‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 155 sur 268 · Tomo IV, p · texte numérisé non relu

Tomo IV, p

hért'lique, et c'rlait alors moins pardonnable que les assassinats, le» usurpations et les adultères. En signifiant à l'évêque de Rome son sanglant avènement, cet usurpateur s\Hait prononcé en faveur des Monothélites; et 1^ papes était borné d*al)ord à ne pas lui répondre. Mai^lp peuple et le clergé de Rome étaient allés plus loin. Ils avaient fait peindre les six conciles œcuméniques dans le portique de Saint-Pierre comme condamnant J'héré^ie professée par Tempereur j et celui-ci ayant commandé au préfet ou au préteur de Rome de faire etfacer ces peintures, le sénat et le clergé avaient refusé de le reconnaître pour César, 11^ décrétèrent quç son pqrtr^jt ne serait plus exposé dans l'église, que son nqm ne serait plus prononcé à la messe, qu'on ne le mettrait plus en tête des actes publics, et que la monnaie frappée à §Qn coin ne serait plus reçue dans Rome. D'autres historiens donnent à Constantin l'initiative de cps niesures, et je suis de cet avis. Le peuple et le sénat étaient alors S£>ns puissance et sans volonté; et dès que le clergé s'en ét?iit mêlé, il est impossible de ne pas tout attribuer à §Qn évéque. Mais de quelque part que ces ordres gojent venus, nous devons constî^ter daux faits qu'ils attestent. G'qst que, malgré la prétendue donation de l'empereur Constantin, Rome reconnaissait encore l'autorité impériale en mettant le nom des Césars en tête des actes publics et en faisant battre monnaie à leur coin. L'excommunication et la déposition n'en sont pas moins authentiques. Elles sont du fait du pape Constantin, et nul autre n'avait encore eu cette audace. Gelase, en distinguant les deux puissances, avait bien osé mettre le sacerdoce au-dessus de

lempire. Augustin avait bien lancé un anâlhème indirect et conditionnel contre les rois de l'Heptarchic anglaise. Mais aucun se n'était arrogé le droit de déposer un souverain. Cette énormité, que Philippique Bardanes n'avait pas eu le temps de punir, tombait, il est vrai, sur un misérable. Mais l'exemple était donné; nous verrons les successeurs du pape Constantin* abuser de ce prétendu privilège, en frappant des têtes plus dignes ; et ce trait d'audace sera accepté, comme une prérogative héritée de Jésus-Christ et de saint Pierre, par la stupidité des peuples et par la lâcheté des princes de la terre. Mais mille ans d'un exercice fatal à l'Europe n'ont pu le légitimer aux yeux de la raison; et celle de notre siècle se révolte à l'idée qu'un prêtre, qu'un apôtre de paix et de charité puisse provoquer les rébellions et livrer un peuple à toutes les horreurs des guerres civiles et religieuses. Constantin ouvrit encore une autre source de disputes sanglantes en inaugurant le culte des images. Ce fut le dernier acte de son pontificat. Il mourut dans les premiers jours d'avril en 715, et légua ainsi à Grégoire II et à ses successeurs une puissance désastreuse et au monde chrétien des siècles de désordres et de meurtres dont on ne peut décharger sa mémoire.

FIN nu TOME PREMIER.

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