I. Hiit, des Papes
et qu'à cet égard elle doit changer de coutume. C'est cette injonction qui déplut, dit-on, à l*évêque de Rome et qui lui fit rejeter ce concile. Ses canons lui furent apportés de la part de Justinien II. Mais Sergius ne voulut pas même ouvrir les livres qui les contenaient, sous prétexte que le concile n'avait pas été convoqué par ses ordres^ et il s'attira une persécution nouvelle. La promptitude de la vengeance impériale fait même croire qu'elle était résolue d'avance, et que cette légère modification des usages romains n'était qu'une révolte calculée contre une domination dont l'Orient ne voulait plus.
Un envoyé de Justinien II vint enlever l'évêque Jean de Porto, ainsi que le prêtre Boniface, conseiller du pape ; un autre oflicier nommé Zacharie eut ordre de l'arrêter lui-même et de le conduire à Constantinople. Hais le peuple de Rome s'y opposa. On ajoute que les soldats de l'exarque secondèrent la résistance du peuple, qu'ils demandèrent la tête de cet envoyé de l'empereur *, et que sa fuite put seule calmer cette révolte. Cette désobéissance de l'armée est bien étonnante sous un César qui ne pardonnait guère, dont le règne ne se signalait que par des actes de férocité, et le pape Sergius devait s'attendre à d'autres violences; mais une révolution l'en préserva. Les moines de Byzance et le patrice Léonce détrônèrent Justinien, lui coupèrent le nez et le reléguèrent à Clierson sur les rivages de la Mer Noire. L'Occident montrait à Sergius plus d'égards et de respect. La pieuse soumission des rois et des peuples le consolait de