Ado stase le Bibliothécaire, n Vigil
qu*il nommait constitutum^ il approuva les ti'ois chapitres qu'il avait précédemment condamnés ^. Le concile ne fut point arrêté par ce décret d'un évêque de Rome, dont il ne voulait à aucun prix reconnaître la suprématie. Ces mêmes chapitres furent anathématisés dans les séances du 17 et du 19, et on eut l'impertinence de demander au pape la ratification de cet anathème. On ne pouvait espérer une rétractation plus prompte encore que la première ; mais on y parvint par sept mois d'épreuves et de tortures. On sépara l'infortuné Vigile de l'évêque Dacius de Milan, de tous les prêtres de sa suite, on le relégua seul dans un désert. Justinien Fit ordonner même au peuple de Rome de procéder à l'élection d'un nouvel évéque. Mais les Romains répondirent à César par des témoignages de vénération pour un pape qui était redevenu leur idole, depuis qu'il souffrait pour la gloire de son Église. Il faut croire que Vigile ne connut point ces manifestations d'amour et de fidélité qui l'auraient soutenu sans doute. Il ne prit conseil que de ses ennuis ; et le 8 décembre de cette même année 553, il n'eut pas honte de se flétrir par une troisième rétractation, de souscrire ce concile de Constantinople qu'il avait bravé et de condamner pour la seconde fois les irois chapitres. Mais que dire de ce Justinien qui, passant du respect à la violence, tantôt orthodoxe, tantôt Eutychéen et Nestorien, punit ce malheureux pontife de ne pas le suivre dans les variations de sa croyance ?
Rome, que Vigile obtint enfin de revoir après sept ans