I. EpisL CCXLVIIÏ
concile assemblé à Fismes par Hincmar avait prononce l'indignité de cet évêque. Ces rois, justement offensés de cet outrage, avaient soutenu que les élections leur appartenaient comme tous les bénéfices et qu'ils en disposaient à leur volonté. Hincmar se révolta contre cette prétention si souvent justifiée, il dit qu'elle avait été dictée par l'enfer et par le serpent. Il leur rappela la distinction que le pape Gélase avait faite des deux puissances, le serment qu'ils avaient prêté au jour de leur sacre, il soutint l'irrégularité de Télection d'Odacre, le déclara simoniaque et leur signifia au nom de Jésus- Christ et des apôtres de ne point s'opposer à une élection nouvelle *. Louis III se souvint un moment qu'il était roi. Il répondit au vieil archevêque • qu'il se jouait un » peu trop de la volonté royale, que s'il avait affaire à » son égafil userait de tout son pouvoir pour maintenir
• sa dignité, mais qu'il méprisait un sujet qui prétendait
• l'amoindrir. » Le sujet n'en devint que plus hardi, et sa réplique ne fut qu'une longue impertinence. < Ce n'est » pas le roi, dit-il, qui l'a choisi pour gouverner l'Église.
• C'est au contraire lui et ses confrères qui l'ont élu pour » gouverner le royaume. Vous n'avez de puissance ,• » ajoutait-il, que celle qui vous vient d'en haut, et vous
• croyez à tort m'intimider. Si j'ai péché en consentant
• à votre élection, punissez-moi dans cette vie afin que » Dieu ne m'en punisse point dans l'autre. Si vous per- » sistez à nous imposer Odacre, faites-le venir devant les » évêques de la province avec ceux qui l'ont élu, et nous