Mëzeray, t. II, p
S. Pierre Dainien^ Epist. V.
que faute d'avoir été autorisée par le pape, mais comme il avait commis quelques excès, il n'en faut pas moins qu'il soit absous par le saint-siége à qui seul appartient de faire grâce à ceux qui sont tombés*. En conséquence, il le remet en son premier état, puis il lui permet de prendre le pallium, d'exercer les fonctions épiscopales, permission qu'Arnoul n'avait pas attendue; il l'autorise enfin à sacrer les rois de France et les évêques de sa province. Il s'efforce ainsi de conser>'er comme pape le privilège que le saint-siége a acquis à ses dépens, en dissimulant ou palliant les torts qu'il pouvait avoir eus lui-même dans son opposition. Il fit ensuite renouveler par Othon III les donations des trois rois carlovingiens, qu'avait déjà confirmées son aïeul, pour montrer encore une fois que le saint-siége n'était jamais sûr de cette acquisition ; et il avait d'autant plus raison que la maison de Toscane ne tarda pas à lui disputer même sa capitale.
Le joug étranger pesait dès ce temps aux Italiens, qui l'ont cependant supporté pendant sept à huit siècles de plus. Othon III revint à Rome, mais trop faible pour réprimer cette sédition. Le petit nombre de ses troupes fut un encouragement pour les factieux ; il fut assiégé dans son palais, et il y eût péri sans doute, si la pitié d'un des Toscans et les secours du duc Henri de Bavière ne l'eussent fait évader ^. Il y rentra peu de temps après, châtia les chefs de la révolte et se retira au château de Paterne, dans le duché de Spolette, vers les derniers mois de