‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 212 sur 268 · Sigebert, Chronie,; Barooius · texte numérisé non relu

Sigebert, Chronie,; Barooius

«ait Qoiuinant témoigner sa roûonnaissance à remperour. Il lui confère ainsi qu'à ses héritiers le droit de nommer les Papes, les archevêques et les évoques. Les auteurs de X Histoire universelle se servent seuls du verbe nommer. L'abbé Fleury et Bruys disent : établir. L'un et l'autre révoltent Baronius, le Père Pagi, Huratori et tous les ultramontains. Ils nient la concession. Hais il y a des témoignages plus rapprochés que les Fleury, les Stgonin et les Saint-Marc. Le savant Gratien écrivait deux riftrrlea après. Yves de Chartres était plus près encore; il parle de la concession, et comme il se prononce fortement contre elle, il faut croire qu elle a existé. On peut ajouter le témoignage du moine Sigebert deGemblours. Baronius le récuse. C'est ce moine, dit-il, qui la inventée pour soutenir les droits de lempereur Henri IV contre Grégoire VII. Mais Luitprand * enfin était contemporain d'Othon. Il est l'historien du temps et c'est un évêque. Le pape Léon VIII rappelait d'ailleurs qu*Adrien avait concédé le même droit à Pépin et à Charlemagne. D*autrès souverains en ont usé. On ne peut nier que les trois Otbon raient exercé pendant trente-six ans de règne. Ce précédent est gênant pour les partisans de Tomnipotence des évéques de Rome. Voilà un pape qui Tabdique en faveur de Tempire, qui anéantit la conséquence qu'on a voulu tirer du couronnement des souverains. Mais ce couronnement n'a pas une aussi grande portée; car il faudrait attribuer à rarchevêque de Reims le droit d'élire et de déposer les rois de France. Que se passe-Uil

l. Ch. VI.

de plus important dans cette cérémonie? quels sont les serments qu'on y prête? Le roi ou Tempereur jure de protéger l'Église; le pape jure fidélité à l'empereur. Protége-t-on son supérieur? Est-ce à un inférieur qu'on fait serment de fidélité? qu'on se rapporte à la parole de Jésus-Christ. Parle-t-il d'un César créé par lui? non, il le prend là où il est et comme il est. Tournez et retournez la parole divine, vous n'y trouverez pas un sens qui justifie les prétentions des ultramontains. Leur seul titre est la lâcheté des rois qui les ont tolérées; et l'histoire ecclésiastique sera bientôt remplie de ces funestes exemples.

Mais, une année après cette concession, au mois d'avril 9G5, elle est respectée par le clergé de Rome. A la mort de Léon VIH, ils envoient deux députés à Othon pour le prier de choisir un pape ; et il leur en laisse la liberté à la condition d'en user en présence de deux évéques qu'il nomme pour ses commissaires*. Jean, évéque de Narni, est unanimement élu et prend le nom de Jean XIIL Son repos ne fut pas de longue durée. Les Romains eurent encore une velléité d'indépendance. Ils se révoltèrent contre l'empereur, et ne pouvant entraîner le pape dans leur rébellion, ils le bannirent de Rome. Cette oft'ense fut bientôt punie. Othon revint, et sa démence était justement lassée; il fit pendre douze des principaux rebelles. Il y eut des atrocités mêlées à cet acte de justice. Les ossements du comte Rofrède, chef de la conjuration, furent déterrés par son ordre et

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