‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 247 sur 268 · Liv. II · texte numérisé non relu

Liv. II

f peau de brebis la fureur d'un loup, n'épargn^qt ni f évéque ni pape, et surtout ennemi irréconciliable dei 9 religieux qu'il ne pouvait supporter. » Il disait, il est vrai, qu'il n'y avait point de salut pour les clercs qui avaient des biens, pour les évéques qui ^vaiept des seigneuries, pour les moines qui possédaient des 4omaines. Tous ces biens, selon lui, appartenîtiept au prince. Mais à l'exception de cette dernière maxime, Arnaud de Brescia ne disait rien sur le faste et la rapacité des clerqi que son persécuteur saint Bernard ne publiât en mêm^ temps que lui, que saint Jérôme n'eût dit sept cents ans avant eux. I^e moine réformateur du douzième sièclfi ajoutait que ces biens avaient pourri l'^l^lise et ^ii apôtres. Malheureusement poyr Arnaud, il qe se bornait pas à ces doctrines, il excitait (es laïques ^ la révolte. Les Romains, ceux du parti d'Anaclet surtput, eqtr^inés par sa faconde, s'étaient ipsurgés contre le pape. I|s s'étaient rasseo^blés au Capitole ; ils ^v^ieqt rétabli leur fantôme de sénat, et déclaré la guerre aux habitants d^ Tibur qui les avaient battus l'année précédente. Cette guerre de ville à ville rappelait les temps de la vieille Rome, les prises de Veïes et d'Albe, et accusait la décadence de la ville des Césars. Innocent II avait accordé 1^ paix auxTiburtins, mais les Romains demandaient qu'on en abattit les murailles. Sur le refus du pape, ils lui dirent en face que Rome ne lui appartenait pas, qu'il ne devait rien posséder, que leur ville était la propriété de l'empereur. Ils écrivirent à Conrad JII de venir en prendre possession. Le pape l'appelait de son côté au secours du saint-siége. Mais ce prince avait d'autres guerres sur

les bras; il ne quitta point l'Allemagne, et Innocent II en mourut de chagrin le 24 septembre H43.

Célestin II son successeur passa cinq mois sur le saintsiége sans qu'on puisse dire ce qu'était devenue cette insurrection. Pierre le Vénérable, abbé de Gluny, le félicitait même sur son élection pacifique, et Ton ne sait rien de plus de son pontificat qui finit le 10 mars 1144. Le cardinal (jérard lui succéda sous le nom de Luce II, et je remarquerai que depuis Grégoire VII il n'est plus mention de l'approbation royale. Mais le peuple refusait la sienne au nouvel élu. Le sénat se donna un patrice dans la personne d'un frère d'Ânaclet nommé Jourdain, et vint fièrement demander à Luce les droits régaliens pour le représentant de l'empire. Le pape ayant répondu que ces droits étaient à lui, le peuple répliqua qu'il devait se contenter des dîmes et des offrandes des fidèles, comme dans l'Église primitive; et il s'empara de toutes les maisons fortifiées, de toutes les issues de Rome. Luce II n'eut point recours aux armes spirituelles, il ne s'y fiait peut-être plus ; il assembla des troupes, assiégea le sénat dans le Capitole; mais une pierre, lancée par une main inconnue, le renversa presque sans vie, et peu de jours après, le 13 février 1145, il était enterré dans réglise de Latran *. Dans ce court pontificat il avait fait deux actes de souveraineté spirituelle, en restituant à la métropole de Tours les évêchés 4^ Bretagne que Grégoire VII en avait détachés, et en confirmant la primatie de Tolède qu'Urbain II avait établie.

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