‹ Histoire de la psychologie des GrecsChapitre 5 sur 12 · LA SENSATION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LA SENSATION EN GÉNÉRAL

La loi (révolution sériée qui domine le développement de tous les êtres s'applique naturellement à leurs puissances que l'abstraction seule et le raisonnement détachent de leurs substances respectives. Les puissances de Tâme sont ainsi non-seulement liées entr'elles par un lien continu, mais elles dépendent dans l'existence les unes des autres; elles se déroulent, se développent les unes des autres, les inférieures des supérieures qui les contiennent, puisqu'elles les produisent. Toute chose engendrée par une autre ou qui a besoin de cette autre pour naître est dans cette autre. C'est ainsi que les facultés de Tâme restent inférieures.par rapport à celles qui sont placées plus haut dans Tordre de l'essence*. Nous ne passons donc pas brusquement, mais au contraire par

* Enn.^ 11^ 9, 3. icap'oXXwv etvai... EfÉÇyj; elvat TiavTa oXXi^Xo'.;. VI, 7, 9. è^c>'.TTÔ(i£va'. yàp ai £uvd(xeic àci £Î; tô àvw xaTaX£:uo*j<ji. VI, 4r, 10. toutov 6È TpÔTtov xai xàc a^rOeve^nlpa; 6uvâ(ieic napà ttuv npoTêpc^v à^toOai YtyvEoOai. Conf. VI, 8, 10; V, 5, 9.

une série d'intermédiaires de la vie de sensibilité dont nous venons d'analyser les phénomènes à la vie do la raison, vie propre de Tâme. L*àme est supérieure à la nature, parce quelle est pleine de formes, parce qu elle a la pensée, Oecop^s, la passion de la science, de la recherche, et le besoin de mettre au monde quel<iue chose tiré de ce qu'elle connaît*. Pour arriver à cette forjne supérieure de la vie nous avons & traverser les degrés de la sensation, considérée comme faculté de connaissance, de l'imagination et de la mémoire intellectuelles, quoique ces puissances soient encore liées à la mise en jeu d'organes corporels. Placée aux confins du monde sensible et du monde intelligible., l'ûme peut se porter également vers ruii et l'autre, et puis qu'en tant que limite elle leur appartient à tous les deux, il est naturel que dans la plupart (le ses opérations et de ses puissances intellectuelles nous rolrouvions les deux éléments concourant à la production d'un seul <^t même acte-.

L\\ sensation externe, r^ ê;(»), ou vj e;i; ::aOTr|TixT^, a déjà impi'injé des loimos générales, tOttoi, à Tanimal, formes qui sont dos inlolliglbles, mais dontlTune sensitiven'a pas conscitMico. La sensation interne dcmt l'autre n'est qu'une image, la sonsaiion do rame, a la puissance de saisir non pas les objots sensibles oux-m«Mnes, mais les formes déposées dans lïinio senshive i)ar la sensation passive, et cela sans subir elle-niénio aucune niodilication passive, pz'écisément parce (jue ces formes sont des intelligibles «^

I/ànic est ici active, tandis ({uo dans la sensation externe elle est passive, TraOT.Tix/,. C'est de ces types des choses que

• ICnJi., III, H, .*■». To yi/.ouaOi;... tô ^r,':r,z'.y.'jy... f, il o)v k'yvwxs J)5j;.

* rjntf., \\\ i. li :-IN', 0, î). Tsô; ri'j^»} ï/î*.... xv {xiiM oa oùaz xiaOavEToe'. kuz'jV'. IV. 8, S. z'x-'x oî 't''j"/'"i i/^i ''• >ta; toO xoétw Tipô; <jm[loi xai toO àvw 7:;.o: voûv. III, 8, 11. ti.iTr.v toc;'.v ;v to'.; o'j<7:v er'.'T/oOcrav Ossac(J.Èv pioîpx; O'jaav, èv i'7/-iTfj) oï ToO urif'.fi^j o*j(rav, o); ouopov o-jtxv r>, alaOr.rr, ç'j<7£t.

•^ l'inii., ], 1, 7. TT.v f,:, Tr,; 'î'V/^.' ''■'■-^ airrOivETOat O'jvafjitv o-j t(ov ai<rOr,T(ov eîvai oîi Twv ol iûo t?; xîcOr.o'îO); Ivv'.-vopLlvtov tô» ÇfiV}) 'Z'jr^ui''i àvtiXr,imxr,v

Loin que Tactc de la vision exige que l'image de l'objet soit dans l'àine, il exige qu'elle n'y soit pas. L'dme supérieure aux choses sensibles n'en peut subir l'action ni recevoir d'elles les formes. Sentir n'est pas souffrir de la part du sensible : c'est un acte qui a pour objet le sensible ^ Supposer que rame reçoit des objets un coup , i:Xy\yr^ , c'est la mettre en état de passivité et non de connaissance, :ri<r/tiv, àXX'où yiYvtodxeiv. Pour Connaître, l'àme doit être maltresse <le l'objet et non pas en être maîtrisée, ou xparcïv BéSorai; àXX 'ou xpaTsïdOai. Cela est vrai de tous les sens : les sensations sont toutes des actes de l'àme et non des états passifs, des impressions reçues. Il faut toujours distinguer et les impressions, Tot 7:âOr„ et Ics seusatious qui sont des connaissances et des jugements sur ces impressions et en sont par conséquent très différentes 2. Sentir c'est l'acte de l'âme par lequel, en se servant du corps, elle perçoit les objets sensibles 3. Les sensations sont des pensées affaiblies et obscurcies, àfiuBpal vor,Tei;, comme les pensées de l'homme intelligible sont des sensations claires*. Ce sont des pensées obscurcies, parce que la sensation est la fonction intellectuelle de l'àme endormie : c'est le rêve de l'àme; car tout ce qui de l'âme est dans le corps est plonj^'é dans une sorte de sommeil. La vie vraiment éveillée de lame counnence quand elle se sépare ou quand ('11<' est séparée du cor])s'».

La i)ercrptit)n scMisihle est un<^ assimilation du sujet sentant et dr's formes sensibles. ï^i rame accomplissait seule et par elle-nirmo cet acte d'appréhension, la sensation serait un acte d'intellection pure, et les objets en seraient en elle, seraient elle-méuie. 1j*s choses sensibles ne sont pas dans ce

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