ne suffirait pas d'ailleurs à constituer un genre, car l'un et la matière ne sont ni l'un ni l'autre des genres ou des espèces, parce qu'ils n'ont pas de différence. L'un ne peut pas être un genre : car toute unité particulière est pluralité, c'est-à-dire son contraire. Or, quand on affirme d'une chose une idée générale, on ne peut en affirmer en même temps l'idée contraire. Le ev n'est pas un genre, yévor, c'est un principe, àpyr,, comme la monade est le principe des nombres, le point le principe des lignes et des surfaces. Enn., VI, 2, 9, 10, 17.

n'est pas un quantum ; elle le devient seulement quand on la limite par trois ou quatre lignes.

Mais dans les nombres qui seuls sont des quanta, il faut distinguer les nombres qui existent par eux-mêmes , xoù; jcaflaÛTousj qu'on appelle substances, ôùqfai, et les nombres qui sont dans les choses sensibles et qui participent des premiers, comme lorsqu'on dit dix chevaux, dix bœufs.

Le quantum est dans les nombres qui sont les mesures, aéxpa, et non dans les choses mesurées par eux; mais pourquoi? parce qu'ils sont des êtres, quoiqu'étant dans les êtres, et si on ne les met pas en rapport avec les choses, ils seront ce qu'ils sont et appartiendront à la quantité.

Si on les applique aux objets, l'unité qui est en eux détermine un, puis passe à un autre et à tous les autres nombres. Or c'est l'âme, qui se servant de cette unité, donne la mesure et le nombre à la multiplicité vague : [xerpei xb tta-^Ooç t) <}u//r) 7cpoffzp7}ffa4uiv7}. Mais ce qu'elle mesure, ce n'est pas la substance, l'essence des objets, le xo xi è<m; car la détermination du quantum ne dépend pas de l'esseuce des choses; malgré leurs essences contraires, ils tombent également, chauds ou froids, beaux ou laids, sous la même loi du nombre. Ce ne sont donc pas les choses qui sont des quantités, quoiqu'on les appelle souvent ainsi; ce sont les grandeurs, et si Ton appelle les grandeurs des quantités, c'est parce qu'elles se trouvent dans des objets qu'on appelle des quanta. Le grand est ce qui participe au nombre grand , le petit ce qui participe au nombre petit : ce ne sont que des grandeurs relatives.

Ainsi les espèces du nombre, c'est-à-dire les nombres essences et les nombres quantités, d'une part, de l'autre la grandeur et le nombre ne constituent pas proprement un genre : c'est une catégorie qui rassemble des choses voisines les unes des autres, et dans laquelle elles prennent un ordre de valeur décroissante, Tipb; rot ttûojxw; xat oeuxÉpw; 1 : ce qui exclut précisément l'idée de genre.

* Enn., VI, 1, 4. varrjyopta avvâyovay. ra lyyhç... oux av vtoivôv x: ïyo:z.v •rcp'o; to-jtou; èxeîva, àXX'ï) ovofxa jjlôvov.

Aristote considère encore comme des quanta les mots du langage, le temps et le mouvement, mais des quanta par accident, xa-roc ffufj.êeêTjxrfç, et non en eux-mêmes. S'il en est ainsi ils n'appartiennent pas à la catégorie de la quantité. L'essence 'du mot est de signifier quelque chose, et non pas seulement d'être un son matériel qui seul tombe dans la catégorie du quantum. Le langage est essentiellement un mouvement, une activité, et comme il enveloppe une matière, il appartiendrait à deux catégories K

Quant au temps, si on le considère dans ce qui le mesure, il n'est qu'une intuition subjective, une forme de l'entendement ou de l'âme qui le mesure ; si on le considère dans l'objet mesuré, — et ce qui est mesuré est le mouvement, puisque pour Aristote le temps est le nombre du mouvement, — sans doute c'est un quantum, mais en tant qu'il reçoit une mesure déterminée, une année ou un mois par exemple; le temps en soi n'est pas une quantité. Sa nature propre est autre, <pu<nç xtç aXXir| La quantité, en toute circonstance, reste la quantité : le temps ne devient un quantum que lorsqu'il s'y joint une autre chose, la mesure.

Enfin il ne faut pas confondre les quanta avec la quantité même. Si l'on dit que le propre du quantum est d'être égal ou inégal, il s'agit du quantum en soi, de la quantité même et non des choses qui en participent, c'est-à-dire l'unité du nombre et de l'objet, et qui ne sont des quanta que relativement et sous un point de vue particulier. Ces quanta rela-

1 Comme nous le verrons plus loin, pour Plotin, la quantité n'est pas ce qui devient un quantum par une autre chose, mais, au contraire, ce par quoi les choses deviennent des quanta. C'est une espèce d'idée : « Ni le langage, ni le temps, ni le mouvement, n'ont cette fonction, c'est-à-dire n'enferment la quantité dans leur essence : ils ne font qu'y participer. Toute forme contient une grandeur et une quantité déterminées par l'essence et avec elle (II, i, 8). Dans toutes les espèces d'êtres, la quantité n'est déterminée qu'avec la forme. La quantité de l'homme n'est pas la quantité de l'oiseau. Donner à la matière la quantité d'un oiseau et lui en imprimer la qualité ne sont pas deux choses différentes. La quantité est forme, précisément parce qu'elle est nombre et mesure. »

tifs ne peuvent pas former un genre avec la quantité. Us ne constituent qu'une simple catégorie verbale, qui leur donne une espèce d'unité *.

Les relatifs, rà Trpo; n, dont Aristote énumère un grand nombre, n'ont pas entr'eux cette communauté qui constitue un genre de l'être, et c'est sous un point du vue différent de l'idée de genre, aÀXov rpoirov, qu'on les ramène à l'unité2. On peut se demander si la relation est une sorte d'existence, uTTOTracnç3, ou un état habituel, rs/lrs^ ou si elle est existence dans certains relatifs, mais non dans certains autres; enfin si elle n'est jamais une réalité substantielle. Il est certain et il est clair que la relation de la raison à l'objet qui peut être connu, de la sensation à l'objet sensible, de l'agent au patient, de la mesure à l'objet mesurable, a une sorte d'existence dans l'acte relatif à la forme de l'objet, ;juav nvà xa8 ' Èvépye'-otv &7cd<rTaffiv npoç ro xou £7ust7}tou dSoç.Il y a, par ce rapport, quelque chose de créé, d'engendré, àTtoYswwtxevov, différent des deux choses mises en rapport4. Mais dans les relations du semblable au dissemblable, de l'égal à l'égal, il n'y a plus rien que de subjectif; rien n'est créé; rien de nouveau ne s'est produit, oôx àTroyewwasvov. Tout ce qui se montre existait déjà. Dans l'un de ces rapports l'identité dans la qualité, toiûtottitoc ttjv èy tô ttoi'oo, dans l'autre l'identité dans la quantité, tocùtov sv tw tzogû, préexistaient avant le rapport, 7:po'j7:àp/£'. 7ipo t7\ç g/zvzu. Cette manière d'être, ayiatç^ n'est que notre jugement, ■Jjfi.sTépa xpfoiç, que notre esprit, que nousmêmes, qui comparons des êtres existant par eux-mêmes; c'est nous qui di-ons, sans qu'il y ait aucune modification dans les choses : ceci a la même grandeur, la même qualité que cela; celui-ci a fait cela; celui-ci l'emporte sur celui-là. De même le fait d'être assis et celui d'être debout, xàôuriç xal

1 Enn., VI. 1, 5.

2 Enn., VI, 1, 6. xoivotoî yevixv). Communie generica.

3 L'essence qui doit l'être à la simplicité de sa substance est une hypostase.

4 Le mesurage, la connaissance.

atà^ç, ne sont rien en dehors des personnes qui sont debout ou assises. L'efo, la possession, BixÔ&gi;, la disposition ou constitution sont des qualités. Le rapport n'existe que dans notre entendement qui rapproche dos termes1. De même dans les rapports de l'excédant et de l'excédé, du gauche et du droit" du devant et du derrière, le rapport n'a pas d'existence dans les choses, mais en nous qui les pensons, y 5è TCapaê.oX-y] Trap'vjuwv, oùx £v aùroî;. Quant à l'antériorité et à la postériorité dans le temps, il en est de même : c'est encore nous qui les pensons ; ce sont des formes de l'intuition.

Et cependant cette subjectivité des rapports n'empêche pas qu'il y ait dans la relation quelque réalité objective : sans quoi le rapport serait un mot vicie, xîvov ^ s/s?-.;. S'il doit y avoir dans l'affirmation d'une relation quelque vérité, il doit y avoir une certaine réalité. Même si nous ne le concevons pas ou si nous ne l'énonçons pas, le rapport du double au simple, du devant et du derrière, du droit et du gauche constitue un état de relativité, noo; xXXï|Xa a/ém, indépendant des termes mis en rapport; si nous constatons cet état, c'est qu'il existe, ^il; ZI ousav Ôewpou^v, et il existait avant que nous le pensions. Il y a là une réalité produite par le rapport

même, xb rîjç U7ro<7xà<j£(o; ih iy. tt); a/srsto;... u-iz/v. i) tr/éffiç, et

cette réalité dont Plotin ne définit pas la nature obscure, demeure dans certains rapports tant que les termes restent ce qu'ils étaient, et même si on les sépare; dans certains autres, elle ne subsiste qu'autant qu'ils restent rapprochés; enfin dans d'autres encore le rapport disparaît ou est altéré, même si les termes subsistent, par exemple, le rapport du gauche et du droit qu'on peut renverser sans rien changer aux termes. C'est cela surtout ce qui peut faire croire à la pure subjectivité de la nature de la relation2.

1 Enn., VI, 1,5. xt oùv av sîV] TCapà raOta... 5j f,aa>v tyjv 7tapâ8sa''.v vooOv-

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