‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 242 sur 268 · Eadmcr, liv. V; Ordcric Vilal, p · texte numérisé non relu

Eadmcr, liv. V; Ordcric Vilal, p

f remettre, dit le roi. — Je suis pape, dit Callixle, et je 1 vous absoudrai de ce serment. — ^Je n'accepte point cette » absolution, réplique Henri; quelle foi pourrait-on avoir

* dans les serments des hommes, si l'absolution d'un pape

• avaitla faculté de les anéaniir? • Réponse admirable qui donnait une grande leçon à des pontifes qui prétendaient ainsi disposer des consciences! Mais la modération de Callixte n'en est pas moins digne de louange, et fait un noble contraste avec les violences de ses prédécesseurs.

Il en montra même à l'égard de son anli,>ape. Dès son retour à Rome, il alla attaquer Rourdîn dans la ville de Sutri, et les habitants, fatigués de ce schime,lui ayant livré cet indigne rival, il se borna à le reléguer dans un monastère, après l'avoir fait promener dans Rome sur un chameau pour donner quelque satisfaction à un [>euple toujours ignoble ou cruel dans ses vengeances. Les partisans de l'empereur ne tentèrent pas de lui suscîiler un nouvel antipape. L'armée impériale qui l'avait effrayé pendant sa course en Lorraine, avait suivi Henri V en Allemagne. L'Italie était libre, les pèlerins affluaient à Rome sans craindre d'être pillés an route. Les Nonnands de Naples étaient resU'S fidèles. (îétait même avec les troupes du duc de Fouille et de Calalire. qu'il avait fait le siège de Sutri et triomphé de hourdin. Les Frangipanes étaient sans appui. Il fit démolir les maisons qu'ils avaient fortifiées; et après avoir fait un moment le métier de général d'armée, il put enfin s'oc^'uper de l'administration des Églises. Celle de France était troublée par l'érection de la métropole de Lyon, qui enlevait quelques suffragants à l'arrhevêque de Sens. Louin

le Gros écrivit au pape, qu'un siège qui faisait partie des États de l'empereur, ne devait point exercer de juridiction sur des évéques français. Il lui rappela les complaisances qu'il avait eues pour le saint-siége, et il était en effet le premier roi qui eût consenti à ne donner l'investiture aux évéques que par le sceptre. Mais il soutint assez fermement qu'aucune élection, fût-elle autorisée par la cour de Rome, n'était valable qu'après son approbation. Callixte se relâcha sur tous ces articles, et Mézeray loue à cet égard la politique des Papes, qui avaient besoin de se réserver un refuge en France contre le malveillance des empereurs *. Mais Louis le Gros souffrit en même temps que le fils de Pierre de Léon, simple moine de Cluny, vint, en qualité de légat de Rome, exercer son autorité sur les évéques de France. Henri d'Angleterre ne fut pas si complaisant ; il reçut ce même légat avec honneur, mais il ne lui permit l'entrée d'aucune église et d'aucun monastère, et le renvoya comme il était venu, sans le satisfaire sur l'affaire d'York, où l'archevêque Turstain était rentré sans pouvoir y exercer le plus lép;ère fonction.

Cet esprit de conciliation et de paix, qui éclatait dans tous les actes de Callixte II, réagit enfm sur le schisme d'Allemagne. Au moment d'en venir aux mains, les seigneurs se repentirent de tout le sang qu'on avait déjà répandu ; et firent consentir Tempereur à remettre enfin la paix entre le sacerdoce et l'empire. Ils s'assemblèrent à Wurtzbourg le 29 septembre 1121, et l'évêque

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