‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 187 sur 268 · Anast., in Lkm IV · texte numérisé non relu

Anast., in Lkm IV

ces exercices de pénitence et de piété qui lai firent préférer plus tard la vie monastique aux splendeurs de l'empire. Hais son fils Louis M assex d'actes de sooveraineié pour que le saint-siége ne pût rien arguer de son silence au bénéfice de Tautorité pontificale. Léon IV n'était pas disposé d'ailleurs à lui rien contester. Les aAiires religieuses se multipliaient de son temps sans qu'il s'en mélàt ; et il en était cependant qui auraient soulevé des tempêtes sous un Jules ou un Damase. Un concile lenn à Mayence par Tordre de Louis le Germanique, présidé par l'archevêque Raban, établit des règles qui touehaient à l'administration des sacrements; et ces règles ne furent soumises qu'à Tapprobation de ce roi. Une hérésie qui aurait agité tout l'Orient et ranimé jadis toutes les prétentions de TÉglise romaine, troubla la Gaule et la Germanie sans que Léon IV parût s'en occuper.

Le moine Gothescac prêchait cependant une doctrine qui n'était autre que la fatalité des Musulmans, c Les » hommes, disait-ii, naissent prédestinés au bien comme » au mal; et c'est en vain qu'ils travaillent à changer ce » qui a été d'avance arrêté par Dieu, i II renversait ainsi toutes les lois de la morale et de la justice humaine, et proclamait l'inutilité de la prière comme l'impuissance de la vertu. C'est encore l'archevêque Raban qui le fit condamner par un second concile de Mayence, présidé cette fois par Louis le Germanique, et qui le renvoya à Hincmar, archevêque de Reims, comme à son chef spirituel, pour le faire punir. Gothescalc brava cette condamnation; et un synode assemblé à Quiercy le condamna k

la prison et au fouet sans le corriger. Ihi fond de son cachot il soutint son hérésie, et demanda à prouver la vérité par l'épreuve de Feau bouillante. Nous arrivons ainsi à ces jugements de Dieu qui sont la plus absurde des turpitudes du moyen âge. Hincmar ne sait plus s'il doit l'excommunier, et ce n'est pas au pape qu'il le demande. C'est de Prudence, évéque de Troyes, c'est du vieux Raban qu'il implore les lumières en lui envoyant une réfutation des écrits de l'hérétique. L'évéque Prudence se déclare au contraire pour Gothescalc, et s étaye des paroles de saint Augustin sur la grâce. Ratramne, moine de Ck)rbie, vient aussi à son aide; Loup, abbé de Ferrières, écrit enfin en sa faveur. Hincmar s'adresse alors au docteur Jean Scot, surnommé Érigène, et Pardule, évéque de Laon, a également recours à cet Irlan* dais. Jean Scot rejette la prédestination des réprouvés, mais il admet celle des élus. Le diacre Florus de Lyon s indigne de cette distinction assez singulière, il admet la double fatalité et l'impuissance du libre arbitre sur la grâce. Son archevêque Amolon condamne l'une et Tantre de ces prédestinations, et blâme surtout la brutalité i» Gothescal'c à l'égard de ses adversaires. Rémy, qui peu* dant cette dispute succède à l'archevêque de Lyon, blâme au contraire la barbarie avec laquelle on a traité ce pauvre moine. Les deux partis s'appuient sur saint Augustin, mais Hincmar de Reims ne trouve la confirmation de sa doctrine que dans le livre intitulé Jfi/pognosH* con qu'il attribue à l'évéque d'Hippone, et l'Église de Lyon lui prouve à son tour, comme on l'a reconnu depuis, que ce livre n'est pas de saint Augustin. Le dix-

septième siècle verra renaître la même querelle à propos de Jansénius, et il en sera troublé comme le neuvième. Mais c'est en vain que la France et la Germanie en sont agitées, le pape Léon IV n'est ni provoqué ni tenté d'inter\'enir*.

Une autre dispute s'éleva sur le tombeau de l'archevêque Ebbon, qu'un concile de Thionville, présidé par Louis le Débonnaire, avait déposé en 835 de son siège de Reims. Après sept ans de prison, Lothaire, dont il avait soutenu la révolte, l'avait rétabli; et sans égard pour la décision canonique qui l'avait frappé, l'archevêque avait ordonné des prêtres et des diacres. Ces ordinations n'ayant pas été reconnues par le plus grand nombre des évêques de France, après la mort de celui qui les avait faites, ceux qui les avaient reçues portèrent l'affaire devant un concile de Soissons, qui fut assemblé en 853. Condamnés par ce concile, ils en appelèrent, non pas au saint-siége, comme le voulait l'ancien concile de Sardique, comme dix Papes l'avaient exigé, mais au roi Charles le Chauve qui fit révoquer la sentence du synode de Soissons, et les fit admettre à la communion de l'Église. Léon IV se prononça contre celte intervention de la puissance royaie dans une affaire purement canonique. Il refusa d*approuver la réintégration de ces prêtres; mais il n*osa soutenir une lutte contre le roi de France, qui, depuis Charlemagne, était plus puissant que le pape dans l'Église gallicane ; et la décision de Charles le Chauve fut exécutée malgré la défense du saint-siége.

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