Fleury, Uv. XXXY, eh« un
d*étendre aussi loin sa paternelle vigilance. On le voit cependant, dès la première année de son pontificat, occupé à faire remplir les sièges vacants, sans attenter une seule fois aux privilèges de ceux à qui appartenait rélection des évéques. Il faut remarquer encore à sa louange qu'il respectait également les droits des métropolitains de la Gaule, de l'Espagne, de l'Afrique, de la haute Italie; qu'il n'étendait sa juridiction pleine et entière que sur les Églises qu'on appelait suburbicaires, qu'il se gardait surtout d'exercer la moindre autorité sur les quatre patriarchats de lOrient. Il est bien entendu toutefois qu'il n'usait de cette réserve que dans ce qui concernait l'administration des provinces ecclésiastiques, conservant ou s'ettbrçant de conserver en matière de foi la plénitude de sa puissance apostolique et ne la subordonnant qu'à l'autorité des conciles.
C'est pour cela qu'il ne cessa de poursuivre les défenseurs des (rois chapitres^ que ses prédécesseurs n*avaient pu amener à reconnaître le concile de Constantinople. Nous avons vu que le nombre en était considérable. Il y en avait dans la Gaule, en Espagne, à Naples, en Lombardie, et le plus récalcitrant de tous était Sévère d'Aquilée, qui, sans être. un Ambroise, avait cependant une grande influence sur ses collègues. Grégoire assembla un concile à Rome; et pour vaincre l'obstination de Sévère, il employa l'autorité de Maurice. Mais ni le pape ni l'empereur ne purent dompter l'opiniâtreté de cet évéque, et Maurice y renonça. Il engagea même le pape à ne pas réduire le rebelle à se jeter dans les bras des Lombards, et ordonna à l'exarque deRavenne de ne pas souffrir que
Grégoire lui fit violence, c Les armes des Lombards, • s'écria le pape, ont fait moins de mal au saint-siégeque i la méchanceté de Fexarque. • Hais Tespritde tolérance triompha de ce mouvement de colère. Il avait dit dans une de ses lettres : que ce n'était point par la contrainte, mais par la prédication qu'il fallait convertir. Il avait reproduit cette maxime du roi Théodat : que le sacrifice qu'on faisait à Dieu de son cœur et de son esprit devait être volontaire *. Il s'en souvint et y conforma sa conduite. Il se borna à prêcher, à persuader, à prier les opposants. Ils écoutèrent la parole puissante d'un pontife dont ils honoraient le savoir et la sainteté. Us doutèrent enfin de la bonté d'une opinioi^ qu'un si grand docteur ne voulait point admettre et, les ramenant l'un après l'autre à la doctrine de son siège, il termina ce schisme, qui sans cette modération eût séparé peut-être de sa communion et de son obédience une grande partie des évêques d'Occident. Il exerça la même tolérance à l'égard des Juifs, que dépouillaient et tourmentaient certains prélats d'Italie, de Sicile, de Sardaigne et des Gaules. Cette persécution avait commencé en Auvergne. Le peuple de Clermont avait démoli pierre à pierre une synagogue, et Tévcque Avitus avait enjoint aux Juifs de se convertir ou de quitter son diocèse. La Provence ayant suivi cet exemple, Grégoire écrivit à l'archevêque d'Arles et à l'évêque de Marseille pour réprimer ces actes d'intolérance, f La loi, dit-il, ne permet pas aux Juifs de • bâtir de nouvelles synagogues, mais elle leur permet