THÉORIE DES INTELLIGIBLES
T. a raison se crée en quelque sorte elle-même; le développement des intelligibles dans la raison par la raison est une organisation de la raison par la raison ; car la division ne laisse pas les parties obtenues se placer au hasard, à côté ou au dessus les unes des autres. Il y a là aussi un ordre naturel, dans lequel elles s'enchaînent et tantôt se coordonnent, tantôt se subordonnent. Si la raison se détermine ainsi par un acte opéré sur elle-même, si elle s'organise, c'est qu'elle avait en elle-même non seulement le principe de la division, mais le principe de l'ordre. Les actes divisent, et si les intelligibles contenus dans la raison y sont distingués et séparés, c'est parce que la raison est un acte*. Dans la raison, le principe de cette évolution ^«st^en elle, les choses étaient déjà distinctes par leur essence, et on peut dire que cette distinction est leur principe d'être, leur fondement réel 2. En ce qui concerne l'antériorité et la postériorité des intelligibles et des idées, il ne faut pas la concevoir non plus dans le temps, mais dans l'ordre, èv tâÇei. Cet ordre se voit non seulement dans le tout et ses parties, mais dans l'unité même de l'être sensible, d'un végétal par exemple, que l'œil aperçoit d'un seul coup un et entier; on conçoit là, depuis
* Enn., IV, A, 1. aï yàp èvIpYetai où xax'^va. /d., V, 3, 15. Siexlxptxo xio Xôyw. IV, 5, 1. Sxav ev ti Siaipf^ xat àvoticxytnj t) £V tw vw tirfir^xon.
* Id.y IV, 4, i. TÔ TOioOxov oiov êvaicepe^a'.ç' (Ji^XXov.
Î70 HISTOIRE DE-I.A PSYCHOLOGIE Dl>
acte ou du moins l'acte serait divisé en différence, et l'une des espèces serait une sidère que le mouvement est imparfait.
n'est pas un acte, mais parce qu'il eii^ la succession, th ^ihv. Mais ce n'est i>:iîmperfection qu'il se répète, ce n'est | il l'est déjà, Un yStp rfir^; c'est pour iilaciiose, qui est le but etdoitètre l'i'i' fère de lui. Ainsi la marche est m;n mier pas; celui qui se metjl, s'est ilest parfait. C'est seulement Ve>-\n'être qu'imparfaitement parcoit> n'a pas, plus que l'acte, besoin d; tant que mouvement déterniin acommencé de toute éternité, c temps où il ait commencé, el ; est parfait. Les péripatét négligent cette distinctit tinction qui n'est nécessj vement et de l'acte. Ils instantanés, c'est-à-dire font naître le mouvemen vement ne serait-il pat temps, et pourquoi alor quantité ?
Veut-on mettre le mo des relatifs, parce que 1 agent, et le mouvement ( moteur, et qu'ainsi ils nef part ' ? Maission ramène clioses qui ont uu rappt toutes les choses sontliéi tomberont toutes dans
' Km,., VI, 1, 17.
i>l-:S INTELLIOiBLES STS
comme Iiomi-aŒx^ i"** '^ .. j * ■ i ■ -.<
■ ^iins être des contraires, la passivité
des cboœ. 1=.. «ta» k»^^ , u ■ -, i ,
.— --être assez pour qu on hésite a les ra-
• , __ : mais comme ces mouvements sont
:iis, ailonoaci;, c est-E-dire des mouvesinie. b BttîiDii-- J »•*• " , ,
, on pourra les ramener au genre de quelque âa^ : =~ *"
eiislemaftitiei*!
aération est action, même quand l'être iible;caril peut être ii la fois impassible
tÎMlS. IrtOk Mite ---^ , , . , . , , ,
is amené a considérer les rapports do pa^r . j. . c- . ^ .^ ^^j g^jjj nombreux et divers. i=Mirau: .it-i-, at^i: n.[|Q,jg auxquelles ne correspond aucune emoffiaaiBifja ^ actions de la sensation et de la raison ;
M ofi ja» ;jni:j- ■ [uelles il y a à la fois action et passion, par un (Kartaiar.iŒ: ti-ment : la main qui frotte est par là même oïLfkmitt:- iiL,. ...pg frotté par elle est en même temps frottant, diviser aaeLar- ,ieux mouvements : iî n'y en a qu'ua, actif, si pat luinïi iBc. liaiis le moteur d'où il procède ; passif, si on le deuijon&iK: i l'objet où il passe*. II y en a d'autres oCi ce qui M Iniv».aK.^-^ pas une passivité correspondante, mais cause qoantilr^», ,i;itig l'objet un état passif, et cela manifestement
itoai» emcnt, comme dans la section ou division, tulîîtiç. ^s4i^ autres ou l'état passif qui accompagne l'action est foimimm -o dérobe, comme dans la marcbe, et parfois se 1> vl>« olument, comme dans le mouvement qui fait paspw le destine, comme
e^n ant, dans la forma'
lii^ 'e actif perd ce que
}■■ très où il gagne au
!•«< n où l'état prétendu
■H idre et voir ^.
9Mb Bnitioii de l'agir et
tf. l'un acte qui passe
quelque chose qui n*estpas substrat et lui est extérieur. C'est ce que n'ont pas vu les stoïciens.
S'ils prétendent que la matière n'a pas besoin de ce principe extérieur et actif, et que par elle-même elle peut prendre les formes et devenir toutes choses, elle cesse d'être un substrat des choses : elle est les choses mêmes, et alors ces choses perdent leur réalité propre et ne sont plus que la matière ayant pris une manière d'être déterminée. Les choses disparaissent; la matière des êtres disparaît : il ne reste plus que la matière en soi, abstraction qui la détruit elle-même ; car la matière est toujours la matière de quelque chose, un relatif, :rp<5; ti Mais le relatif pose l'existence d'un corrélatif, qui diffère de lui mais doit être du même genre et n'en peut être la substance. Le double n'est pas la substance de la moitié. Mais puisqu'en dehors de la matière il n'y a rien, quel corrélatif lui concevoir? Il n'y a pas de relation, si ce n'est accidentelle, entre l'être et le non-être. Dans ce qiii est par soi, comme on imagine la matière, la seule relation possible est celle de l'être à l'être. Mais cette relation même n'est concevable que de l'être en puissance àl'être en acte. La puissance est ce qui doit être et n'est pas. La matière est cette puissance : elle n'est donc pas substance. Ainsi voilà tout le monde réel, les corps simples, les corps animés, qui perdent leur réalité substantielle. Ce n'est pas l'âme, c'est la matière qui donne aux êtres animés leur substance ; l'âme n'est qu'une modification, un état passif, ira07i[;a, de la matière. Mais d'où la matière a-t-elle donc emprunté la vie et l'âme ? L'âme n'a-t-elle plus de réalité substantielle ? et la matière elle-même, comment subsiste-t-elle ? En admettant même que la matière devienne les corps, l'âme est encore quelque chose qui diffère d'elle ; car si la forme qui s'ajoute à la matière ne venait pas d'une âme, principe de la vie, les corps ainsi formés seraient sans vie et sans âme, a^f u^a, et une telle combinaison ne saurait engendrer une âme. Si l'on dit qu'il y a un quelque chose, tI, qui façonne et crée l'âme, c'est tout simplement poser deux
chose que les substrats et que la matière, puisqu'ils les placent au second rang dans leur table, SeuTepz xaOT^p'.Ofiouv. Mais s'ils diffèrent de la matière, erepoc, ils sont ce qu'elle n'est pas; il sont donc simples, non composés : c'est-à-dire qu'en tant que woià, ils n'ont pas de matière. Les qualités sont ainsi pour les stoïciens autre chose que pour Aristote, qui en fait une propriété accidentelle. La qualité est pour eux un principe incorporel et actif, en opposition à la matière, principe passif; mais c'est là une conséquence absolument opposée à leur doctrine qui n'admet que la matière*. S'ils disent que les tzoix sont matière comme les substrats, la distinction des deux catégories disparaît, et la division est absolument illogique, puisqu'elle coordonne comme espèces, d'une part, des choses simples, d'autre part des choses composées qui ne peuvent se ramener à un seul et même genre, met l'une des prétendues espèces dans l'autre et viole ainsi le principe constitutif des genres K
Le iroidv des stoïciens est la notion, l'idée, Xdyo;, qui donne une forme à la matière informe et indiflférente, qui en fait ainsi une matière qualifiée, uXtjv ttoioLv. Ces principes rationnels et actifs des choses, XcJyoi dntp^^-cixoiy sont dans la matière, evuXot, mais ils ne sont pas nés en elle, oùx êv uXt) Yfivôjxevoi; c'est-à-dire qu'ils ne font pas partie de sa nature. Ils concourent avec la matière, dont les stoïciens les distinguent,
* De l'ensemble de rargrumcntation et de la phrase ôcUTspx xaTr,ptÔ{ioOv, comme aussi d'un passage de Plutarque {adv, Stoïc.^ M), Trendelenburjr a conclu avec beaucoup de vraisemblance que les catégories des stoïciens étaient subordonnées les unes aux autres et formaient série; la catégorie antécédente se retrouve dans la suivante avec quelque chose en plus; en sorte que les trois dernières catégories devraient être désignées comme il suit :
La deuxième : ûicoxet(ieva nota.
La troisième : ûiroxeiueva icoii «co; ^^ovta. La quatrième : OnoxEifieva itoià icp6; ti icco; ^x^vta. i
La catégorie inférieure suppose toujours celle çui la précède et dans | laquelle elle est enveloppée.
* Enn,, VI, 1, 29. àxoico; yj Siatpeot; ànX& xa\ ovvOETa avTifiiaorlXXo'Jffa xs( i
xaûta ôç'lv yévo;. '
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