‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 186 sur 268 · Conciles, t. VU · texte numérisé non relu

Conciles, t. VU

de la faiblesse de Louis et se dégradaient par la rébellion. I/insoIent Agobard, archevêque de Lyon, lui conteste le droit de se défendre en l'accusant hautement d'avoir pris les armes contre ses enfants et ses sujets. Ces indignes ministres de Jésus-Christ imposent à leur empereur une pénitence humiliante, lui dictent, lui font lire une confession de ses prétendus crimes, ou* bliant le seul dont il était coupable, c/est-à-dire une clémence stupide envers des factieux mitres qu'il aurait dû châtier en maître ; et ce n*est point cette portion crlmi-» nelle du clergé français que le pape réprime, c'esi le clergé fidèle qu'il traite de présomptueux, de menteur, d'insensé. Et ces bons, ces dignes évoques ont raison de lui répondre f qu'il n'a pas le droit de se mêler de leurs » diocèses, qu'ils ont comme lui le pouvoir de lier et de » délier, et qu'ils se moquent de ses anathèmes. t

Grégoire IV meurt enQn dans les premiers jours de 844, sans avoir relevé le saint-siége de l'humiliation que vient de lui faire subir l'Église gallicane, et je ne saurais partager l'admiration de Platine qui le loue d'avoir su maintenir les grands dans leur devoir. Sa conduite en France est un éclatant démenti d'un pareil éloge. C'est pendant la durée de son pontificat que le règne des Ico^ noclastes finit à Gonstantinople, mais il n'y eut pas la moindre part. L'empereur Théophile étant mort en 849» le jeune Michel III avait recueilli son héritage sous le tutelle de sa mère Théodora et de trois régents. Peu de temps après, Manuel, l'un des trois, tomba malade, et comme il avait grande peur de mourir, les moines de Stude, qui étaient les plus fervents adorateurs des imagaa.

vinrent l'assurer qu'il guérirait, s'il voulait promettre d'en entreprendre le rétablissement. Il le promit, et dès qu'il fut guéri, ces moines ne manquèrent pas de lui rappeler sa promesse. Il proposa au conseil de régence de lever l'interdiction. Ses deux collègues s'associèrent à son zèle; l'impératrice, qui avait toujours rendu un culte secret aux images, adopta cette proposition, et moitié par ruse, moitié par violence, cette régente assura le triomphe des moines studites. C'est donc par l'impératrice Théodora que finit cette longue querelle, et le calme soudain qui s'en suivit a fait croire qu'on était las de s'égorger pour elle.

Serge II succéda à Grégoire IV malgré ropposition d'un diacre nommé Jean qui ameuta la populace, et qui fut livré par elle dès que la noblesse romaine accourut pour défendre le nouvel élu. On prît ce prétexte pour l'introniser avant d'attendre les ordres de l'empereur. Ce n'était plus le malheureux Louis. Ses enfants se disputaient son héritage; et le pape espérait sans doute s'affranchir de sa servitude à la faveur de cette anarchie. Mais Lothaire qui, dans le partage de l'empire, avait enfin conservé l'Italie et le titre d'empereur, ne toléra point cet oubli de ses droits. Il ordonna à son fils Louis qu'il avait fait roi d'Italie, de marcher sur Rome avec une armée et une vingtaine d'évêques chargés d'examiner l'élection du pape ; et c'est en ravageant le pays que celte armée arriva sous les murs de la ville étemelle. Le bibliothécaire Ânastase raconte ici une bravade de Serge II qui, arrêtant, selon lui, le roi à la porte de la basilique, lui aurait dit : f Si vous venez ici pour le

• salut de l'Église, cette porte vous sera ouverte ; si non, » je ne le permettrai pas. > Ce serait un étrange contraste avec les honneurs que le pape lui avait rendus à son arrivée. Serge II souffrit au contraire que les vingt évêques fissent un examen sévère de son élection ; et il ne fut reconnu qu'après la décision de ce synode étranger, que le même Ânastase appela plus tard une cabale contre TÉglise universelle de Rome. Le roi reçut alors le serment de fidélité à l'empereur son père et fut à son tour couronné par le pape.

L'Église était menacée d'un grand fléau. Ûepuis quatre ans les Sarrasins d'Afrique et d'Espagne avaient passé la mer et débarqué en Italie. Ils venaient même ravager les environs de Rome, piller les églises qui étaient hors de ses murs, malgré les troupes de France qu'ils avaient battues dans quelques rencontres, et ils ne se retiraient sur leurs vaisseaux que gorgés de butin. C'est au milieu de ces dévastations que fînit le court pontificat de Serge II, et qu'il fut remplacé le 27 janvier 847 par le Romain Léon IV, qui craignit d'abord de renouveler la faute de son prédécesseur. Mais, après deux mois et demi d'attente, la crainte des Sarrasins fit passer outre; et, après avoir protesté qu'ils ne prétendaient pas déroger à leurs devoirs envers l'empereur, qu'ils appelaient leur maître après Dieu *, les Romains se décidèrent à sacrer le nouveau pape sans attendre davantage le consentement de Lothaire. La réponse de cet empereur n'est pas connue. Il commençait à se repentir de ses attentats, il se livrait à

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