‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 5)Chapitre 8 sur 43 · La surabondance de vie dans l'àme, nXsîwv Çu>rr · texte numérisé non relu

La surabondance de vie dans l'àme, nXsîwv Çu>rr

3. L'inclination ou l'amour de l'àme pour son image, pour son œuvre,

1 Enn., V, 1, 1. r\ irpcoTY} sxîpox/):... xô fiQ'jXrfîr^ au Éx-jxwv siVGCl.

2 Id., V, 1, 1. xô> Se aùxelouata) Y|<T8eï<rai.

3 Id., IV, 4-, 3. ovix àva(T-/o[xévy] xb sv.

4 Enn., IV, 8, 4 et 5. eiç (jlépo; sîva-.. . la-jxîov elvat, tandis que les hommes (II, 2, 2) sont une partie par leur rapport au tout, mais sont un tout indépendant en tant qu'individus et que personnes. II, 2, 2 : « izCl>; ouv avOpwuoi; v\ oaov uapà toO 7txvxbr, [lipo;* oaov ôï ocjxo\, oixsTov oXov.

5 Enn., IV, 4, 3. ofov TTpoxu^affa [ivr([J.Y;v lavir,; XafxSâvr.v. G Ici., id., 1. 1. xb a-jv?i; àa7raaauivrr

7 Enn., V, 1, 1. oLTzôazxaiz toO OeoO.

8 Enn,, IV, 3, 2. Il y a une âme qui est universelle, qui n'appartient pas exclusivement à un individu, \i-f\ xivo; slvx-. ; les âmes mêmes qui sont devenues les âmes des individus, ne sont devenues telles que par accident, xà; 8s ocra: xivb:, Y:yvsaOa: tcoxs xaxà (7"Jtxoîo/;xôç.

l'aspect d'une assimilation, avec la lumière que Plotin explique les rapports de l'âme avec son corps, il est utile de se rendre compte de l'explication que notre philosophe présente des phénomènes de la lumière. La lumière éclaire l'air et donne aux corps leur couleur ; mais elle n'est pas l'état, la qualité d'une substance et l'air n'est pas le corps dans lequel subsisterait cette qualité. La lumière est l'acte d'un sujet ; elle en émane et ne saurait, comme une simple qualité, passer dans un autre corps. Elle ne passe donc pas dans l'air ; seulement comme l'air est présent à la lumière, il en est affecté, c'est-à-dire éclairé et il devient lumineux; mais il reste en soi ce qu'il était, et si la lumière venait à disparaître ou s'il n'était plus soumis à son action, il redeviendrait ténébreux. Ainsi la vie qui est un acte de l'âme affecte le corps présent et n'en est pas moins un acte, s'il n'y a pas de corps pour éprouver ses effets1.

Il y a dans l'intérieur du corps lumineux un acte, une surabondance de vie, une source d'activité ; mais en dehors et au-delà de ce corps lumineux, dont l'essence est de rayonner, de projeter la lumière, il y a un acte extérieur, image de l'acte interne, inférieur au premier, mais qui ne s'en sépare pas tant que celui-ci agit et subsiste2. C'est ainsi que Damascius, interprétant cette théorie et l'appliquant à l'âme, distingue une double eXXaa^.ç, l'une immanente, inhérente, suspendue au corps éclairant et vivant avec lui dans une continuité parfaitement une, l'autre descendue dans l'objet éclairé , faisant partie de sa nature et subsistant en lui comme dans un substrat3. Ni l'une ni l'autre n'est substance4. Mais si l'objet dans lequel l'acte supérieur de la lu-

1 Enn., IV, 5, 0.

2 Enn.. IV, 5, 7.

3 In Plat. Parmenid., p. 314, ed. Kopp. Sitty] Se xa\ sXXajj^/iç, rj fj.lv axr)topr(tiivY) xoO èXXa{j.7corroç xat èy.dva) auwova-a xatà y.'.av cuvr/siav, y| os èjj.^uotjlvr, tô> eX).àpi7CO(j.sva) xat êxetvou yiyvop.évy] xat èv {ircoy.etjjivo) aÙTÛ)

4 Comme le font remarquer Olympiodore [in Alcib. Pr., c. 3) et Tliémiste (in Ar. de Anim., c. 32).

mière a fait rayonner une seconde source de lumière vient à disparaître, la première n'en subsiste pas moins : seulement n'ayant plus où s'étendre , où s'épancher, elle cesse de se projeter au dehors et demeure renfermée au dedans d'ellemême. Par là nous pouvons comprendre qu'il y a une partie de l'âme dans laquelle est le corps, comme l'air est dans la lumière1, et qui le fait vivre par sa présence et son rayonnement: c'est la puissance naturelle et génératrice2, et qu'il y en a une autre dans laquelle il n'y a aucun corps, comme la lumière qui ne trouvant plus de lieu où s'étendre, demeurerait et rayonnerait en elle-même : c'est la puissance supérieure et principale de l'âme 3.

La lumière est dans les corps colorés tant que ce qui produit la couleur est mêlé aux corps; mais la vie propre aux corps, les corps la possèdent tant que l'âme supérieure est présente à eux. Si le corps est détruit, la vie que lui prêtait l'âme n'est pas détruite et ne peut l'être, car elle est l'image de l'illumination première ; seulement ne trouvant plus de corps, elle remonte à sa source et se réunit à son principe4. C'est parce que l'âme est lumière et chaleur, chaleur comme propriété de la lumière5, qu'on peut expliquer que l'âme tout entière soit présente à toutes les parties du corps, auquel cependant son essence reste étrangère et dont elle ne peut recevoir aucune modification ; elle peut lui être ainsi à la fois présente et non-présente; c'est parce que l'âme est lumière et chaleur qu'on conçoit que nécessairement tout produit engendré est du même genre que ce qui l'engendre, tout en lui restant inférieur, parce que tout ce qui est engendré et procède, descend et s'affaiblit6. Le lien7 qui unit l'âme au corps,

1 Enn., II, 3, 9, 18.

2 Id., I, 1, 8. èXXâaucuaa. Id., II, 3, 17. z/lia-r.o'jux xai riico'j<ra.

3 Enn., II, 3, 9, 18.

« Enn.. IV, 5, 7.

6 Enn., III, 8, 5.

7 Id., V, 5, 7. ty]V ôs 7rpbç xb atb(xa xîj ^u*/*) xoivwviav *>) ^s^P? ôeffjiôç.

quel que soit le mode de cette union, ne se noue pas immédiatement; le rapport s'établit par un intermédiaire et cet intermédiaire est le pneuma1. Le pneuma est un corps aérien, éthéré ou igné, que l'âme revêt avant de revêtir le corps solide, de chair et de sang, de terre et d'eau, qu'ont tous les animaux. Répandu en nous, circulant autour de notre âme, ce corps se meut et meut le corps solide circulairement, obéissant au mouvement du ciel qui agite, comme le ferait le vent, la nacelle aérienne dans laquelle l'âme est assise et comme portée2. On peut objecter, il est vrai, que nos corps devraient alors avoir le mouvement circulaire; mais nous répondrons que l'élément sphérique de notre nature3, en devenant terrestre, a perdu la faculté de ce mouvement naturel qu'il possédait là-haut, et ensuite qu'il y a dans nos corps un élément auquel le mouvement en ligne droite est naturel et qui arrête ou modifie le mouvement circulaire que l'âme pourrait imprimer à son corps, mais qu'elle se donne à elle-même quand elle pense, en se repliant sur ellemême, ou quand emportée par les forces de l'amour elle tourne autour de son vrai milieu, du centre vivant de son mouvement, de Dieu4, comme un corps sphérique opère un retour sur lui-même par son mouvement circulaire.

Dans ce pneuma, qui nous est donné par le ciel et par les astres5, corps lumineux et diaphane6, réside l'âme végétative, si elle n'est pas ce corps même, quoiqu'il faille bien remarquer que tout pneuma n'est pas une âme, et qu'il y a des

1 Enn., II, 1,5. « Pour nous, ayant nos organes formés par l'âme végétative que nous donnent les dieux célestes (les astres) et le ciel môme, nous sommes unis au corps par cette âme. »

2 Ici., II, 2, 2. Ttap'r^îv to Ttvsûpia to rcep\ 4*uxV« Id-> IH> 4, 6. usptayouffï); 8s t>(: Trep'.cpspà; aicntcp TivEu^axo; xov èwi t/j; vsoo; xaOr^évov r\ xa\

Ç£pÔo.£VûV.

3 Ici., II, 2, 2. to açaipoetSeç r)U.a>v oùx euTpo-/ov.

4 Enn. II, 2, 2. <\>-JX'h ètrct irepiftéouna xbv 8sbv oc^cpayauaÇeTxi xai rcepi cc'jtûv a>; otôvte autî] '£•£&.,. ouxw y.a\ toOto.

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