To iauTÔ iysîpov xa\ Tpitcov
2 TÔ icoioOv laurb o?ov Sv ^ xa\ OIXt^*
3. TO icoioOv iotVTÔ çaivsoOat ir&v xh 9V|&6atvov ofov ocÙto OsXei.
Id., XI, 1. Tota TT)c XoYix^c 4'ux^Ci fonctions propres de la raison :
i. iavt4)v 6pâi.
S. lovT^v diapOpoT, sese efSngit. Elle s*organise» s*articale, crée ses focnltés et leur prescrit k diacnne sa fonction et sa fin. 3. lout^v fcotet éfcotav Sv po^XiQtai.
A, Tov xapicbv 8v çipei olM\ xaptcoOTai. 5. ToO illoM TéXouc tUY^àvs!.
* Epict., Din.f I, i, 7. to xupttOov... of Uù\ |iivov sf 't)|&Tv âic«iif)attv.
émotions, des passions, les acquiescements de la volonté, les idées innées et universelles, les raisons séminales de la raison, b X6yoç ^. L'àme maltresse d'elle-même est donc maîtresse de son activité, des formes et des modes de cette activité ; maîtresse de sa propre nature, de son caractère qu'elle crée pour ainsi dire, causa sut < ; maîtresse de ses représentations, de ses penchants, de ses idées ; elle goûte elle-même le fruit propre qu'elle produit et en savoure avec joie la douceur ; enfin elle conçoit, poursuit et atteint par elle-même sa propre fin ; car Faction qui réalise cette fin est l'effet nécessaire de la notion qu'elle se fait elle-même des choses ^ ce qui revient à dire que la pensée dont elle est maîtresse est maîtresse elle-même des désirs, de la volonté et de l'action.
Pour étudier et pour connaître ce système de forces, T<$vot, de fonctions, 8uv(X{Actç, qui est en même temps un système d'idées et de raisons, il est nécessaire d'adopter un ordre, quel qu'il soit d'ailleurs ; car les Stoïciens, nous l'avons vu, n'attachent psus une grande importance à cette partie de la méthode. Toutes les parties de la psychologie, comme celles de la philosophie, se pénétrant les unes les autres, il est assez indifférent de commencer par l'une ou par l'autre.
Dans son Tableau sommaire des Philosophes*^ dont un passage est textuellement reproduit par Diogène, Dioclès de Magnésie recommande, comme adopté généralement par les Stoïciens, l'ordre suivant : t Ils prescrivent de commencer l'étude de la philosophie par la théorie de la représentation et de la sensation, parce que le critérium de la vérité est du
« D. L., vu. <59.
* C*est par là que l'homme est libre ; il crée librement son être moral, sa personne morale, son caractère intelligible, d'où sortiront nécessairement les actions conformes à ce caractère devenu son essence. L'action, en effet, suit nécessairement l'essence, comme disent les Scolastiqnes, operari sequitur esse ; mais cet être moral est notre œuvre, i^*r^\kiy.
' M. Aur., I, 3, i. àyiyxri fcavO *ovtivouv ovtcoc ixà<rr(j> X9^^^^ <^C Sv icep\ auToO OicoXaSîi.
^ D. L., VII,' 49. 'EiK8p6|&Y) t&v 91X0969UV.
genre de la représentation, et que toute là théorie de l'assentiment, ouyxxtxOc^i;, celle de la xaTâX7|tj;iç , celle de la pensée pure, v<$ir|(rt;, qui dominent toutes les autres parties de la philosophie, ne peuvent être établies que par la connaissance de la représentation, oûx aveu cpavTaa^a; ^v/oraTai ^. C'est donc l'étude de la représentation qui ouvre la marche de la science, TrpoTiYelTat ; l'étude de la raison, Stxvota, XoYi(rf/dc, ne vient qu'en seconde ligne ^ la raison définie comme la fonction de formuler par le langage l'impression que l'âme a ressentie de la représentation •. Par cette définition, on voit déjà l'importance du rôle que les Stoïciens donnent au langage dans la formation de nos idées, et apparaître le principe de leur nominalisme. La pensée est intimement liée à la parole qui en est la manifestation la plus immédiate ^, Les sons de la voix humaine naturellement articulés^ corporels par essence, ne sont que de l'air frappé par l'âme sous l'impression du désir ou de la pensée^. Le mot et l'idée ne sont que deux faces d'une même chose, raison ou parole, qui est double : l'une tout intérieure et renfermée comme captive dans notre âme ; c'est celle qui est à l'usage des dieux ; l'autre extérieure, qui, à l'aide des sons vocaux, revêt d'une forme sensible nos pensées intérieures. C'est pourquoi le même nom X6yo<; suffit à les désigner toutes deux ^. Les choses de l'ordre moral comme celles de l'ordre physique ne peuvent être ni expliquées, ni
* Magnes n'établit donc que deux parties dans la théorie de la connaissance :
i. La théorie de la sensation et de la représentation;
2. La théorie de Tassentiment, de la xaTôXYi^j^i; et de la pensée pure, v6Y]<r(;. C'est la division que nous adopterons.
' D. L., Yl], 49. eTO't) Siavoia ix>aXy]Tix'^ ^TcapxoOaa, 8 fcaoxei Cicb trjc çavxaviaç, toOto èxç^pei X6y({>. Id.» 50. icpoYiyetTai yàp y) «avTaa^a, sIO't) diavoiot.
' Long., Tcep. et]/., ch. 15. xaXetTat piv yàp xotv&c çavraafa ic&v xh 6icucoOv svv6Y)|jia YcvvT]Tixbv X6yov irap(aTap.evov. Monis (ad h. loc) donne cette cette traduction : Quod m verba erumpere possit, C*est plus que cela : c'est toute pensée qui, en se présentant à l'esprit, l'oblige à l'exprimer par la parole.
^ D. L. ,.Y11, 55. virb ^pt«.r)C iceicXY)Y|t£voc (arip)... imo diavola; iKm|Aico{&évY) L'origine du langage est donc naturelle, çuaet, et non artificielle, Oioii.
^ Heraclite le stoïcien {Allegr, Homer., ch. 72), dticXoOc 6 X6yoc... o\ 91X6- 90901 (les Sto!dens) tov |Uv évSiaOcTov .. tov dà icpoçopcx^v* 6 (Uv tûv IfvSov XoY(9|iîbv IvTiv l(dcYY*^0C} à ià ûicb toIc oripvoïc xoiOttpxTat.
Il HISTOIRE DB Lk PSYCHOLOGIE DES GRECS
même comprises qu'au moyen d'une théorie du langage et de la théorie de la dialectique qui en dépend ^ De là, dans la théorie de la connaissance, il y a lieu de distinguer d'abord la chose susceptible d'être exprimée, T&i7paY|JUL,T&97)[Miiv^{Atvovy T& XtxT<jv, qui est une notion, une idée abstraite et incorporelle, en second lieu l'objet réel qui a donné lieu de former cette notion, xh Tuyxû^vov, enfin le langage ou l'ensemble des signes qui servent à l'exprimer. Le langage et l'objet sont des corps, le XcxT<$v est un incorporel, et cependant c'est en lui que résident le vrai et le faux, qui sont seulement dans l'esprit et non dans les choses.
La méthode de Magnés, en tant que nous la connaissons, ne mentionne que l'ordre relatif à la théorie de l'entendement qui n'épuise pas la science de l'âme : il y a en elle tout un ensemble de faits passionnels, d'émotions, de sentiments, de désirs, de volontés, dont l'étude appartient manifestement à la psychologie qu'elle complète et terminera. La psychologie morale des Stoïciens pose et résout les différents problèmes relatifs à l'instinct, 6p{Ai^, aux passions, à la vertu, à la fin de l'homme, t& tIXoc, à ce qu'ils appellent la première i^^a, c'est-à-dire, j'imagine, au premier commencement du sens moral, aux devoirs, aux mobiles pratiques *.
§ 2. — Psychologie de VEntendement. — La $en$ation
et la repré$ent(Uio7x K
Cette partie de la Psychologie est une théorie des facultés de l'intelligence, ou, si l'on aime mieux une autre formule, une théorie de la connaissance. Gomme toutes celles qui
* D. L., vu, 83. De là rintérét qu'ils attachent aox études grammaticales, logiques et oratoires.
« D. L., Vn, 84.
> Galien IHiiU PAt/., XIX, 302), Plutarque (P/. PhU., IV, 8), StoMe (1^/., 1, 60, p. 83i), identifient r«ro9i)«K et la fovTaa^a.
Tont précédée, même celles d'Heraclite, d'Empédode, des Éléates, la théorie de la connaissance des Stoïciens a un caractère, au fond et malgré les apparences, plus rationaliste qu'on ne le suppose habituellement. Nous le verrons bientôt,, et même dans l'analyse de la sensation par laquelle nous commencerons, comme le recommande le stoïcien Magnés, cette étude de l'entendement humain.