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extrême concîsioii, l'insuffisance et les lacunes de la soluliuu donnée par Épîcure au problème de l'origine du langage. On ne peut s'empêcher néanmoins de reconnaître que, brièvement et vaguement sans doute, il a cependant mis le doigt sur les difficultés véritables de la question, et en a donné une solution raisonnable quoiqu'incomplète.
Le phénDm<''ne de la respiration et de l'inspiration ne produit pas nécessairement des sons; la disposition qui modifie la situation des cordes vocales pour les mettre dans ta relation nécessaire à la production du sou vocal dépend à la fois d'un mouvement sinon refiexe. du moins inconscient, naturel, comme dit Épicure, et d'un mouvement réSéchi, raisonné, voulu, comme il l'a également reconnu. Le mouvement de nos organes tant internes qu'externes vient de l'âme, oiiimMs, qui, recevant du dehors des simulacres des choses, se détermine ù la suite de la représentation qu'ils lui apportent, à agir. Cette volonté d'agir, qui est un mouvement de l'aitimus, ébranle Vanima, qui, par l'intermédiaire de l'air, ébranle tout l'organisme et l'organisme vocal en particulier'. Il n'a pas uonplus échappé à Épicure que le plus difficile à comprendre dans l'institution du langage, ce n'est pas de savoir comment les hommes ont pu parler, mais comment les hommes ont pu s'entendre, interpréter les mots prononcés par les autres dans le sens qiio ceux-i'i y avaient attaclié*.lla vu également qneloliuigageestun produit sncial, une œuvre commune et qu'il est absurde d'en attribuer l'invention à un seul ou à plusieurs individus.
Les phénomènes de l'odorat s'expliquent comme les précédents par l'introduction en nous d'agrégats de corpuscules
I M. Bridai {llùt. dei Mois. Uiufe péàttog., o* li, \i. 29) pen^e qu'; l'hommp, qui n'est UD liomme que |ar h rnuan, n'a pu nfec le langii([e que imi- une viilonlr intelligenle. Je l'aixnnle >! cïla ne veut [us Jiii! une vulonli' agissant avec ronseieacc, inienlion. [iri^HiJdilïtiun àe U lin.
1 Cea rgiilement l'upjniun de M. \\. de Huuiboldl : Ja plus grande dilTiculI^. dit-il, n'est p'S de inonircr runimeil ont l'ti! cTééts les Tannes sonores des mots, mai-' cuiiinient elles ont |.ii fire cuiiiprises de ceui qui les eniendir.'ni
émanés de corps odorants et appropriés à Torgane olfactif. Cela est prouvé par le fait que les corps odorants ont plus d'odeur quand on les brise, ou quand on les foule ou les broie , comme si Todenr était renfermée au plus profond de Tobjet. Suivant la figure et l'espèce de ces eTBwXa. suivant qu'ils sont ou non en harmonie avec la constitution d^. l'organe spécial, <iu'ils y sont ou non introduits on ordre, ils produisent des impressions agréables ou désagréables, en produisent sur certains animaux, n'en produisent pas sur d'autres, ou en produisent de différentes. Ce sens aide l'animal à trouver sa nourriture et le détourne des espèces végétales ou vivantes qui lui seraient nuisibles. Son action s'étend à une distance moindre que Touïe et la vue. Cela tient à ce que l'émanation, venant de l'intérieur et comme du fond intime des corps, est plus lente à se former, plus laborieuse à se transmettre, et à ce que les atomes qui la composent sont plus grossiers. Aussi ne nous donne-t-il que des indications vagues sur les distances et les lieux des corps*.
Il en est de même des saveurs qui ne sont aussi que dos agrégats d'abord échappés des aliments dont on exprime les sucs et des boissons, et qui, suivant leur forme, leur nature, leur degré d'appropriation aux organes, affectent agréablement ou désagréablement le palais et la langue *. Remarquons bien que ce doux que nous goûtons n'est pas quelque chose qui existe dans l'objet : c'est une simple impression subjective, un mouvement interne ; nous en avons la preuve dans le fait que l'aliment qui a un goût agréable pour l'homme en bonne santé, lui devient odieux quand il a la
* D. L.. X, bi. Lucr., IV, 673. Fluctus odorum. Lucr., 11, îli.
Non simili penelrare partes primordia forma In nares hominum. quum tetra cadavera torrent Et quum scena croco cili<*i perfusa recens est.
a Lncr., IV. 617.
Chaignbt. — Piydiologie. 23
fièvre, par exemple ; que ce qui est une nourriture saine à un animal est un poison pour l'animal d'une autre espèce ^
A plus forte raison devons-nous appliquer les mêmes conclusions au tact, auquel pourraient se ramener toutes les sensations; car elles s'accomplissent toutes par un contact immédiat des corpuscules émanés des corps *. Le tact est le sens du corps entier, le sens corjforel même, corporis est 8ensu8^ le sens général, le sens vital ^. C'est lui qui nous révèle l'action d'un corps étranger qui touche ou pénètre le nôtre, la cause interne qui trouble l'organisme vital, le désordre qui se met spontanément dans les atomes qui constituent cet organisme, et qui fait qu'ils se choquent les uns les autres, comme il arrive que parfois les hommes se frappent et se blessent eux-mêmes.
Le sens de la génération n'est qu'une forme du sens du tact.
Ce sont là les sensations propres, ÏSiai otldô ^<jeiç, c'est-à-dire, j'imagine, les sensations qui ont pour organe un appareil propre et distinct; car il y a des sensations communes, xoiva^ aidOriTeiç, qui ne sont nulle part définies, mais qui sans doute sont celles que tous les sens peuvent nous communiquer, comme le mouvement, la figure, la grandeur, l'espace, le temps. Épicure, en effet, n'apas reconnu, comme Aristote, un sens commun et général.
' Plul., Colot.^ Î5. TÔ ixxb; ov ©r.ffiv eîvxi yXvxu, fcâOo; Si ti xai xtvYjtia. a Lucr., IV, tu.
CoDsimiU causa taclum visumque luovcri.
3 Lucr., Il, 4i5.