‹ Histoire de la psychologie des GrecsChapitre 10 sur 12 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE iJUN EN NOUS ET DE L't/iV EN DEHORS DE NOUS.

L'unité est le caractère éminent de toute perfection : si elle ne se confond pas avec l'être, car il n'y a pas toujours proportion entre les degrés de l'être et les degrés de l'unité, du moins elle se confond avec le bien de l'être. Toutes les choses tendent non seulement à être, mais à leur bien-être, qui est leur unité. Tous les êtres qui ne sont pas uns s'efTorcenr, dans la mesure de leur puissance, de le devenir. Les êtres que leur nature rapproche les uns des autres veulent de plus être uns avec eux-mêmes*. Les êtres individuels ne tendent pas à s'éloigner les uns des autres; ils tendent au contraire à s'unir. Toutes les âmes voudraient ne former qu'une seule âme. Partout Tun règne; il est le point d'où tout part et où tout s'efforce d'arriver. C'est la loi universelle de la nature qu'on observe même dans les arts dont toutes les œuvres aspirent à l'unité.

Tous les êtres ne sont êtres que par l'unité*, et non seule-

> Enn., VI, 2, 11. Ivo0(j6aî autoî; OlXovta.

' Id.y VI, y, 1. uavia xà 6'vTa tw i'c èar.v ovta. VI, 5, 1.

33i HISTOIRE DE LA PSYCHOLOGIE DES GRECS

un avant raffirmation de la raison. La notion de l'antre et du différent est postérieure à celle de Tun et en dépendent. L'un existe donc; car on ne saurait concevoir que ce sans quoi on ne peut rien affirmer, rien concevoir, ce qui est nécessaire à Texistence de tous les autres êtres n'ait lui-même aucune forme d'existence*.

Sans doute sa nature est difficile à concevoir et peut-être impossible à définir. Nous tournoyons autour de lui et en dehors de lui*. Mais nous concevons très clairement qu'il existe et qu'il existe nécessairement, parce que nous éprouvons, dans notre être, des impressions exprimables et définissables lorsque nous nous approchons de lui, ou plutôt lorsqu'il s'approche de nous^. L'existence de Dieu, du bien souverain nous est attestée par la conscience; car le désir ardent avec lequel nous nous tournons vers lui, est accompagné d'unedouleur, qui naît de ce qu'il nous manque : nous avons conscience alors qu'il manque quelque chose à notre essence *. Or, puisque nous le concevons comme existant et que dans quelque mesure nous concevons sa nature, c'est qu'il est en nous ; car nous n'avons d'autre moyen de connaître les choses que par un contact, £<px7rTO|ji£voiçS. C'est par sa présence, TTxpouffia, qu'il se révèle à nous, lumière plus claire que la lumière de la science et de la raison. Mais pour cela il faut que celui qui veut l'approcher en soit capable et digne, c'est-àdire soit devenu semblable à lui et par conséquent un s, et de plus ait en lui une sorte de foi, une foi de raison ''. Cest comme la sensation du divin.

« En7i., VI, 6. 12,

« Id., VI, 9, 3. o:ov 6Çw6£v TtspiOéov.

3 Enn.y V, 5, 11.

* Enn., VI, 7, 2i-26.

s Enn., VI, 9, 4. ofov Eça^"*»^»'- ^««1 Oiyeîv. L'acte par lequel nous concevons l'un n'est pas à proprement parler une pensée scientifique, vôr,(Ti;, comme colle par laquelle nous concevons les autres intelligibles : c'est une vision qui implique la présence de l'objet, icapouasa.

• Id.y VI, 9, i. eî; ev avvax^iv, concentration intérieure.

' Id.f VI, 9,4. Xiyov xa'i irtffTiv çep'ia'JToO. Le plus souvent, lait-çTi;, dans

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