II. La psychologie métaphysique
III. La théorie de la connaissance ou psychologie de la raison et de l'intelligence.
IV. La théorie du désir, des émotions, c'est-à-dire du plaisir et de la douleur, des passions, de la volonté ou psychologie morale.
. Le témoignage des sens est infaillible. L'infaillibilité de ce témoignage, la foi en l'évidence des notions qu'ils nous apportent ne peut être clairement prouvée que si nous en trouvons la raison et l'explication dans la connaissance du
qao materies jadicanda discernitur, sed... organom instramentamque jadicandi. » Senec., Ep., 89. Alio nomine rationalem induxerunt. Sed eam esse accessionem naturalis partis existimarant.
* Sext. Enip., Math., VU, 22. aicô t(&v Xoyix&v tlc^aWoMai' toc ykp xavovtxà icp&tov èicidecapoOiri, icept x% cvapY&v xa\ àSi^Xcdv xa\ t(&v toOtotc «txoXo^6wv KotoOvtai Ty|v OçT^ytiaiv.
' D. L., X, 35. TTjc Yccpt çOtfto»; IcwpUc.
système général des choses ^ Si nous admettons, sous la réserve de cette démonstration prochaine, l'autorité de la sensation comme organe de la connaissance, à laquelle même toute connaissance est suspendue^, nous voyons que les sens nous attestent l'existence d'un monde de choses corporelles ', dont nous avons besoin, pour établir le repos dans notre âme et le bonheur dans notre vie *, de connaître les causes, la nature, les lois de développement et de dépérissement 5.
Cette connaissance est la fonction de la théorie de la nature qu'Épicure appelle aussi la physiologie •.
Pour nous former une conception générale de la nature des choses nous pouvons adopter, en les complétant et en les corrigeant, quelques-uns des principes qu'avait déjà professés Démocrite, que les lois de la raison postulent et que les faits observés et enregistrés par l'expérience "^ confirment ou du moins n'infirment pas 8.
Ces principes sont :
Rien ne vient de rien, ou en d'autres termes rien ne se
I Cic, de Fin., I, 19. Nisi autem renim natora perspecta crit, nullo modo poterimas seDsuum judicia defendere.
' D. L., X, 3i. fcS; yàp Xoyo; àno tûv aïoOi^ncDv f^ptriTst. ' Id , X, 39. ta |ilv yàp ad&iAacToi co; ifortv ol\)xi\ t} aMr,(n; iic't TcâvTWV |tap- Tupel xaO'îiJv àvayxalov xh âd/]Xov tâ> Xoytaiiài Texpixcpevdxi. Lucr., \t 423. Corpus enim per se communis dedicat esse Sensu s quo nisi prima ûdes fuodata valebiti
Hauderit quo
Confirmare animi quidquam ratione queamus.
* D. L., X, 84. La fln de toute science est le bonheur. Id., 78. tûv elç iJiaxccpiov
Siov 9vvTciv6vTCdv itaXoyioiiûv. La félicité git précisément dans la connaissance es choses, xb rr^v uTcèp Tù>v xuptcDTârbïv aiTcaiv etxxpiS&aat... xai xq liâxaptov ivtaOOa fCEicTa>xévact.
s D. L., X, 30. icep\ yéveaeco; xat çOop&c.
0 Id., id. çudioXoyta; Sfpyov.
' Nous avons di*jà vu aue ce fut la lecture des ouvrages de Oémocriie qui attira Epicure à la philosophie. D. L , X, S et X II est manifeste qu'il s'est anpniprié la thi'oric alomisUque, el il Ta reconnu en s'appelint un Drmocrilcen (IMut., Co/., III, 3). quui qu'on l 'accuse d avoir plus Liid m'^connu le g(>nie et raillé la doctrine de ce grand e<prit. Il e^t remarquable que Heraclite. Empéilocie et Anaxagore soient les seuls philosophes contre lesquels Lucrèce (>, 639-716-830; instiiue une critique expresse.
■ D. L., X, 34. 5v piàv yàtp èict(t4tpTupelTat r, jitj ivTijiaprjpeÎTat.
LA PSYCHOLOGIE D*ÉPICURE ti9
produit sans cause ^ ; car, dans le cas contraire, tout viendrait indistinctement de tout, sans qu'il fut besoin de semences et de germes *, sans conditions de déterminations de temps et d'espèce, c'est-à-dire viendrait en tout temps et en tous lieux 3, hypothèse que contredisent l'expérience universelle et les faits les plus manifestes^. Le sens commun, sensus communis s, nous montre au contraire qu'il n'y a pas de ces générations spontanées, équivoques, que tout vient d'un germe déterminé, propre, fixe, immuable dans son espèce comme limité dans son action, soumis à des conditions particulières et spéciales de temps et de lieu. Chaque chose possède une matière propre qui est le principe latent et immanent de sa forme, de son espèce, de sa vie et de son développement «. Les espèces sont invariables '.
Rien ne se détruit et ne se réduit à rien ; la nature n'anéantit rien ® ; elle se borne à résoudre, à dissoudre les corps qu'elle a composés en leurs corps élémentaires, in sua corpora. C'est le principe de l'indestructibilité de la matière et de la persistance de la force, t Tous ceux, dit Galien, qui comme Empédocle et Épicure conçoivent le monde comme formé par l'agrégation d'atomes, admettent bien une composition comme une décomposition des éléments intégrants des choses, mais non une génération et une destruction propre-
' V. Herc.f col. XIII, 15. {&Y]$àv x<*>pU aiTca; àiroTfXelaOxi.
' D. L., X, 38. 9iiEP(jid(T(i>v oO^èv icpo9$e6(jLsvov.
' Lncr., II, 290 : Nec regione loci certa nec terapore certo!
* Lncr., I. 892. Manifesta docet res.
* Lucr., I, 453.
* Id., L 76. Finita potestas cuique
. . . . Atque alte terminus hxrcns.
id , I, 170. Seininibus certis quidque creatur. Id., I, 174. Oertis in rébus inest sécréta facultas. Id., I, 191. Quaeque sua de maleria gran<ie$cere aliqne.
7 Id., I, 580. Et quidquidque queant pcr fondera naturai, Quid porro nequeant saocitum.