I. Yig.. Epitt. IV
S. Liberatus, Brev.
tiom, les juridictions diocésaines, les rapports des cleres avec les laïques, rendant surtout un nombre infini de dé-^ cisions canoniques sur des questions sans cesse contro- ▼erséea, et se contredisant parfois lui-même, entraîné qu'il était par l'éloquence ou l'habileté des discoureurs qu'il admettait à ses conférences. C'est ainsi que, séduit par les artifices de Théodore de Cappadoce, tout en professant son attachement au concile de Chalcédoine, tout en donnant au pape le titre de premier des évêques, il condamna, par un édit de 545, les troiê chapitres que les Papes et les conciles avaient approuvés.
C'est la première fois que je fais mention de ces trou chapitres^ quoiqu'ils soient, depuis un siècle, un sujet de controverse et de discorde ; et je l'ai négligé pour ne pas embarrasser ma narration d'une innombrable quantité d'appellations et de définitions qui ne se rattachaient point k l'objet de cette histoire. Mais comme les pontificats de Vigile et d'un assez bon nombre de ses successeurs vont être tourmentés par ces trois chapitres j il est nécessaire de dire ce qu'on appelait ainsi, sans prétendre expliquer tout ce qu'ils ont produit de disputes, de dé*cisions, de libelles et de révoltes. Sous le règne de Théodose le Jeune, et pendant la lutte du patriarche Cyrille et de Nestorius, écrivait sur les questions du jour l'évéque Théodore de Mopsueste. On évalue la totalité de ses écrits à dix mille volumes, dont aucun n'est arrivé jusqu'à nous. C'est au-dessus des forces d'un homme, mais on l'a dit, ot le savant Basnago on a conclu qu'il devait s'y trouver au moins dix mille erreurs. Ce n'en étaitîpaamoins un homme vénéré de tous par l'austérité
de ses mœurs et l'étendue de son savoir. Mais il avait été le inailro de Nestorius, et les ennemis de ce patriarche insinuèrent qu'il avait dû lui inspirer son hérésie. Les Nestoriens eurent la même pensée et cherchèrent dans ses écrits la justification de leur opinion sur la maternité de Marie. Ils firent des extraits considérables de ses livres, et les traduisirent en arménien, en persan et en syriaque pour les propager dans toutes les contrées de rOrient. Cyrille, qui avait triomphé de l'hérésiarque, ne prit point la peine de compulser les dix mille volumes de Théodore de Mopsueste, pour savoir si les extraits en avaient reproduitletexte.il s'en rapporta à deux ou trois évéques de Syrie qui lui attribuèrent le réveil du néstorianisme, dénonça ces extraits à l'empereur et poursuivit la condamnation de l'auteur original qui avait déjà cessé de vivre.
Théodoret, évèque de Cyr, avait été aussi l'élève de Théodore, il était resté l'ami de son [condisciple Nestorius ; il l'avait défendu par ses écrits et notamment par la réfutation des douze anathèmes que Cyrille avait lancés contre l'hérésiarque. Il avait même accusé l'auteur de ces anathèmes de soutenir les erreurs d'Apollinaire, et il avait ainsi encouru la haine de Cyrille et de Théodose le Jeune. Ibas, évêque d'Édesse, était entré le troisième en lice. U avait raconté à un Persan du nom de Maris toute l'histoire de cette querelle, et dans cette lettre il avait aussi reproché à Cyrille de professer l'hérésie d'Apollinaire. Ces trois écrits furent considérés comme les plus dangereux de ceux qu'avait produits cette dispute; et condamnés successivement par un grand
nombre d'évéques et de synodes, réunis plus tard dans une sentence commune, les extraits de Théodore, la réfutation de Théodoret, la lettre d'Ibas à Maris ne furent plus connus et cités dans l'Église que sous le nom des trou chapitres. C*est sous ce titre 'que, pendant cinquante ans. ils furent proscrits, soutenus, propagés par les Néstoriens et par leurs adversaires; et le concile de Cbalcédoine avait cru terminer cette bruyante controverse par un examen plus approfondi et par une décision suprême. Théodore de Mopsueste étant mort avant ce fameux concile, Ibas et Théodoret y avaient seuls comparu; mais l'attention et la patience des juges s'étant perdues dans un dédale d'explications et de corollaires, d'argumentations et de subtilités, ils s'étaient levés tous pour demander aux deux accusés s'ils disaient anathème à Nestorius, s'ils reconnaissaient que Marie était mère de Dieu, qu'il y avait deux natures en Jésus-Christ, et sur leur réponse affirmative, sans rien examiner de plus, ils prononcèrent l'absolution des accusés et approuvèrent implicitement ce qu'on nommait les trois chapi^ très.
Mais la querelle n'était point finie; les opinions de ce temps étaient fort tenaces. Ce concile qui avait en même temps condamné Eutychés, était sans cesse attaqué par les Eutychéens, dont les plus violents avaient pris le titre d'Acéphales, pour montrer qu'ils n'avaient pas de chef et qu'ils obéissaient à leurs convictions individuelles. Ânthime, Sévère et autres avaient circonvenu l'impératrice Théodora, dont l'impudicité aurait dû décrier la secte dont elle adoptait les principes ou les res-
settlim^ls. Oés ADéphaies n'osant ouvertement attaquer le concile de Ghaloédotne qui avait condamné ieur maU tfe, voulurent du moins Fentamer duia une de i^es déci*^ dliHis, et s'attacMrent à provoquer la condamnation des itêiê ekûpiù^. En attaquant ainsi les Nestoriens, ils espé^ raient donner on grand témoignage de leur orthodoxie, et détourner Vattentiôn de l'empereur de leur propre hérésie. Mais lustinien défendait le concile de Ghaloé^' doine dans l'universalité de ses jugements ; et il était difficile de vaincre son obstination. C'est à Théodove de Oésarée, en Gappadoee, que Vimpératrioe en remit la Sbin \ et convaincu, comme je Tai dit^ par les arguties de cet évèque AcéplialO) Justinien ftvait condamné ces tMiÉ chapiîtn qu'il avait approuvés au début de son règne. Un grand nombre d'évéques avait, suivant leur habitude, souscrit et poMté cet édit de l'emperaiir. Mennas lui-même avait eu cette faiblesse, qui ne le ga^ fantissàit point des persécutions de son compétiteur Mais Justinien tenait à l'approbation de l'évéque de RMie, et comme Vigile, soutenu par le diacre Mage^ ancien légat d'Âgapet, soulevait au contraire toutes lee Ëglises d'Occident contre i'édit impérial et en faveur des trùiêthapittes^ Tempereur lui envoya l'ordre de se rea* dre sans délai i Gonstantinople pour assister à un con^ cfle qu'il avait convoqué aftn de doéner à son édit la sanction de l'Église entière ^
Lé chef de cette Ëgiise, après quelque hésitation^ obéit M mettre de l'empire, malgré les crts do peuplé ro-