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i. 1^0 Ostien., C/<r. de Moi^eassin, iiv. IV, ch. xxiv.
mer ce même Bourdin qui Tavait couronné pour la seconde fois, et qui prit le nom de Grégoire VIII. Le Père Maimbourg traite cet antipape de scélérat, et il en fait un portrait qui justifie cette étrange épithète. Gelase ap" prit en même temps que l'empereur avait quitté sa capitale, et il y rentra de nuit à l'aide de ses am::. Mais les Frangipanes vinrent le chasser de 1 église de Sainte- Praxède où il officiait, et il s'enfuit à travers les champs pendant que les deux partis ensanglantaient les rues de Rome. Ce malheureux pape gagna la France avec peine, reçut la visite de Suger qui lui apporta les condoléances de Louis le Gros, et alla mourir à Cluny le 29 janvier 1 119. Les évêques qui l'avaient suivi dans ce monastère nommèrent l'archevêque de Vienne à sa place. C'était un fils de Guillaume Tête-Hardie, comte de Bourgogne, parent des empereurs et des rois de France. Il prit le nom de Callixte II, et fut sacré à Vienne par Lambert, évêque d'Ostie, dès qu'il eut reçu la confirmation de son élection par les fidèles de Rome. Il alla tenir un concile à Toulouse où se montraient pour la première fois les disciples de Pierre de Bruys, que nous retrouverons plus tard sous le nom d'Aloigeois. Callixte négociait en même temps avec Henri V, pour remettre la paix dans l'Église, et cet empereur avait promis de se rendre au concile que le pape avait convoqué dans la ville de Reims. Il s'y trouva quinze archevêques et deux cents évêques, et Louis le Gros y vint étaler sa faiblesse en implorant leurs secours contre le roi d'Angleterre qui venait d'enlever la Normandie à son frère Robert, qu'il avait déj«^ dépouillé de sa couronne royale. Mais Henri V n'arrivait pas ;
et Callixte. apprenant qu'au lieu de se rendre en France ce prince allait descendre en Lombardie, suspendit le concile pour aller le rejoindre en Lorraine. Il fit une telle diligence, qu'en moins de vingt-quatre heures il arriva de Reims à Houson. Mais Henri V était resté dans son camp, et les cinq évéques que lui députa le pape ne le trouvèrent point disposé à céder la moindre prérogar tive de l'empire. Callixte redouta même le sort de Pascal II, et repartit pour Reims avec la même promptitude, car son absence n'avait duré que cinq jours. Il fit excommunier encore une fois l'empereur et l'antipape pour se venger de ces contre-temps, fit rendre de nouveaux décrets qui prouvèrent de plus en plus l'impuissance des armes du saint-siége contre ceux qui osaient les braver, et partit pour Gisors, où Tattendaient le roi d'Angleterre et de nouvelles déceptions.
Il y porta vainement les plaintes de Louis le Gros en faveur de son vassal. Le roi, qui connaissait la modération du pape, lui fit approuver la déposition de son frère Robert qui s'était d'ailleurs démis lui-même de son duché de Normandie. Il obtint encore la confirmation de tous ses royaux privilèges. Callixte lui promit même de ne plus envoyer de légats dans son royaume que sur sa demande *, et le roi ne voulut pas même lui concéder en revanche l'intronisation de Turstain dans le siège d'York avant que cet archevêque ne se fût soumis aux exigences du primat de Cantorbery. Leur dialogue à ce sujet est curieux à conserver. « J'ai fait serment de ne jamais l'y