‹ Histoire de la psychologie des GresChapitre 13 sur 34 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

mSTOlHE DE8 PRINCIPAUX PHILOSOPHES STOÏCIENS

ZénoD, le fondateur de TÉcole stoïcienne qu'on appela tantôt simplement le Portique, -îj ST<Ja, tantôt le Pœcile, -î) Jjt6ol UoixOiti^ parce que le portique^ où elle se réunissait était orné de peintures de Polygnote *, était né à Cittium \ en Chypre, dont la Bible nomme les habitants Kittim ^ du nom de la ville principale.

La population était phénicienne d'origine, et ce n'est qu'au temps de la guerre de Troie que l'île reçut une colonie grecque ^. Bien que son nom et celui de Mnaséas, son père, soient bien de forme grecque, il semble que Zenon appartenait à une famille des anciens habitants ; du moins on peut le conjecturer du fait qu'il est souvent désigné sous le nom de Phénicien ^ et qu'il se refusa constamment à acquérir le titre de citoyen athénien ''. Sa vie tombe approximativement

' C« ii*ëtait pas précisément sous le portique même, où la foule des promeneurs les aurait gênés, mais dans une salle, HUpa, attenant au portique et semblable à ces grandes salles d'audition que mentionne i Constantinnple le Code Théodosien {Tit. de Operib. publias, XV, 2 lege ulUma). Comme les Péripatéticiens, Zenon enseignait en marchant, àvaxapuctcov (D. L., VU, 5).

« D. L., VII, 38 sqq.

3 D. L-, VU, 5 EUiatavaxte^c)) xaXou|UvT) âiro iï t^c noXuyvcâTou IIotxcXTi (xaXov|iivT}).

* Gen., 10, i. Isaie., 23, 1.

5 D. L., VU, 1. Herod., VU, 90. Conf. Perrot, Hiti. de l'Art, Chypre.

^ D. L., VU, 3. T( çeuycKf ^otvixtSiov; id., 30. • Pourquoi lui en vouloir si sa patrie est la Phénicie? Ca(haius n*en était-il pas? Id., VU, 114. Zi^vcdvoi t^v ^oîvixa.

7 Plut., StiOc. Rep,, 7.

entre les années 350 et 288 av. J.-G. Son père avait établi et il continua lui-même dans sa jeunesse, avec la Pbénicie, un grand commerce surtout de pourpre *. C'est à la suite d'un naufrage qu'ilôt un assez long séjour à Â.thènes,où il entendit successivement Cratès le Cynique, Stilpon de l'École de Mégare, Xénocrate et Polémon de l'Académie.

C'était un esprit curieux, chercheur, amoureux de la précision, visant à l'originalité de l'expression, ne craignant pas le néologisme et assez peu respectueux de l'usage de la langue et même des règles de la grammaire *. On pourrait trouver dans ces libertés hardies un nouveau témoignage de son origine étrangère. Ses ouvrages étaient assez nombreux et son style était d'une prolixité plus grande que chez aucun des Stoïciens 3. Je n'en citerai que les plus importants au point de vue psychologique. Ce sont : La Politique; De la vie conforme à la nature; de l'Inclination^ ^pl'-'^i ou de la nature de l'homme; des Passions; du Devoir^ xqlOyjxov; de la Loi; de VÉducation grecque ; de la Vie ; du Tout; des Signes ; des

Mots^ itcpl Xi^ecDV.

Zenon enseigna pendant 58 ans et jusqu'à sa mort, à l'âge de 98 ans. Il eut de nombreux disciples parmi lesquels il faut relever :

1. Persée, son compatriote, qui n'était peut-être qu'un esclave, chargé de recopier les manuscrits de son maître. Cependant il a écrit des ouvrages personnels, au nombre de onze, dont les titres nous ont été conservés par Diogène*. Il se retira en 278 avec Aratus de Soli, d'Athènes à la cour du roi de Macédoine, Antigone Gonatas.

* C*est un trail particulier aux Grec^ que cette association des occupations commerçantes et iodustriellcs avec la vie spéculative, scientifique et politique.

' D. L., Vn, 15. 2^T]Ty}Ttxb; xat icept àTcdtvTuv àxpièoXoyoûpLevoc- Gai., Hipp, et PL D., t. V, p. 6i2. èt6X(iY]9s xatvotopielv te xa\ (iicepêaéveiv to tcov *EXXr,vtov ^ôo; èv Toî; ov6|xaat. Plut., de Comm. Not., 20. êiriQuixJa xaivoXoylotc. Cic., Acad.y 1, 11. Plurimisque (Zeno) novis verbis (novaenim dicebat) usus est. Id., Tusc, V, 12 Advena quidem et ignobilis verborum opifex.

3 D. L., VIL 31. èv o'; èX(xXY)9ev co; o*J8et; tcov ^twI'xwv.

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