Méxeray, t. II, p. i4S« Baro
poursuivre à outrance. A Tissue de ce concile, sur la prière de Louis le Jeune, Alexandre se fixa dans la ville de Sens au mois d'octobre 1163, et y exerça pendant deux ans la papauté, que Victor exerçait de son côté en Allemagne et en Italie à la suite de son auguste protecteur. La mort de cet antipape, arrivée à Lucques le 2 avril ii64, ne termina point le schisme. Les prélats qui avaient assisté <^ ses obsèques, lui donnèrent immédiatement un successeur dans la personne du cardinal Gui de Crème qui prit le nom de Pascal III ; et l'abbé Fleury fait entendre * que Tempereur aurait blâmé cette précipitation, qu'il inclinait même à se réconcilier avec Alexandre. Mais il craignit sans doute de ruiner son parti en Italie; et il y vint seul, sans armée, pour confirmer l'élection de Pascal et faire renouveler les serments des ecclésiastiques contre Alexandre et ses adhérents. Les Romains seuls s'y refusèrent. Ce pape avait laissé dans Rome un vicaire qui travaillait ouvertement pour lui. La tolérance de Frédéric à son égard et celle de ses partisans ont lieu de nous étonner, et l'on serait tenté de récuser cette assertion de Baronius. Mais les événements la justifient. A peine l'empereur fut-il rentré dans ses États, les Vénitiens et les Lombards se liguèrent contre lui, les Romains reconnurent Alexandre, livrèrent l'église (le Saint-Pierre à son vicaire, et lui envoyèrent une députation pour l'engager à rentrer dans sa capitale. II le promit, mais il n'exécuta sa promesse que deux ans après. Une crise politique et religieuse venait d'éclater