‹ Histoire de la psychologie des GrecsChapitre 7 sur 12 · THÉORIE DES SENS PARTICULIERS · texte numérisé non relu

THÉORIE DES SENS PARTICULIERS

La connaissance sensible s'opère par des organes corporels; par ces organes liés ensemble et continus de manière à former une sorte d'unité, Tâme entre en rapport intime, cuvajpr,, avec les objets extérieurs, se rapproche d'eux et établit entre eux et elle une sorte de communauté d'affection, o{Ao:raOe^a; tivoç. Mais Cette espèce de <TL»va<pT^ des organes et des objets extérieurs est-elle un toucher immédiat, àcpi^? Pour le sens du tact la chose semble évidente ; il n'en est pas de même pour la vue et pour Touïe, les deux seuls sens sur lesquels Plotin expose une théorie expresse.

Un intermédiaire matériel entre l'objet et l'organe est, diton S nécessaire pour recevoir et transmettre l'affection et en quelque sorte rcmpicinte. Il n'en est rien, du moins pour la vision dont nous allons nous occuper d'abord. S'il y a dans cette sensation un médium, à coup sur il nest pas nécessaire, essentiel, mais accidentel; car si on le suppose diaphane, il ne contribuera pas à la vision; si on le suppose obscur, il sera un obstacle, puisque la fonction de l'œil est précisément d'être afï'ecté par la couleur et qu'il remplira d'autant mieux cette fonction qu'il n'y aura rien entre l'objet

* Env.. IV, 5, I. c'jv-pya av ti; (Aristotc) Osir,. Aiistote {(h: An., Il, 7} : « Lit UKMlium cï^t indispcnsabl*', vl si lo vide existait, non sculrm^MU on no voirait pas bien, mais on no venait pas du tout «. Piolin ivfuto la tliuorio d'Aiistoto comme coUf do Platon.

C'est nous qui sentons; mais sentir n'est pas notre fonction propre, bien qu'elle ne cesse jamais pendant la vie. Les actes de la raison pure sont supérieurs à nous; les actes de la sensation sont au-dessous de nous^ Entre ces deux extrêmes se place la puissance intermédiaire, la raison discursive, qui non seulement est nôtre, mais est notre fonction propre, tI»

xuptov tI 8iavoTr|Ttx4v tt^ç ^«X^; jxéaov *.

« Enn., V, 3, 3.

passivité, mais qui, par ses rapports de vie commune avec l'autre a pu s'élever et s'anoblir, peut aussi chercher à se rappeler les actes de celle-ci. Mais le fait dominant, c'est que l'âme supérieure cherche à oublier les choses d'ici-bas, à moins que sa vie n'y ait été si parfait* que ces souvenirs ne lui offrent rien que de pur. Même en ce monde, on peut dire que l'âme pure est oublieuse ', oublieuse des passions, des préoccupations, des affections étrangères à sa vraie nature, parce qu'elle veut vivre tout entière dans l'intelligible, comme Hercule dans le Ciel, et, s'il se peut, dans une région plus haute encore et plus sainte.

Mais si l'âme supérieure parvient à se séparer complètement de son image, à vivre entièrement de sa vie propre et pure de tout commerce avec l'autre, quels peuvent être alors ses souvenirs ^ ? Au commencement de cette existence d'audelà, comme elle a été attirée dans le corps et a vécu d'one vie commune avec lui et avec l'âme inférieure, elle se souviendra de tout ce que l'homme a fait ou éprouvé ici-bas.Mais après un certain laps de temps écoulé, d'autres souvenirs lui reviennent, les souvenirs des existences antérieures à la dernière, dont elle laisse tomber dans l'oubli quelques-uns qu'elle prend en dégoût; puis, lorsqu'elle en est tout à fait purifiée, elle retrouve les choses qu'elle ne possédait pas icibas'.

Si maintenant elle rentre dans un autre corps humain, ses souvenirs auront pour objet l'existence la plus récente d'où elle est sortie*, et beaucoup de faits des existences antérieu-

' Eitn., IV, 3, 3Î. iit')if,o|iovi av ti; Hyu-v ru* nï»ïïi« àpSù;.

* Enn., IV, 3, Ï7. îj liifa ifu-/', inaW.oïeîoa côvi].

' 1*3 idées dont la réminiscence lui donne sur la lorre une vision

icortaine et voilée et nou une possession pieine et sûre.

sage qui, conacienci nouvelle;

des opinions, use des images comme d'une matière ou à peu près. L'imagination, quelle que soit la vivacité de ses actes, ne parvient pas à voiler Tâme et est souvent éclipsée par elle. Quand bien même elle l'assaillirait de toute sa force, elle ne supprime ni ne cache la faculté de Fâme qui agit dans l'opinion: la seule chose qu'elle peut faire c'est que Topinion s'assimile à elle et manifeste son activité par des images. Mais l'âme a en elle des énergies et des raisons opposées à l'imagination et par lesquelles elle écarte les éléments étrangers qui voudraient s'introduire en elle et troubler la pureté de son essence*.

* En7i.ylll^ 6,15. où6è êitoîYjacv aÙTT)v...xExpu90ai xat tci auxtiv ç»vTatCea6at. Je no me vante pas d'avoir bien saisi le sens de cet obscur passage. Je serais satisfait de lui avoir donné une interprétation raisonnable et claire.

duit lorsque la pensée se retourne sur elle-même, ivaxaixTc- TovTo; ToQ vor,(jLaTo;, lorsque le principe psychique de la vie est, par son acte propre, répercuté pour ainsi dire comme dans un miroir *. Le sujet pensant est à lui-même comme un miroir où il est réfléchi et où il se voit. Dans cet acte l'être se dédouble donc malgré son unité; il se possède lui-même comme une chose difl*érente^ et lui-même se connaît différent de ce qu'il connaît.

L*âme une se voit double; elle constate en elle et voit la différence, tandis qu'elle voit la raison pure comme un, et tous les deux réunis comme un 3.

La conscience n'est pas la condition nécessaire de la connaissance pas plus que du bonheur. L'âme peut posséder une chose sans avoir conscience qu'elle la possède, et môme la posséler ainsi plus fortement que si elle avait en même temps conscience de la posséder; car alors elle devient ce qu'elle possède. Cet état, qui sous un point de vue est passif, Tr-iOYjtxa, tantôt la fait tomber et déchoir, quand elle s'est portée vers les choses inférieures pour les posséder, et qui pour ainsi dire maintenant la possèdent*; tantôt au contraire l'élève, quand elle tend à posséder le divin sans pouvoir le décrire ni même avoir conscience qu'elle le possède^. Ce sont même les états d'âme les plus sains, les plus conformes à sa nature, qui se dérobent le plus volontiers à la conscience. La plus haute activité de l'âme, la raison est inconsciente, parce que la partie sensible de Tàme, à laquelle appartient réellement la conscience, n'est pas touchée par cet acte. L'âme dans son état parfait, dans sa condition absolument incorporelle est sans consciences^. Nous

' EfUi.f I, 4, 10. ToO evcpyoOvTo; toO xarà ![r,v xr,; 'V'-'/>,; o.'ov arcocClivro;

2 I(î., IV. 4, 1. (o; i'/Xo r/ît a>.).o; aCtô; ùi^j.

^ Enn.j IV, 0, 2. aj'r.v ^.îv rj <]^u*/y, 6"jo xa\ to; eTîpov op5, voOv 6è êv, xa\ à'jji^o) Ta ô'jo ëv.

* Knn., IV, 4, 4.

^ Enn., V, 8, 11.

fit HISTOIRE DE LA PSYCHOLOGIE DES GRECS

sage en perdant la conscience qu'il est sage, n'en devient pas pour cela moins sage, pas plus que Thomme bien portant ne cesse de se bien porter s'il n'a pas conscience qu'il se porte bien. La sagesse et la pensée ne sont pas pour nous des choses adventices, ÈTraxTou; elles nous sont immanentes, et de notre essence même. Elles ne disparaissent ni dans l'incons cience ni dans le sommeil.

Plotin distingue plusieurs formes de la conscience :

1. La (xuva^ffOTjaiç, appelée quelquefois simplement aîaeirifTK, qui consiste dans la connaissance que l'être a de l'unité des parties qui le composent; elle accompagne, TcapaxoXouOTj^tc, tous ses actes sensibles, tûv SvSov yiYvofiiévwv ffuva^ffdTjŒiç *, et par conséquent enveloppe l'idée de l'âme unie avec le

corps * V >i ffuva^a07|(ii; t^ ttj; ^«X^Ç eTScdXov [xeri tou a(ou.aToç e^^ct.

Toute conscience est la conscience que les parties multiples qui concourent à former un être constituent un tout ^ :

2. L'àvT^Tj'fiî, qui consiste dans la connaissance que l'être a, en restant un, de se dédoubler, de devenir deux, et dans la connaissance de lui-même comme de quelque chose qui s'oppose à lui, àvT^. C'est Topposition du sujet et de l'objet dans la conscience de soi, c'est-à-dire la conscience de l'identité dans la différence 5. La conscience porte encore le nom de [xvTjfiLYi, parce qu'elle ne consiste pas exclusivement pour l'âme à prendre connaissance que c'est elle qui exécute les faits psychiques au mornent même où ils s'accomplissent. Ta êv eauToi : conscience que désigne bien le mot, TrapxxoXouOciv

1 Enn.,\y 3, 1. Id,j 1, 1,11. C*est laBewusstsein. Les animaux n'ont pas cette conscience, parce que, môme s'ils ont, comme on le prétend, un»^ âme humaine, la Siâvois est en eux comme si elle n'y était pas, nxpôv oCi iripîffTiv aÛTol;. La conscience ne naît en nous-mêmes que lorsque, avec l'âge, l'élément supérieur de l'àme a pénétré jusqu'au centre de notre être, àvT'.AY)^t; Sel YéveoOxi otav (i.£xpi '^oO (léiov fjxv).

4 Eni\,, I, I, 11.

' Jd., V, 3, 13.

* Conf. /rf., IV, 3, 16; I, 4, 18; III, 9, 3.

^ C'est la Selbstbewustsein.

et les attributs qui le déterminent ; quand il a dit : cet homme est Socrate, le prédicat lui a été fourni par la mémoire; mais s'il dit : Socrate est bon, la notion de bonté ne lui est fournie ni par la sensation, ni par Timagination, ni par la mémoire : il Ta donc tirée de lui-même ; il la possédait donc en

lui-môme, V)8y| irap 'aO-v]; av e/oi xavdvx e/ouTaToG àyaOoîî Trap'aur^.

Mais si l'âme, dans cette activité raisonnante, possède l'idée du bien, c'est qu'elle est quelque chose de semblable au bien par son essence, àyaGosiBr,;, et si elle a cette forme du bien, c'est qu'elle pense le bien*. Nous dirions que Tâme a la conscience morale.

Mais cette forme nouvelle, qui a donné àTâme lasensation du bien et du juste, et par là môme le contact avec elle-même puisqu'elle est devenue semblable à l'objet qu'elle a pensé, n'est pas le développement naturel de son essence propre : c'est une transformation qu'opère en elle l'illumination de la raison en soi. L'àme devenue raison pure n'est pas la raison en soi ; la raison pure qu'elle possède par la pensée lui vient d'ailleurs que d'elle-même, lui vient du dehors, e^raxto;, et râino a conscience qu'elle lui vient du dehors ; par là même elle reconnaît l'existence d'un monde intelligible dont elle sait qu'elle dépond -. C'est ce monde qui, répandant en elle ses rayons de lumière, la rend intellectuelle, vospà. Les principes du raisonnement, comme les principes de la vie morale, n'appartiennent pas à rànie, quoiqu'ils soient dans l'àme. L'àme ne se suflit pas à elle-même, ne s'explique pas par elle-même. Souvent ces principes s'éclipsent en elle et se dérobent; elle ne les possède donc qu'en puissance, c'est-à-dire qu'elle est seulement apte et disposée à les recevoir : ce qui lui prouve qu'elle a au-dessus d'elle et au dehors d'elle un principe supérieur qui les lui communique et nécessairement alors les

* /'w/;^, V, 0, i. àyaOoîi^r;; y as x'ô t'> àyxOby voîÎv.

- Enn., V, 0, i. 'I^u/r, a';v èrraxiov voOv ïyt\ è7:'.-/pwvvuvTa aÙTr,v voepàv

LKS Pi;iSSAXCIvS DR L'AMR CAPABLE DE CONNAITRE iLVJ

possède eu acte, éternellement, indéfectiblement : c'est la raison vraie, la raison en soi *.

Par Topcration génératrice de cette raison Tàme devient pour ainsi dire raison ; elle atteint son uiaxiinum de pureté, c'est-i\-dire de puissance, parce qu'elle a reçu des traces de la raison, voO U/ztcli e^rixEiaevai/vT) -. Tant que l'âme ne sort pas du domaine propre de l'entendement discursif, elle se voit double et difTorento: ajTVjvuLlv vj 'f ^/;'l Suoxa\w;£T£pov6px. Quand elle s'unit par une sorte de vision à la raison supérieure qui réclaire, quand elle voit et regarde en elle-même les intelligibles que colle-ci lui communique, il semble que la dualité s'efface en elle, et que les deux choses, elle-même et la raison ne font plus qu'un 3. Elle est et se sait une image de la raison, Eixwv voo, le verbe et comme l'acte de la raison, l6^o; voO xat hiz^fzii Ti;. De même que le verbe extérieur est l'image du verbe intérieur, Tâme est comme le verbe et l'acte de la raison ; elle en est l'activité, la vie qui s'en échappe pour former une autre hypostase, comme le feu, dont l'essence est la chaleur, émet au dehors une autre chaleur suspendue à la sienne, mais cependant encore diflérente. De même la raison engendre l'àme, qui est après elle la plus divine des choses, car elle la touche intimement. Quand ce rapport est intime, on peut dire que les actes intellectuels senties actes de l'àme et lui appartiennent*. De même que le langage émis par la voix est divisé et multiple par rapport à la parole intérieure de l'âme, de même le verbe de l'âme, 6 sv -lu/j, Xdyo;, qui interprète et exprime la raison, est divisé et multiple par rapport â elle.

* Enn.y V, I, il. «^ux^i^ Xoy'-sOP^svy;; si toOto xaXbv, àvayxyj etvai xai Idtw; Ti ûtxxîov iqp'o'j xa\ «5 Xoyiffl^ô; irep\ ^'J'/rc^ ytveTxi.

î Id., V, 3, 3.

3 Enn.^ IV, 6, 2. voOv 6à Ev xa\ âpiçb) Ta 8"jo ev.

^ Enu., V, 1, 3. Oc'ÔTSpov -cb ^'J'/(^T^z itpb; to avw ysirôv/jiia |isO *6 xott àç *ou r, 'J/j-/r,... ovJtx àub voO voîpâ è(TT'. xai ev XoytTao'.; ô voO; aOTrjc».. o^av yàp èvî^r, eI; voOv, k'vooûsv ïyzi xai oîxsia a vost xa\ èvspye?.. V, 1, 7. ^u*/r,v yevvà voO;... voO 3g yévvrjiia Xôyo; tiç.

ncl des choses et arrive à posséder la raison ^ La science qu'elle désire trouver c'est la dialectique, c'est-à-dire l'étiit mental qui nous met en mesure de raisonner sur toute chose -, de découvrir son essence individuelle, de déterminer on quoi elle diffère des autres choses et quels sont les caractères qu'elle possède en commun avec elles, de fixer le lieu qu'elle occupe, d'examiner. si elle est ce qu'elle est ^ de connaître en quel nombre sont les êtres véritables, les non-êtres et les choses qui diffèrent des êtres.

L'âme n a pas pour fonction unique de connaître et dépenser, car alors elle ne différerait plus de la raison ; elle exerce sur les choses extérieures et sur elle-même une domination, un gouvernement ; elle dépose dans les choses qu'elle gouverne selon la raison l'ordre et la beauté* dont elle a le sens, qu'elle sait comprendre et goûter dans les choses de la nature comme dans celles de l'art

C'est à rûme et non à la raison pure qu'appartient la puissance qui aspire au bien et au beau. Ce désir c'est l'amour, qui fait partie de l'essence de l'àme et est l'œil par lequel elle contemple les idées de la raison, et de plus l'activité féconde qui cherche à les exprimer et à leur donner une forme sensible. C'est ainsi que rame crée un domaine de l'art, comme un domaine de la vie morale 5.

La dialectique ne se borne donc pas à établir les lois de la connaissance etàpoursuivre la science; elle enveloppe dansle cercle de ses recherches les questions du bien et du mal, et

* Enn.i IV, 4-, 12. xb yàp Xoyiî^soOat t: aXXo av eîV, r, to èçîsTÛai e'jpeîv (ppfi'^r^'Jiy xai Xôyov àXr/j>, xa\ Tuy/ivovra voO xoO ovto;.

^ /cf., I, 3, i. r| AÔyo» 7l£p\ cXOCffTOU G'JVa|JL£vr, E ^ t C ElTCttV.

5* Enn.^ id. v. k'-sTiv o ècit, c'esl-à-dirc, j'imai-ino, si son ètro est identique à .son e^fsence. On retrouve ici la plui»art des catégories d'Aristote.

' 7/^, IV, 8, 3. vMi\ii\ xa"'. o'.o'./îi xa\ iy/i'..

'• Par la dilTéronce d'ess^nco que Plotin veut établir c-nlr»^ Tàuie et la raison, il arrive nécessairement à constituer deux lo;u:iques, deux morales, deux esthétiques. 1, 1, 8. ey.ofisv oviv xa\ ta E-or, of/ro;, èv jiK (^•j/', o.'ov àvô'.A'.yjfva xa\ oTov x3/(jip'.'7|i£va, Èv rà yio ô[xoO xà Ttâvxa.

iiiêino lîi question des choses éternelles et de leurs contraires. Sur ces problèmes, elle essaie de donner une solution non pas seulement vraisemblable mais vraie. Elle fonde ainsi la science de la morale et la science du monde intelligible, c'est-à-dire la métaphysique*; car il ne faut pas croire que la dialectique ne soit qu'un organe, un instrument de la philosophie, la méthode d'un savoir formel sans contenu, ne traitant que de règles et de théorèmes vides, de propositions et de syllogismes. Ces connaissances sont la plupart nécessaires, mais ne sont que des exercices préparatoires. La dialectique, qui se réserve le droit de les juger et d'écarter celles ([ui ne lui paraissent pas indispensables, se tient plus haut : elle est dans ses rapports avec la logique ce que Tart de penser est à i'art d'écrire; elle cherche à connaître les choses mêmes et unit à la connaissance formelle et subjective des méthodes, la connaissance réelle et subjective des choses 2. Sa vraie matière est les êtres, ri ovxa. La méthode, ôBo;, qu'elle emploie est celle que Platon a enseignée : c'est-à-dire d'abord la division pour déterminer la différence entre les idées, pour poser l'essence de chaque chose et pour établir les genres premiers de l'être; puis la synthèse, pour reconstituer en conbinant rationnellement, vospw;, les résultats de l'analyse, le monde intelligible en son tout, où seulement l'esprit trouve son repos, et d'où la division, par une marche inverse, fait descendre le raisonnement jusqu'à son point de départ^.

* Erint., I, 3, 4. tî xb àiôiov xai xb (iy) xoioOxov emaxTifiri 7iep\ ndvxwv, où ûôÇrj... èvfcÔp'JSt xô. vOYjxw xàxeî xyjv izpoLy\La.xiioL'v ^X^'*

2 Enii., I, 3, 5. où yàp ^ù.a. 6e(opT,|jLaxa xat xavôve;, ot».à xa\ iiep\ -Tipayiiaxa £(7x:v, y.a't oTov ï'/t', xà ovxa* oôô) {lé/xot êTi'aùxà X^P^'j ôt(j.a xoî; 0£(i>prj|j.aa'. xà TTpctytiaxa r/ou-ja.

^ Enn.. 1, 3, X. xr, oiaiplast xr, ID.âxwvo; ypwjilvr,. La 6ca:peffc; n'est pas l)r<';ciHéinenl l'analyso ; c'est 'rélimination successive des caractères iclativeincnt inessentiels ; eUe a pour but d'arriver :

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