‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 194 sur 268 · Annales. Beriini, an · texte numérisé non relu

Annales. Beriini, an

— lOS —

pèce de concile par l'empereur Michel et par Basile le Macédonien qui venait d'être associé à Tempire. Le pape Nicolas y fut accusé de toutes sortes de crimes, excommunié, déposé, déclaré incapable de toute fonction sacerdotale *. Pour opposer une autorité temporelle à celle de Rome, le concile reconnut le roi Louis comme empereur d'Italie, donna à sa femme Ingelberge les noms d'Augusta, de nouvelle Pulchérie, les priant en même temps de chasser l'évêque de Rome et de lui signifier sa déposition. Une lettre synodale, adressée par Photius à tous les Orientaux, traite les Latins d'impies, de sacrih'ges, de démons sortis des ténèbres de l'Occident pour altérer la pureté de la foi. Que manquait-il à ces violences, à ces prétentions pour équivaloir à celles de Rome? la sanction de la force. Mais le châtiment de ces folies vint du concile même qui les avait autorisées. Le César Rasile, menacé de mort par Michel le Bègue, le fit . tuer par ses propres gardes, pendant qu'il était ivre, le 24 septembre 866, et il voulut rendre grûces à Dieu du succès de son parricide. Mais il trouva Photius sur lai pf)rte de Sainte-Sophie, il fut repoussé par ce patriarche comme assassin de son bienfaiteur; et celui qui s'était élevé si haut par le crime et la perfidie, fut puni du seul acte de vertu qu'il eut fait pendant sa vie. Basile se vengea par l'exil du patriarche et par le rappel de son prédécesseur. Les évoques d'Orient repassèrent de Photius à Ignace comme ils avaient passé d'Ignace à Photius. et un message de l'empereur Basile partit immédiatement pour Rome.

Page 1