‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 100 sur 268 · Fleury, liy. XXIX, ch. lviii · texte numérisé non relu

Fleury, liy. XXIX, ch. lviii

» la foi. Maïs n'est-ce pas encore pis de connaître la 1 vérité et de communiciuer avec ceux qui la renient?

• Vous prétendez recevoir le concile de Ghalcédoine, et » vous ne tenez pas pour condamnés ceux qui ont com- » muniqué avec les sectateurs des hérétiques qu'il a

• frappés de ses anathèmes. Renoncez à leur communion,

• ne dites pas qu'on vous ait contraint. Un évêque ne

• doit jamais parler ainsi. C'est au pasteur à conduire

I son troupeau plutôt que de suivre ses égarements. Votre » troupeau rendra-t-il compte de vous ou vous de lui ? »

II lui parle alors du tribunal de Jésus-Christ, au pied duquel ils comparaîtront tous, et dans un mouvement de crainte ou d'attendrissement il lui donne le nom de frère, mais il se hâte de lui déclarer que ce n'est pas un témoignage de communion qu'il lui donne, et qu'il lui écrit comme à un étranger. Euphémius ne répliqua point à cette lettre et il persista dans sa tolérance pour la mémoire d'Acace. Mais Gelase ne montra pas moins d'opiniâtreté à faire prévaloir l'autorité de son siège. Encouragé par la soumission des évoques de Dardanie, qui, malgré le voisinage de Constantinople, avaient spontanément reconnu sa juridiction spirituelle, il profita d'une ambassade que Théodoric envoyait en Orient pour continuer ses relations avec les catholiques de cet empire.

Je ne puis amener ainsi Théodoric sur la scène du monde sans dire comment il y était arrivé. Cet héritier des princes Amales avait vaincu et détrôné Odoacre ; et, suivant la coutume de tous les peuples dégénérés qui n'ont pas le courage de secouer un joug qui leur pèse, I. 20

Ronie l'avait accueilli comme un libérateur MJn Romain du nom de Faustus faisait partie de cette ambassade que le vainqueur d'Odoacre envoyait à l'empereur Anastase pour lui annoncer sa victoire et lui demander la paix; et ce Faustus devait être assez lié avec Gelase pour que le pape le priât d'observer la cour et le peuple de Gonstantinople, et de lui dire ce qu'on pouvait en attendre. Cet envoyé de Théodoric ne manqua point d'en écrire à Gelase, de lui détailler tous les griefs dont se plaignaient les Orientaux. Hais ce serait mal connaître le caractère de ce pape que de le croire capable de s'en excuser. Il les aggrave au contraire en démasquant son ambition dans le Mémoire qu'il adresse à Faustus. c II 1 est le vicaire de Jésus-Christ, le successeur de saint

• Pierre. Il occupe le premier siège de la chrétienté. La 1 souveraine autorité n'appartient qu'au siège aposto-

• lique; c'est lui qui juge, lui qui décide; » et c'est en vertu de tous ces titres, énumérés avec l'assurance d'un évêque de Rome, qu'il répond aux plaintes des Byzantins, f Ils ne cherchent, ajoute-t-il, qu'à renverser la foi catho-

• lique, et ils veulent qu'on leur pardonne I Y a-t-il un 1 exemple, depuis l'établissement du christianisme, que

• des évêques, que des apôtres, que le Sauveur lui-même » aient pardonné à ceux qui ne se corrigeaient pas? i Euphémîus lui objectait que le pape seul n'avait pas eu le droit de condamner Âcace ;que ce droit n'appartenait qu'à un concile. Gelase répond que cet Acace était implicitement condamné par le concile de Chalcédoine, et,

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