‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 153 sur 268 · AnasUbC le Bibliullucairc · texte numérisé non relu

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reconnaître; et Jean VI eut seul le pouvoir de calmer cette sédition. Celles des Lombards étaient plus difficiles à réprimer. La mort de Pertharit les avait rendus à leurs instincts de rapacité. Le duc de Bénévent Agilulf qu'ils avaient mis sur le trône, les avait lâchés sur la Campanie qu'ils ravageaient et dépeuplaient. Jean VI racheta les captifs qu'ils avaient emmenés et vida encore une fois le trésor qu'en moins de trente ans avait rétabli la piété des fidèles. Jean VII lui succéda en 705 et fut mieux traité que lui par les Lombards. S'il faut en croire Paul Diacre, l'historien de cette nation, qui écrivait cinquante ans après, le roi Aribert aurait donné à saint Pierre, représenté par Jean VII, le patrimoine des Alpes Cottiennes, *et la donation aurait été écrite en lettres d'or. L'abbé Fleury dit que cette donation renfermait le mont Cenis et le mont Genèvre. Il ajoute que ce patrimoine avait appartenu à l'évOque de Rome, et qu'Aribert ne faisait que le restituer. Platine fait douter de la donation, et il faut en général se méfier de toutes ces libéralités. Le saint-siége possédait, il est vrai, de grands domaines; nous en parlerons plus tard, mais il est impossible d'en déterminer l'origine; et de toutes ces donations faites à saint Pierre avant celle de la comtesse Mathilde, il n'en est pas une qu'on puisse prouver par des actes authentiques. Jean VII montra moins de fermeté que Sergius, quand Justinien II lui renvoya les actes de son concile, en le priant de les faire examiner et d'en retrancher ce qu'il ne voudrait pas admettre. Cet empereur était remonté sur son tronc; et cette douceur nous étonne, car son caractère était encore plus aigri par ses malheurs.

On sait que, pendant une lempôte qui assaillit sa flotte aux environs de Constantinople, un moine lui ayant dit que, pour calmer le ciel, il devrait jurer de pardonner à ses ennemis, le barbare répondit que Dieu pouvait le faire périr s'il le voulait, mais qu'il n'en épargnerait pas un seul. D'où venait cette complaisance pour le successeur d'un pape qu'il avait si rudement puni d'avoir méprisé et insulté son concile ? Quoi qu'il en soit, Jean VII n'osa rien retrancher, et Justinien prit cela pour une approbation.

M Après Ta mort de ce pontife et celle de Sisînnius qui ne dura que vingt jours, il vint un pape plus courageux. Ce fut Constantin, Syrien d'origine, qui prit le saint-siége le 4 mars 708, et qui reçut du fii^roce Justinien un terrible témoignage de la protection impériale. Félix, archevêque de Ravenne, poussé sans doute par l'exarque Théophylacte, avait suivi l'exemple de Maurus et refusé le serment d'obéissance au saint-siége. Justinien ordonna au patrice Théodore de se rendre à Ravenne avec l'armée de Sicile, de s'emparer de cet archevêque et de l'envoyer à Constantinople. L'ordre fut exécuté et le tyran fit crever les yeux à Félix pour le punir d'avoir fait ce que l'empereur Constans avait autorisé par son édit en faveur de Maurus. Constantin fut-il complice de cette barbarie? Des historiens l'ont supposé* sur quelques mots d'Anastase le Ribliothécaire qui attribue au jugement de Dieu et de saint Pierre le châtiment de cette nouvelle désobéissance au saint-siége. C'est ainsi qu'on attribue à la justice divine

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