I. Spener; Radavie
Henri II accordait tout de son côté sauf les droits de la royauté *. Ce n'était rien promettre. Becket vint cependant à la conférence de Montmirail où se trouvaient les rois de France et d'Angleterre. Mais son orgueil indigna Louis le Jeune, qui le laissa retourner à Sens avec une indifférence qui fit craindre au primat un ordre d'exil. La piété du roi de France l'emporta. Il rappela le fier Becket, se jeta bassement à ses pieds, lui donna pleinement raison, se plaignit de la duplicité de son maître et jura de ne jamais l'abandonner. Aux reproches que lui en fit le roi d'Angleterre, Louis le Jeune répondit c qu'il » avait reçu Tarchevêque de Gantorbery des mains du » pape, qui était son unique seigneur sur la terre, et qu'au- > cune puissance du monde ne le forcera de le trahir. > C'est à douter de la Chronique de Gervais qui a seul raconté cet acte de faiblesse. Henri II n'en montrait pas moins. Il n'était pas encore excommunié, mais presque tous ses évêques l'étaient. Sa chapelle était déserte; et les lettres de son primat ne cessaient d'agiter T Angleterre. Ce roi écrivait au pape, aux cardinaux, aux évêques d'Italie pour faire lever ces sentences. Alexandre envoyait de nouveaux légats dont l'arrogance le ramenait à des sentiments de roi ; mais, le lendemain, ses inquiétudes le reprenaient, et le primat abusait de cette faiblesse et multipliait ses insolentes censures. Henri ordonna de mettre à mort tout messager qui porterait en Angleterre les lettres du rebelle. Il défendit de payer à Rome le denier de saint Pierre. Il renouvela les défenses de Glarendon. Il voulut