‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 151 sur 268 · I . Conciles, t. VII, p. 63 à · texte numérisé non relu

I . Conciles, t. VII, p. 63 à

byzantin de toute espère de complicité avec le casulste couronné qui se vetigeait en tyran du mépris que le pape Était fait de son formulaire. La rivalité des deux Églises était flagrante, quoiqu'elle ne fût point secondée pai* la plupart des évéques d'Orient qui ne prenaient plus leurs opinions théologiques dans les édits de leur empereur. Le clergé seul de Constantinople montrait cette servilité. II demandait môtne à Constans le châtiment de tous les adhérents de saint Martin. Il proclamait dans un synode là tiullité du concile de Ronre où le Type avait été condamné, et frappait le pape d'anathème *. C'était une értielle expiation d'un siècle d'entreprises, de négociations, de commandements et d'anathèmes, dont les Papes s'étaient servis pour arriver à la soumission de TËgllse orientale.

Get)èndaht un autre évoque avait été donné à Aottie, dès que Martin en était parti. L'empereur l'avait commandé; et Tordre avait été exécuté, quoi qu'en disent les historiens ecclésiastiques qui s'efforcent de laver les Romains de ce qu'ils regardent comme une Ificheté. Ils veuleht que ce pa'pe soit légitime, et c'est pour cela qU*ils reculent son ordination jusqu'après la mort de saint Martin. Mais on ne peut rien conclure de ces actes de tyrannie. Les violences ne sont pas des arguments; et quand il serait vrai qu'Eugène I" eût communiqué en secret avec les Monothélites, cela prouverait seulement que ce nouveau pape n'était pas doué de la noble fermeté de son prédécesseur. Vitalien, qui prit la place d'Eugène

I, Fleury, liv. XXXV, ch. xx.

en 658, tint également une conduite assez équivoque. Il sollicita d*abop(l l'approbation d'un empereur que les malheurs de saint Martin devaient rendre odieux au sainisiége. Ses légats furent très-bien reçus à la cour de Conétantinople, et Gonstans ne les auiait point accueillis avec tant de distinction, si le nouvel évéquo de Rome avait montré la moindre répugnance pour le Type. Lorsque eet empereur vint en Italie, Yitalion le combla d'hon^ 'neurS) lui prodigua les plus serviles témoignages de son respect; quoiqu'il sût très-bien que Constans peraëvéhiit dans son hérésiei II rendait ce qa4i devait à César, et je ne blâme ici que lexagération de son obéissance. Saiât Ambroise avait aussi obéi à une impératrice arienne. Mais comme chef de TÉglise orthodoxe, Vitalien aurait pu se dispenser de correspondre avec le patriarche Pierre, qui professait la même doctrine que son prédécesseur. Pierre était Monothélite, et Vitalien ne lui adressa pas moins sa lettre synodale. Le père Pagi le nie, mais Tabbé Fleury l'affirme sur la foi du bibliothécaire Anastase, qui devait le savoir un peu mieux qu'un moine du dix-septième siècle.

Nous tombons ici de contradiction en contradiction. Le voyage de l'eitipereur en Italie est attribué, par Fleury, à l'aversion des Byzantins pour le monothélisme *, et il a déjà dit dans un précédent chapitre que ces mômes Byzantins, peuple et clergé, avaient élu un Monothélite dans la personne de Pierre ^. Il a cité même la page du

i. FJeiiry, liv. XXXIX, cli, xxxii.

î. Ch. XXV.

Hecueil des conciles où la lettre de ce patriarche hért5lique était rapportée. Le voyage de l'empereur Constans était bien une fuite, un trait de lâcheté, et il fuyait devant les Sarrasins dont les partis se montraient déjà sur les rives du Bosphore, en face de sa capitale. Disons toutefois que la conduite de Vitalien était partout ailleurs conforme à celle d'un chef de l'Église. Il donnait des métropolitains à l'Angleterre. Il faisait casser par un concile de Rome la décision d'un concile crétois qui avait injustement déposé un évéque de sa province. Mais il fut moins heureux dans sa lutte contre Maurus, archevêque de Ravenne, qui, protégé par l'exarque, refusa même de comparaître à son tribunal. Il y eut entre les deux évéques un échange d'excommunications qui font frémir les historiens de l'Église. Mais cela ne prouve rien c-ontre la suprématie des Papes sur l'Occident. Cela montre seulement que les exarques, comme délégués de Constant!nople, ne perdaient aucune occasion de faire sentir aux Papes leur soumission à l'empire. Constans lui-même, pris pour juge de ce débat, se montra peu reconnaissant de l'accueil qu'il avait revu dans Rome. Il se déclara pour l'archevêque. Il exempta pour toujours les titulaires de Ravenne de la dépendance de tout seigneur ecclésiastique et même du patriarche de l'ancienne Rome. Cette décision impériale n'a rien qui doive étonner. Il y avait plus de trois cents ans que les empereurs et les exarques avaient fixé leur résidence à Ravenne; et Constans devait considérer cette ville comme la véritable capitale de cette portion de l'empire. Il détestait d'ailleurs ocltvî Rome d'oii était partie la condamnation du

Type^ei la puissance ecclésiastique qui Tavait prononcée. Ne pouvant anéantir le siège, que les conciles avaient mis au premier rang des sièges apostoliques et que soutenait la vénération de l'Occident, il chercha à Thumilier par rafl'ranchissement de Tarchevêque de Ravenne. Maurus se crut l'égal de Tévéque de Kome; mais c'est en vain qu'à son ht de mort il fit promettre à son clergé de ne jamais rentrer sous le joug du pape. Rome était déjà trop puissante. Le successeur de Maurus ne persista point dans cette indépendance; et ce schisme ne fut considéré que comme une de ces rébellions qui éclatent de temps en temps dans les États les mieux établis.

Vitalien mourut dans les premiers jours de Tannée 673. Son successeur, Déodat II ou Adéodat, passa quatre ans sur le saint-siége, sans fournir à l'histoire de l'Église d'autres documents qu'un privilège insignifiant accordé à l'abbaye de Saint-Martin de Tours: et le pape Domnus, qui lui succéda en 677, ne vécut que pour recevoir la soumission d'un nouvel archevêque de Ravenne, plus docile que Maurus. Pendant ce temps, l'empereur Constans II était mort en Sicile, assommé à coups de broc ou d'amphore par un baigneur de Syracuse nommé André ; et Constantin Pogonat, son fils, était monté sur le trône de Byzance. Cet empire était déjà bien restreint. L'Asie et l'Afrique étaient au pouvoir des Musulmans. Le calife Moavia avait fixé sa résidence à Damas, et ses armées vinrent assiéger Constantinople, l'année même où Pogonat en avait pris possession. L'ingénieur Callinique et son feu grtîgeois sauvèrent cette capitale par l'incendie de la flotte musulmane, et un traité de paix signé par le

Heciieil des conciles où la lettre de ce patriarche hérétique était rapportée. Le voyage de l'empereur Constans était bien une fuite, un trait de lâcheté, et il fuyait devant les Sarrasins dont les partis se montraient déjà sur les rives du Bosphore, en face de sa capitale. Disons toutefois que la conduite de Vitalien était partout ailleurs conforme à celle d'un chef de l'Église. Il donnait des métropolitains à l'Angleterre. Il faisait casser par un concile de Rome la décision d'un concile crétois qui avait injustement déposé un évéque de sa province. Mais il fut moins heureux dans sa lutte contre Maurus, archevêque de Ravenne, qui, protégé par l'exarque, refusa même de comparaître à son tribunal. Il y eut entre les deux évéques un échange d'excommunications qui font frémir les historiens de l'Église. Mais cela ne prouve rien contre la suprématie des Papes sur l'Occident. Cela montre seulement que les exarques, comme délégués de Constantinople, ne perdaient aucune occasion de faire sentir aux Papes leur soumission à l'empire. Constans lui-même, pris pour juge de ce débat, se montra peu reconnaissant de l'accueil qu'il avait reçu dans Rome. Il se déclara pour l'archevêque. Il exempta pour toujours les titulaires de Ravenne de la dépendance de tout seigneur ecclésiastique et même du patriarche de l'ancienne Rome. Cette décision impériale n'a rien qui doive étonner. Il y avait plus de trois cents ans que les empereurs et les exarques avaient fixé leur résidence à Ravenne; et Constans devait considérer cette ville comme la vérilable capitale de cette portion de l'empire. Il détestait d'ailleurs cclt^^ Rome d'où était partie la condamnation du

calife et retnpereur, avait donné quelque répit aux chrélienSi Constantin Pogonat voulut en profiter pour rendre aussi la paix à l'Église. II ne savait pas bien ce qui Tavait divisée. Il consulta le patriarche de Constantinople et celui d'Antioche qui résidait dans cette ville comme un évoque in partibus; et ces deux prélats, qui n'en savaient pas davantage, lui répondirent seulement qu*on avait introduit des mots nouveaux dans le mystère de riocarnation, et que les deux Églises n'avaient pu s'entendre. L'empereur convoqua dès lors un concile général pour 6n finir, et la lettre qu'à ce sujet il adressait au pape Domnus, sous la date de 678, fut reçue par son successeur Agathon. Celui-ci fut entièrement de l'avis de Constantin Pogonat, espérant bien que le saint-sîége en retirerait de nouveaux avantagés.

L'Église d'Angleterre lui avait déjà procuré l'occasion d'un empiétement sur les privilèges de la royauté. Le roi Egfrid et le primat de Canlorbéry, Théodore, avaient chassé l'archevêque Wilfrid du siège d'Yorck; et après Hvoir entendu cet archevêque dans un concile de Rome, Agathon l'avait rétabli sur son siège en excommuniant tous ceux qui s'opposeraient à son rétablissement, ftisseht-ilsmême rois. C'était la seconde fois qu'un anathèmo comminatoire parlait du saint-siége pour aller tomber sur la tête d'un monarque. C'était un de ces essais qui devaient plus tard amener des tentatives plus sérieuses. Mais le roi de Northumberland ne fut point arrêté par cette menace ; il défendit à Wilfrid de rentrer dans Yorck, l'exila de ses États, et mourut six ans après sans l'avoir rétabli. Le primai Théodore obéit seul aux ordres du

pape; mais 11 nobtirit le rëtablissemetii de rafchevéqUe qu'aprte avoir fatigué le successeur du roi EgfrW de ses humbles supplications.

Agathon montra le même orgueil dans sa réponde à Tempereur, mais sa lettre, sous un autre rapport, est bonne à étudier. Elle donne une triste idée de la situation qu'avaient Taite les Lombards à l'Italie ^ elle dépose de rétat de misère et d'ignorance où son clergé était réduit; et il pouvait mettre au nombre des spoliateUi^ de TÉgllse TempereUr Constans lui-même, qui, ne trouvant plus ni or ni argent dans les temples de Rome, avait emporté l'airain de ses monuments et la toiture de Taficien Panthéon. La barbarie envahissait le monde, t Nous % sommes tous forcés, disait Agathon, de travailler de » nos mains pour vivre. Je n'enverrai pas au concile des i clercs bien savants. Comment pourrait-on trouve^ la 1 science parfaite des Écritures chez des gens qui vivent » au milieu de peuplés barbares et qui gagnent à grand » peine leur nourriture de chaque jour par leUr travail 1 corporel? » Il he compte pas sur Téloquencé de ses légats pour expliquer ce qui est en discussion ; et les évoques eUx-mémes en désespèrent. Agathon disUngué cependant comme il le peut les deux puissances. Il dit à Cétor qu'il lui envoie ses légats pour lui rendre l'obéissance qu'il lui doit. Mais il lui dit en même temps que rÉgliSe de Rome est sa mère spirituelle. Cette maternité, qui apparaissait ainsi pour la première fois dans le langage de Rome, était une réminiscence de Damase qui avait

t. Concilei, t. VI« p. 230.

voulu donner le nom de fih aux év^ues de son temp^ . et l'application qu'en faisait Agathon à César était ploa grave, en ce qu'elle mettait TÉtat^dans TÉglise; mais6i| convoquant le nouveau concile, en spécifiant l'objet de cette convocation, Constantin Pogonat montrait en mêmt temps que la puissance ecclésiastique était encore k seconde, et que les droits réservés par le premier des Constantin n'étaient point abandonnés par les plus hun^ blés de ses héritiers.

Ce concile, qui fut le sixième des œcuméniques, fut ouvert le 7 novembre 680. Les trois légats du pape y furent nommés les premiers; mais l'empereur le présida, et c'est à lui qu'ils expliquèrent la sentence portée par leur Église contre les défenseurs d'une volonté unique dans Jésus-Christ. On ne discuta point la question, per» sonne n'en eût été capable; on se borna à chercberce qu'en avaient pensé les Pères et les conciles. D'énormes volumes furent apportés et confrontés ; mais chacun y trouva la confirmation de son opinion ; et les Romains craignirent si bien d'être battus, qu'ils accusèrent leurs antagonistes d'avoir falsifié les passages dont ils s'appuyaient. On assure que beaucoup d'entre eux en furent convaincus et chassés du concile, au poinl que les Monothélites, pressentant leur défaite, offrirent de prouver leur orthodoxie par un miracle. L'offre fut acceptée. Un moine de leur secte, nommé Polychrone, fit apporter un mort et déclara qu'il allait le ressusciter; mais il eut beau le secouer, l'interpeller, lui parler à l'oreille, le mort ne bougea point et le moine fut chassé comme un vil charlatan. L'empereur fut a^scz éclairé pour ne pas y voir

■^ ilBe preuve concluante. Il demanda aux Monothélites si èti définitive ils reconnaissaient les deux volontés en lésiw-Christ. Ceux qui les reconnurent furent absous, ceux qui persistèrent à les nier furent déposés et frappés d'anathème. On écarta les subtilités dont cette simple question avait été embrouillée. Le triomphe d'Agathon et dès Occidentaux fut complet. On condamna également les empereurs H^clius et Constans; mais on ne fit mention ni du Type ni de VEcthèse, Constantin Pogonat, qui dans sa jeunesse avait partagé les opinions de son père, s'exécuta de bonne grâce. Il proclama par un édit la décision du concile. Il expliqua la doctrine catholique des deux volontés, agissant encore en évéque des évoques. Il défendit de la discuter à l'avenir, et prononça des peines terribles contre les clercs et les laïques qui enfreindraient ses commandements *. Les lettres d'Agathon passèrent pour articles de foi ; mais ses légats laissèrent condamner la mémoire du pape Honorius, comme fauteur du monothélisme, malgré le passage de ces lettres où ce même Agathon soutenait que le saintsiége n'avait jamais erré, ne s'était jamais écarté de la vérité, et que ses décrets avaient toujours été reçus comme la voix divine de saint Pierre. Le pape ne fit pas la moindre attention à cette sentence, pas plus qu'au petit nombre d'évêques qui signèrent la lettre du concile, eu égard -au nombre de ceux qui y avaient assisté. Ils étaient cent soixante à la dernière session, et il ne fut apposé que cinquante-cinq signatures à la lettre synodale.

i. Conciles, l. VI, p. 599 cl^uiv.

L'abstention de cette grande majorité sera peut-être ev pUquée douze ans après par une éclatante revanche de TËglise grecque. Mais Agathon ne vepra point ce no^vea^ démenti donné à rÉglise romaine. II mourut dans Tannée ipéme de son triompha, le 1*^' décembre 68i ; c^ fut soa successeur Léon II qui reçut la lettre du concile et Tédit de l'empereur, et qui s'empressa d'y obérer, d'en cour firmer les anathèmes, de le transmettre aux Églises de la Gaule, de l'Espagne et de l'Angleterre. On assure en outre que le nouveau pape avait toi|t traduit en latin lui-même} et son savoir ne fut pas la plus brillante de ses qualités. Anastase et Platine s'accordent à louer ses vertus; mais Rome n'en jouit pas longtemps. Les Papes vont se succér der avec une rapidité étonnante; on en verra quatre dans moins de six années. Benoît II succéda au vertueux Léon II, en 684 ; et ne passa que huit mois sur le saintr siège, mais ces huit mois furent signalés par deux grandes fj^veurs de Constantin Pogonat. Cet empereur affranchit les Papes de la nécessité d'attendre la confirmation impériale pour se faire ordonner, et leur permit de recourir dans ce cas à l'autorité de l'exarque de Ravenna qui le remplaçait en Italie. Cette dernière partie de l'édit ne pouvait être qu'une confirmation de cette faculté, puisque l'exarque l'avait déjà exercée. La piété de Pogonat ne s'en tint pas à cet acte de bienveillance. II mit ses fils, Héraclius et Justinien, sous la tutelle paternelle du même Benoît, en lui envoyant des cheveux de ces deux princes. Justinien II, qui ne le valait pas, lui succéda bientôt après; Benoît ne tarda pas à mourir, et Jean V prit le saint-siége à sa place, le 8 juin 686. C'était un des

irqu légats qiii avaient assisté au concile de Constanlinople, et son pontifical ne fut pas plus long que celui de son prédécesseur.

C'est de son lit qu'il gouverna le monde chrétien ; et il eut cependant le temps d'attacher un nouveau privi-? lége à son siège. Jl trouva fort étonnant que Citonat, archevêque de Cagliari, eût ordonné des évéques sans la permission de Rome. C'était cependant le droit de Tépiscopat. Saint Augustin et cinquante autres l'avaient exercé, L'usage n'avait jamais été blâmé ni contesté; Jean V te fit, et l'ignorance des évéques de ce temps lui donna raison contre le métropolitain de Sardaigne. II fut remplacé en 687, par le Thrace Conon, qui dura moins que lui, et qui fut confirmé par l'exarque Théodore, en vertu de l'édit de Pogonat. Il parait que cet exarque en aurait préféré un autre. La garnison de Rome avait essayé de faire élire un prêtre du même nom de Théodore, et elle avait fermé les portes de Latran pour empêcher le clergé de s'y assembler; mais le clergé se réunit ailleurs, et l'exarque finit par ratifier le choix du clergé. Jean Platys, successeur de ce lieutenant de l'empire, fut moins commode ; et en général ces vice-rois étaient toujours en guerre ouverte avec les Papes. Celui-ci prélendit donner un successeur à Conon dans la personne de l'archidiacre Pascal qui lui avait promis les trésors légués par ce pape aux monastères. Cet archidiacre fut en effet élu par une faction, tandis qu'une autre nommait l'archiprêtre Théodore, mais le clergé et le peuple les rejetèrent tous deux, et firent choix du prêtre Sergius : Jean Platys accourut de Ravenne à la voix de Pascal. Mais voyant que Sergius

était reconnu de Rome entière, il coopntit à le confirmer, sans renoncer toutefois aux cent livres d'or sur lesquelles il avait compté. Sergius eut beau dire qu*il ne les avait pas. II ne fut approuvé qu'après les avoir données, et les monastères et les églises de Rome payèrent sans doute cette confirmation de Tor que Conon leur avait légué.

D'autres chagrins furent suscités au nouveau pontife par le despotisme de Justinien II et par la jalousie renaissante des Orientaux. Deux cent onze évêques se rassemblèrent en 692, sur Tordre de cet empereur, sous prétexte que les deux derniers conciles n'avaient fait aucun décret sur la discipline ; et certes il suffit de lire les actes de cette assemblée nommée concile (Terreur par rÉglise romaine, pour voir les scandales dont les clercs et les évéques donnaient le déplorable exemple. On n'y parle que de leur incontinence, de leurs concubines, des impuretés qui souillaient les églises, des cabarets qui s'y tenaient, du mariage des clercs avec des courtisanes et des comédiennes. Mais on ne s'en tint pas à la répression de ces désordres. Heydegger* aflirme qu on y fit plusieurs décrets terriblement contraires à l'ambition et à l'autorité de l'évêque de Rome. Je n'en trouve que deux, l'un qui permet aux diacres et aux sousdiacres de cohabiter avec leurs femmes, contrairement à la loi romaine qui l'interdisait, l'autre qui défend de jeûner les samedis* de carême autres que le samedi saint, en ajoutant que l'Église romaine ne doit plus le permettre,

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