‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 154 sur 268 · Hitt. des Papes, art. Constantin · texte numérisé non relu

Hitt. des Papes, art. Constantin

tous les malheurs qui tombent sur de grands criminels. Mais la sottise d'un chroniqueur superstitieux ne suffit pas pour accuser de tant de barbarie un pape qui n'en a pas donné un second exemple. Il serait tout aussi ridicule de voir un témoignage de la suprématie des Papes sur l'Orient dans les hommages rendus à ce même Constantin, quand il plut à Justinien II de le faire venir à Byzance. Les tyrans ont des caprices de clémence; et cet empereur avait commis assez de crimes pour que Tesprit superstitieux de son temps lui suggérât la pensée d'avoir recours aux prières du vicaire de Jésus-Christ. Si Justinien fût venu à Rome pour honorer le pape comme avîiient fait peu de temps auparava^uCœnred, roi de Mercie, et Offa, roi de d'Estanglie, on pourrait y voir un abaissement de la puissance impériale. Mais ce ne fut qu'une fantaisie; et quand Philippique Bardanes eqt enlevé le trône et la vie à Justinien II et à son fils, les évéques d'Orient reprirent l'habitude d'adopter la croyance de leur maître. Les Monothélites y régnèrent deux ans avec Bardanes; et quand une autre faction l'eut déposé et aveuglé, les évéques revinrent à l'orthodoxie sous l'influence des Césars Anastase II et Théodose III.

C'est le pape Constantin qui fit faire à la papauté le plus grand pas qu'elle eut fait encore, en excommuniant ce même Bardanes et en le déclarant incapable do tenir l'empire. Ce n'était pas pour le punir d'avoir coupé la téie à deux empereurs. Constantin avait passé bien d'autres crimes à Justinien que l'abbé de Valleniont a l'étrange bonté d'appeler son ami ^ Mais Bardanes était

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