Pagi, an
de >uspectes par Tabbé Fleury lui-même «. On y comprend la Sicile qui était encore au pouvoir de Tempereur d'Orient, et ce pourrait bien être une interpolation du onzième siècle. Mais on y lit encore que Tempereur Louis donne au pape la ville et le duché de Rome. Les trois premiers donateurs ne l'avaient donc pas cëdéel et c'est par là cependant qu'ils auraient dû commencer. Quel besoin avait-on d'ailleurs de ces renouvellements, si les premières donations étaient réelles? citerait-on une autre puissance qui fît ainsi confirmer de siècle en siècle son titre de possession ? Ne détruisait-on pas ainsi ce qu'on prétendait confirmer? N'accusait-on pas un sentiment de doute et d'incertitude sur le droit qu'on s'attribuait ; et les étranges contradictions qu'on lit dans ces actes ne sont-elles pas des témoignages de leur fausseté ou de leurs altérations postérieures ? Ni Eginhard ni l'Astronome, seuls historiens du temps, ne parlent de ce capitulaire; et la narration du second, pi^rgée des sortilèges et des prodiges dont les moines assaisonnaient tous leurs récits, a un grand caractère d'authenticité. Que signifiait enfin cette quatrième donation de la ville éternelle, quand on y lit encore que l'empereur se réserve la domination de cette même Rome et de ses habitants, quand surtout on le voit exercer celte souveraineté à l'égard du pape lui-même?
Selon Mézeray, qui a tort de ne jamais citer ses autorités, Pascal était fort importuné de cette domination franvaise et cherchait sans cesse à s en afirauchir quoi-
i. Fleary, Ht. XLVI, ch. xxvi.
qu*i] eût tout récemment couronné dansréglise de Saint- Pierre le jeune Lothaire, roi d'Italie, que son père venait d'associer à l'empire. C'est ainsi qu'il aurait fait décapiter le primicier Théodore et le nomenclateur Léon, comme trop dévoués à la France *. Le bruit en vint à l'empereur, et avant même que les légats du pape vinssent l'excuser de cet attentat, Louis fit partir deux commissaires pour informer contre ce prétendu souverain de Rome. Pascal et d'autres évéques s'en expliquèrent comme sujets de l'empire. Ils se purgèrent par serment du meurtre qu'on leur imputait^ le rejetèrent sur des inconnus que Pascal ne voulut point nommer, et Louis parut se contenter de ces faibles excuses par une suite de cette bonté qui causa plus tard de grands malheurs, mais qui ne détruisit pas les soupçons des ennemis du pontife. Louis le Débonnaire suivait ainsi les traditions de son père. Il s'occupait de la réforme des monastères, en leur donnant des règles qu'il ne soumettait pas à Tapprobation de Rome, en veillant à la réparation des églises, au payement des dîmes, à la consécration des évéques, dont l'élection était toujours laissée au peuple et au clergé des diocèses. Le pape semblait ne s'occuper que de réternelle querelle des images. Il faisait d'inutiles remontrances à l'empereur Léon l'Arménien qui ne cessait d'en persécuter les adorateurs. La* mort violente de ce César suspendit cette persécution, et l'indifférence de Michel II dit le Bègue laissa d'abord une entière liberté à toutes les opinions. Mais il reprit bientôt les