Conciles, t. Y, p
d'absence, n'eut pas le temps de passer avec plus de justice de la vénération à la colcTe. Les douleurs de la pierre arrêtèrent son évêque à Syracuse; et le 10 janvier 555, la mort le délivra des nouvelles tribulations qui Tattendaient dans la capitale de 1 Occident. Sa mémoire fut en exécration aux Latins et aux Grecs. Liberatus de Carthage écrivait, peu de jours après, qu'il avait souffert comme un martyr sans se rendre di^ne de la couronne du martyre \ et le jésuite ûoucin ajoutait, au commencement du siècle dernier, que Vigile avait trouvé dans la papauté tout ce qu'il avait mérité en la reclierchant, beaucoup de maux, très-peu de gloire et nulle compassion 3. Il serait injuste cependant d'attribuer uniquement à sa faiblesse la perte des avantages qu'Âgapet avait conquis en Orient. Si Vigile était resté à Rome, s il avait refusé d*aller à Constantinople, sa vie aurait sans doute compté moins de défaillances, mais la papauté aurait encore plus perdu. Justinien, livré tout entier aux Acéphales, ne se fût point borné à la condamnation des trois chapitres; le concile de Ghalcédoine eût été renié dans tous ses décrets, et l'hérésie d'Eutychès eût dominé dans rÉglise orientale. Mais ni Justinien, ni Théodora ne purent asservir le clergé d Occident à la décision canonique que venait de ratifier le second concile. Ils ne purent imposer à Rome qu'un p3ntife. Les Romains, qui se soulevaient pour des idées, étaient sans force et sans volonté contre les hommes. Ils acceptaient tous les maîtres que
!. Bréviaire, cli. xxii.
% Hiit. du Neilor,, lit. \l.
b fcif UiiMi <ie> 3tiD0. et Icns ewénfoes nt afeaielgMifiri kd oppaaer la piYtf nriiM donilioe de CiiHillM fBT fcsaammaî pins tvdL 5oib les avons ras MiiMiiii par Tîtî^ et icronqû par BSsaire. Dix aasapr»^«a »hL ik afaieBft été reprê^ nniKS cC dispcnés par TodlL rot des Geths: et Rome eH péri tout CBlitfe dans les liif.i. à Béfisaire n'eot arrvié la tor- ^e et k bras éa éfmso^estms^ es rrpréscBtuit an Barkare ifall serait à tfwt junîs désbonocé aax }evx de FaBrrcn* s 11 dëtnasait ces KOHOBents de h laknr et d'j gmie des pi» grands honauesk II ajouta que si les Golks s'afrnùasaieiit cb Italie. Tolila ne se pardonnerait jamaê kû-aêne d'avoir détroit la pins bdle TiUe de ses Etats et dn noode entier. Cette lettre arrêta la furevr de ceini qui avait jnr^ d'am^antir la ville étemelle; et Bélisaire favant reprise Fannée snivante, y rappela les lahîtants qœ Totila avait dispersés. Mais la disgrâce de ce général les avait livrés encore à laBMrcidaroides Gotlis . qui, se rappelant cette fois les conseils de son ennemi, socenpa de relever les mines qa*il avait fidtes, d'embellir même une ville qu'il avait voolu détruire. Les chroniqueurs ont attribué ce retour de clémenoe a lamour de Totila pour la fille de Tbéodebert. Ce roi d'Austrasie, auquel il Tavait demandée, lui aurait répondu qu'il ne raccorderait qu'à un roi, et qu'il ne pouvait considérer comme tel un Barbare qui voulait brûler sa capitale. Mais ni les Romains ni leur évêque n*avaîent le courage de la défendre. Le sort de la ville étemelle n était débattu qu entre un Yisigoth et le lieutenant d'un César byzantin. Les tmis ou quatre sièges
qa'elle avait subis n'avaient été soutenus que par les soldats de leur dominateur passager.
Les cris de leur nouveau désespoir étaient cependant parvenus jusqu'au trône de Justinien. Avant de quitter rOrient, le pape Vigile avait demandé le salut de Tltalie et de Rome à cet empereur qui traînait sa vie des jeux du cirque aux joutas spirituelles de ses évêques. Hais trois généraux envoyés de Constantinople n'avaient remporté que des victoires insignifiantes, quand Narsès arriva enfin avec une armée par les sommets de l'Apennin. Je ne puis résister à la tentation de dire ce qu'on appelait alors une armée romaine. Celle de Narsès était composée de cavaliers Thraces, de volontaires de Constantinople, de deux mille deux cents Lombards prêtés par Alboin, de trois mille Hérules, enfants des bandes d'Odoacre, d'un faible débris de l'armée d'Attila et d'un gros de Persans passés au service de Justinien. C'est à la tête de ce mélange de tant de nations diverses que l'eunuque Narsès était descendu en Italie. Une bataille lui avait livré les conquêtes et le cadavre de Totila, une autre avait tranché le règne de Téias que les Goths lui avaient subtitué,et anéanti leur domination. Rome enfin obéissait depuis trois ans au nouveau lieutenant de Justinien, à cet eunuque dont l'annonce avait été pour les Italiens un sujet de raillerie, quand le successeur de Vigile vint prendre possession du saint-siége que lui avait octroyé la volonté d'un César d'Orient.
C'était le diacre Pelage, que le pape Agapet avait désigné avant de mourir pour demeurer auprès de Justinien en qualité d'apocrisiaire ou de légat.]!! y avait
séjourné huit ans, et nous l'avons vu soulever TÉglîse occidentale contre les trois chapitres. Vigile l'avait rappelé à Constantinople pour s'appuyer de son expérience dans sa première lutte contre les Acéphales, et Pelage avait d'abord montré un grand zèle pour Torthodoxie. Il avait même abandonné le pape après la publication du jt/rfica^i^w, et l'avait soutenu plus tard contre l'empereur quand il l'avait retiré. Mais les tourments de Texil avaient aussi triomphé de sa constance. Il avait souscrit comme Vigile les canons du concile de Constan tînople, et il revenait à sa suite en Italie avec l'espoir et l'autorisation de hii succéder. Il paraît même qu'après la mort de Vigile, il ne prit point la peine de se faire élire; et que, fort de la désignation de Justinien, il se créa pape de lui-même; mais il ne pouvait se sacrer de ses propres mains, et pendant un temps assez long il ne put trouver d'évêques qui voulussent l'ordonner. Si les catholiques d'Italie n'avaient plus ni l'audace ni la force de se défendre contre les étrangers, ils montraient dans cette circonstance cette force d'inertie qui estlaressoui*ce des faibles. Pour justifier leur refus, les évêques l'accusèrent d'avoir pris part aux mauvais traitements qui avaient causé l'apostasie de Vigile, d'avoir même contribué à sa mort. Mais il est difficile de le faire complice de la pierre et de concilier cette accusation avec l'exil qu'il avait subi lui-même. Quoi qu'il en soit, le crédit de Narsès ou la réfutation de ces calomnies lui procura enfin trois consécrateurs. Les évêques Jean de Pérouse et Bonus de Ferentine, aidés par André, prêtre d'Ostie, l'ordonnèrent le 16 avril 5do, malgi'é l'opposition du
dergé, de^ moines, des s<^natcurs et des noWes qui s'enfuirent de Rome pour ne pas reconnaître un pape qui leur était imposé par l'Orient et qui avait donné le titre d'œcuménique au second concile de Constanlinople. Il faut le constater à la louange des évoques d'Occident, ils n'imitaient pas la versatilité des Orientaux. Fermes dans leurs croyances, ils n'en changeaient pas au gré d'un empereur, et môme selon le caprice de leur souverain-pontife. Il est probable qu'il n'avaient jamais lu ni les extraits de Théodore de Mopsueste, ni le pamphlet de Théodoret de Gyr, ni la lettre d'Ibas. Ils ignoraient certainement si ces écrits contenaient la défense de Nestorîusdont ils avaient condamné l'hérésie. Mais le concile de Ghalcédoine les avait absous, il avait admis leurs auteurs à la communion de l'Église. Un pape leur avait fait reconnaître ce concile. Cela leur suffisait. Celui de Constanlinople avait fait le contraire. Ils le rejetaient; un autre pape leur enjoignait d'y souscrire, ils n'obéissaient point à ce pape; et s'ils revenaient au monde, ils seraient bien étonnés d'apprendre que l'historien du christianisme leur a infligé la dénomination d'hérétiques dont ils avaient eux-mêmes flétri leurs adversaires *. Pelage passa les quatre années de son pontificat à lutter contre leur obstination. Il leur écrivait sans cesse pour Ic^ menacer et pour les convaincre. Il protestait de son respect pour le concile de Ghalcédoine, pour la foi do saint Léon. Il allait même jusqu'à reconnaître l'orthodoxie d'Ibas et de Théodoret qui, selon