I. Thôod.. Epint. II
YEcthèse^ d'en faire disparaître les copies, d'obéir à cet égard à l'évéque de Rome. Tous en reconnaissaient lautorîté, et Constantinople semblait seule la méconnaître.
Cependant, pressé de toutes parts, le patriarche Paul répond enfin à Théodore. 11 traite de calomnies les délations de ses accusateurs, et lui envoie une profession de foi qui ne contente ni le pape ni les évêques d'Occident. Il confesse une volonté unique en Jésus-Christ, il s'étaye des paroles de Grégoire de Nazianze, de saint Athanase, de Cyrille, des évangiles de saint Mathieu et de saint Jean, et soulève une nouvelle tempête. 11 demande alors à l'empereur un nouvel éditqui commande le silence aux deux partis^ et Constans signe cet édit auquel il donne le nom de Type, «Qu'on ne parle plus, dit-il, d'une » ou de deux volontés, qu'on s'en tienne aux saintes » Ecritures, aux cinq conciles œcuméniques, aux pas- « sages des Pères sans les interpréter; qu'on reste dans » l'état où l'on était avant cette dispute comme si jamais » on ne l'eût soulevée. » Et il ordonne qu'on fasse dis-paraître les afliches de ïEcthèse; il menace tous les récalcitrants des peines les plus sévères : les évêques et les clercs de la déposition, les moines du bannissement et de l'anathème, les officiers et les magistrats de la destitution, les notables de la confiscation de leurs biens, les pauvres de l'exil ou de la prison.
Mais le pape Théodore ne fut ni trompé ni arrêté par ces menaces. Le silence que commandait le 7y/>e avait aussi été exigé \fàvY EtUihc,^ et les Monothélites y avaient vu l'approbation de leurs doctrines. 11 craignit que le
de la couronne si les évùques l'avaient méconnu. Je dirai même qu'ils n'auraient pas tenu leur concile sans y être autorisés, puisque les évêques d' Austrasie s'abstinrent d'y paraître, sur la défense qui leur en fut faite par le jeune roi Sigebert; et les termes de cette défense sont caractéristiques. C'est à l'évêque saint Disier qu elle est adressée; et le roi dit positivement qu'il ne se tiendra point de concile dans ses Etats sans son ordre. Nous voyons encore que le droit de déposer les évéques est appliqué par cette assemblée aux métropolitains. Celui d'Arles, nommé Théodose, y fut dépouillé de sa dignité en punition de sa vie scandaleuse et de son refus de comparaître * ; et rien ne constate que le pape se soit mêlé de cette sentence qui, de proche en proche^ pouvait cependant l'atteindre lui-même. Les mœurs de l'époque y sont étrangement signalées. Un ou deux canons de ce concile interdisent aux femmes de chanter des chansons déshonnêtes dans les églises, et aux hommes de tirer le glaive pour s'y battre; il est encore défendu aux marchands d'esclaves d'en vendre hors du royaume; et ici commence l'empiétement sur l'autorité civile. D'autres le suivirent. On interdit aux laïques l'administration des biens ecclésistiques, aux juges royaux d'exiger dans leurs tournées le logement et les vivres que les abbayes leur avaient fournis jusque-là, aux propriétaires de disposer des oratoires bâtis sur leurs propres domaines et de maltraiter ou punir les clercs qui les desservaient. Il me semble qu'il y avait dans ces décrets un mélange