Dans l'analogie, où Tesprit augmente ou diminue les
< H ne faut pas s*en étonner. La raison, même la raison pure, est un corps, et tout acte de l'âme est une pénétration mutuelle du corps et de l'esprit, c'est-à-dire contient une sensation et par suite donne lieu à une image.
« Plut., id., IV, il.
3 D. L., Vil, 52. xarà icepÎTrrcootv evo iqOv] Ta ataOTjTa. Sext. Emp., adv. Math.f 372, appelle d'après Chrysippe la tcep^irrcoatç ou plutôt la définit : c|iicéXaaic tûv èvapyoïv, accessio rerum evidenliun, et se sert également pour expliquer l'origine de la notion sensible du mot voeirai ; il sgoute même, pour plus de clarté : raOTa yàp SX xai atady)Tâ èortv, ôXX'oùSè^ t)ttov voetTai.
^ Scb. Dion Thr., Bekk., AnecdoL^ p. 649, 31. Tix*A = 9^9Tfi\iLa èx %axar
lA PSYCHOLOGIE DES STOÏCIENS 101
proportions des objets, xar avaXoy^av ; c'est ainsi qu'on forme de la représentation de l'homme la notion du Cyclope par agrandissement des proportions de la figure humaine, la notion du Pygmée, par diminution. On applique l'idée de centre empruntée à une toute petite balle aux sphères terrestre et céleste. Nous avons manifestement ici une des formes de l'imagination poétique ou créatrice ; nous allons en voir d'autres :
3. Dans les oppositions, xar 'èvavT^bxriv ; la notion de la mort se forme expérimentalement en nous par opposition à la notion de la vie ;
4. Dans l'opération intellectuelle qui tantôt déplace les éléments intégrants des objets de leur ordre naturel, xarà (actqL- Ocotv, en donnant, par exemple, des yeux au cœur ;
5. tantôt compose des groupes nouveaux par l'addition d'autres éléments, xqctx (ruvOeviv ; l'idée de l'Hippocen taure est formée par la combinaison des idées du cheval et du taureau ;
6. tantôt compose un nouveau groupe en se bornant à éliminer d'un groupe réel ou déjà formé quelques-uns de ses caractères, xar a^ oc^peaiv, comme la notion ;du Cyclope auquel le mythe ne donne qu'un œil ;
7. tantôt, par la notion expérimentale de la succession, xarà (MTà6a9iv, arrive à constituer les idées de l'espace et de l'espèce intelligibles, xh XexrtSv, dont le contenu est nécessairement successif^ ;
8. tantôt enfin arrive à ce même résultat par la privation, xoL-zk <rrép7}(riv, à laquelle les Stoïciens, comme Âristote^ donnent pour fondement la détermination de la nature comme
* D. L., Vn, 52 et 53. Sextiis Empiricas, adv. Math,, VII, 479, semble entendre autrement la luraSaat; qn*il appelle àvaXoriffrixi^. Mëna^ (éd. Lond., p. 167) traduit : per reputanlem et raliocinantem transitum atcb T2bv icepiirruTix&ç icc^f)-
VÔtCûV.
* Arist., Met., V, 22. Trendelenburg« Gesch, d. Kaieg., I, p. 103, et pour les Stdfdens, Chrysippe, dans Siroplicius (in Arist., Categ,, f 100, A et A). Steinthal, Getch. d. Sprachwiss., p. 351.
m HISTOIRE DE U PSYCHOLOGIE DES GRECS
mesure : telle est l'idée de axeto, sans mains, idée qui n'a pu être conçue sans la notion préalable de l'homme, à la nature duquel il appartient d'avoir des mains. La privation se mesure donc à l'essence et en suppose la notion. C'est pour cela qne la théorie de la privation ne se confond pas avec celle de l'opposition, du contraire. Malgré l'usage vicieux de la langue on ne doit pas dire que la béte est privée de raison, parce qu'il est de son essence de ne pas la posséder ^
Ghrysippe est peut-être le premier qui ait remarqué que certaines expressions négatives étaient en réalité positives, par exemple, immortel, et contenaient, comme l'ont répété Descartes et Spinoza, une véritable idée et plus d'être même que la formule positive K
Sextus Empiricus, résumant la théorie de la connaissance des Stoïciens ou du moins de Ghrysippe, termine par ces mots : < Nos pensées viennent ou de la présence active des objets ou d'un mouvement de la raison qui a son point de départ dans les objets sensibles, mais va au delà de la notion sensible. > Et il ajoute : La coopération de la raison est partout nécessaire ;
1 Epict., Dûs,, I, ch. VI, 10. c Telle est rorganisation et la stroctare de Tentendément, tt)C ficavotac xara^xe^Sr) :
1. La faculté de recevoir une empreinte des choses sensibles, ruico^SiuOa vie'-
2. La faculté d*ab$traire, dVIiminer, cxXafiSavccv xa\ à^acpetv.
3. La faculté d'ajouter et de composer, icpoerctOivac xai <ruvn6ivat.
Gicéron {de Fin.^ Ill, 10) ramène à quatre sources Torigine de nos idées, déclarant qu'il suit Tavis de Diogène (le stoïcien) : Ego assentior Diogeni. Ces quatre sources sont :
i. Vususj Pexpérience, la pratique de la vie*