‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 184 sur 268 · ibid · texte numérisé non relu

ibid

autre article de la constitution porte expressément que le pape élu ne sera désormais consacré qu'après avoir prêté serment entre les mains d'un commissaire impérial. Sur quoi fonder, après tous ces exemples, d'abord Tindépendance absolue des Papes et plus tard leur désastreuse autorité sur les couronnes? Comment concilier cette constitution de Lothaire avec le capitulaire de son père? Remarquons en définitive que depuis un siècle les Papes reconnaissaient leur véritable caractère en rendant à César ce qui était à César. Ils souffraient même asset souvent que les rois se mêlassent de ce qui était à Dieu. Louis le Débonnaire suivit l'exemple de Charlemagne dans la question des images. Instruit cependant que son père n'avait pu s'entendre avec le pape Adrien, il crut devoir demander à Eugène II s'il ne convenait pas de faire encore examiner cette question par les évêques de France. Cette démarche de Louis lui était suggérée par Michel le Bègue qui avait prié son collègue d'Occident d'intervenir dansée débat. C'était une lueur de bon sens. Mais il n'est pas inutile de faire remarquer la suscription de cette lettre orientale ; elle était adressée au roi des Francs et des Lombards nommé par eux emperear. C'était une demi -protestation qui n'arrêta point le fils de Charlemagne : il envoya donc demander au pape Eugène s'il consentait à ce nouvel examen; et, sur sa réponse affirmative, Louis convoqua à Paris les évéquesde l'empire. Ce synode, auquel n'assista aucun légat de Rome, s'ouvrit au mois de novembre 825, et ne donna pas plus raison au pape que ne l'avait fait le concile de Francfort sous Ghariemagne. Le Iwre carolin de cet em-

pereor y fat pieinemetit ipproorr. Le second ooocile de \ÈtK^ et nti'ii «^ [ Lx^jdjcUsse O^pronyme forent coodamné». «JQ T d<£i:î«ie «lail est ézakKneni blâmable de briser et d'^Aiftr des îou^es. Oa Qobli^ personne d'en avoir, maû OQ ne le défend à per^oane. On dédare enfin que les image» œ nuLseot â rien pourra qu'on ne leur rende anam culte religieux. Ces décisions sont envoyéesi Louis le Débonnaire pour être approuvées; H cet empereur écrit au pape pour l'engager à les approuver lai-mème et k s*unir à lui pour les faire accepter par Tempereur de Coasiantinople.

Il est étrange que la réponse d'Eugène II ne soit pas plus connue que celle d'Adrien. Il est impossible que le pape n*en ait pas conféré avec les évéques de Sens et d'Orléans envoyés à Rome par l'empereur; et il est inconcevable qu'on ne trouve aucune trace de cette conférence. Elle n'a pu être suppriméeque par ceux qui avaient intérêt à faire disparaître ce dissentiment des évéques de France avec le saint-siége, et ce témoignage important des libertés de l'Église gallicane qui persista longtemps dans la même doctrine, sans cesser dX'tre en communion avec l'Église romaine. Il fut même tenu un concile à Rome dans Tannée suivante, sans qu'il fût question de cette affaire. On n'y parle que de l'ignorance des clercs, de prêtres qui font l'usure ou qui vont à la chasse, d'ëvêques qui volent le bien des paroisses, du dérèglement des moines, de femmes qui passent le dimanche à danser ou à chanter des chansons déshonnétes. Mais des images pas un mot, et Eugène II mourut le27 août 827, sans qu'on pût savoir ce qu'il avait pensé du synode de Paris. Valentin.

son successeur, ne gouverna l'Église que cinq semaines^ et la vacance du siège dura plus que son pontificat. Grégoire IV avait bien été élu; mais suivant la constitution du roi Lothaire, on n'osa point le consacrer avant l'arrivée du commissaire envoyé par l'empereur Louis pour recevoir son serment de fidélité et celui des Romains *. Le nouveau pape ne fit pas plus connaître son opinion sur la question des images. Ils semblaient tous craindre de heurter celle des évêques et de l'empereur de France* L'évêque Claude de Turin s'était cependant prononcé pour les Iconoclastes; il avait hautement attaqué la doctrine de l'Église de Rome. L'Écossais Dungall, qu'on disait appartenir au monastère de Saint-Denis, avait fait grand bruit en le réfutant. Grégoire IV gardait un silence qui contrastait avec les habitudes des anciens Papes. Il était même indifférent aux plaintes des orthodoxes d'Orient* que traquaient et tourmentaient les sicaires de Michel le Bègue et de son digne fils Théophile.

Sa conduite pendant lacriminellerévoltedesfilsde Louis le Débonnaire, fut celle d'un esprit faible et variable qui se laissait doininer par les événements. Il perd l'occasion de faire du saint-siége le médiateur des discordes royales et se montre partout au-dessous de sa mission. Il décide d'abord qu'en vertu des canons de l'Église, l'impératrice Judith ne peut être séparée de son mari, et il semble plus tard embrasser le parti de Lothaire qui l'a proscrite. Il vient en France dans l'intention de réconcilier le père et les enfants; et il montre une telle partialité pour les

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