‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 214 sur 268 · Ann. Ecclés., p. 991 et suiy · texte numérisé non relu

Ann. Ecclés., p. 991 et suiy

dant d'un monastère à l'autre, avait pu la recueillir dans ses courses. « Quoique le pontife romain, écrivait-il cin- » quante ans après, reçoive plus d'hommages que les » autres parce qu'il a obtenu les honneurs du siège apos- » tolique, il n'a pourtant jamais le droit de transgresser » en rien les règles canoniques; car chacun d'eux, comme » pontife d'une Église orthodoxe, comme époux de sa t propre Église, y représente individuellement le Sau-

• veur, et aucun d'eux en général ne doit entreprendre

• insolemment sur le diocèse d'un autre évêque *. » Telle était Topinion du onzième siècle, mais il n'en est pas moins vrai de dire que tous les empiétements du saintsiège devenaient, par leur continuité, des arguments, des principes, des dogmes même, dont les Papes se servaient pour augmenter sans cesse leur puissance.

Grégoire V ne s'en tint pas à l'humiliation des évêques de France; il attaqua leur roi lui-même, ce Robert dont il avait éprouvé la faiblesse; et quoique né prince, il prit plaisir à humilier la royauté. Robert avait épousé Bertlie de Bourgogne, sa cousine et sa commère; c'était un crime aux yeux de l'Eglise. Mais les évêques de France l'avaient toléré, l'archevêque de Tours leur avait donné la bénédiction nuptiale, et Robert pensait que le rétablissement d'Arnoul de Reims lui vaudrait l'absolution du pape. Il paraît qu'Abbon son délégué l'avait trahi à Rome et desservi auprès de Grégoire. Ce n'était pas un bon humain que cet abbé de Fleury-sur-Loire. Les chroniques lui prêtent d'assez grandes violences; et Grégoire V n'était que

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